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gnèrent quelque repentir, ou eu tout cas laissèrent voir quelques signes de crainte, il confirma publiquement l’édit de Nantes (1), et leur accorda la paix : il savait pourtant bien, disait il, qu’en agissant de la sorte, il s’exposait aux soupçons de ceux « qui prétendaient avec tant d’alFeclation être de zélés catholiques (2). » Quelques mois plus tard la guerre recommença; et c’est alors que Richelieu se décida à faire le fameux siège de la Rochelle, qui devait, en cas de succès, frapper un coup décisif contre les protestants français. Il est évident, non seulement par l’esprit général de sa politique antérieure, mais encore par la conduite qu’il tint ensuite, qu’il n’avait été poussé à celte entreprise hasardeuse que par des considérations temporelles. L’histoire n'a rien à faire avec les détails de ce siège célèbre, parce que ces matières n’ont aucun intérêt, excepté pour les hommes d’épée. Tout ce que nous avons à constater, c’est que la Rochelle fut prise en 1028, et que les protestants qui avaient été poussés par leur clergé à résister longtemps après que tout espoir de secours était perdu (3), et qui avaient souffert les plus affreuses privations, furent obligés de se rendre à discrétion (4). Richelieu révoqua les privilèges de la ville, et destitua ses magistrats; mais il s’abstint des persécutions
vi) Il le confirma en mars 1626. Flassan, Mal. de la dipUtnudir française, t. Il, pag. 399, Kt au mois d« janvier précédent. Voyez Benoist, Hist. de l'édit de Mantes, t. II, appendice, pag. 77,81.
(2) « Ceux qui affectent autantle nom de zélés catholiques. • Mèm. de Richelieyi,\. fil, pag. 16 , et, à la page 2 (1626), il dit qn’il était attaqué par ceux qui avaient « un trop ardent et précipité désir de ruiner les huguenots. •
(3) Sismondi» Hisl. des français, t. XXIII, pag. 66.
(4) Relativement aux souffrances des habitants, voyez un extrait des Ms». Dupuis dan* je Richelieu de Capefigne, 1. 1, pag. 351. Fontenay Marenil, qm était témoin oculaire, dit que le» assiégés raangéreul leurs propres enfants, et que les cimetières étaient surveillés pour empêcher les cadavres d’être déterrés et employés comme nourriture. Mém. de Fontenay Mareuü, t. Il, pag. 119.
religieuses auxquelles ou l'excitait île tous côtés (1) Il accorda aux protestants la même tolérance qu’il leur avait offerte peu de temps auparavant, et il leur garantit formellement le libre exercice de leur culte public (2). Mais telle était leur infatuation, qu’ils se plaignirent de celte faveur, parce qu’il assura en même temps le libre exercice de la religion catholique, donnant ainsi aux vainqueurs la même liberté qu'il avait accordée aux vaincus; ils ne pouvaient supporter l’idée que leurs yeux seraient scandalisés par la représentation des cérémonies papistes (3). Et leur indignation prit nn caractère si violent, que l’année suivante ils reprirent les armes dans une autre partie de la France. Mais comme ils étaient alors dépouillés de leurs principales ressources, ils furent aisément vaincus; et Richelieu, ayant mis fin à leur existence comme faction politique, les traita encore une fois avec la même indulgence en ce qui concernait leur religion (4). Il confirma à tous les protestants le droit de prêcher et d'accomplir les autres cérémonies de leur culte (5). Il fil grâce à leur chef, Rohan, et lui confia quel-
(1) Four Icquelle* il aurait certainement eu l’appui de Louis XUl, sur lequel un auteur intelligent remarque : « II étoit plein de piété et de xéle pour le service de Dieu et pour la grandeur de l’Église, et sa plus sensible joie, en prenant la Kochelle et les autres places qu’il prit, fut de penser qu’il chuseroit de son royaume les hérétiques, et qn’il le purgerait par celte voie des differentes religions qui gâtent et infectent l’Église de Dieu. • Mcm. de MotteviUe, 1. I, pag. 425, édit. Petitot, 1824.
(ï> Bazin, Hist. de Louis XIII , t. II, pag. 423; Sismondi, llist. des Français , t. XXIII, pag. 77; Capeiigue, Richelieu, t. I, pag. S57 ; Mêm. de FtdUenay Mareuil , t. Il, pag. 122 .
(3) « Les huguenots murmuraient de voir le rétablissement de l’Église romaine au sein de leur ville.» CapeÛguc, Richelieu, t. I,pag. 359.
(4) < Dés qu'il ne s’agit plus d’uu parti politique, il concéda , comme à la Kochelle, la liberté de conscience et la faculté de prêche. » Capofigue, Richelieu, 1. 1, pag. 381. Comparez Smedley, Hisl. ofUie Rrformed Religion in France, t. III, pag. 201, avec Mémoires de Richelieu , t. IV, pag. 484.
(5) L’édit de Mme* en IC29, un document important, se trouve dans (juirk, Hymnlicon, l I, pag. xcvi-cm, et dans Benoist, llisi. de l'édit de Nantes, t. Il, appendice, pag. 92-98,