‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 116 sur 185 · II. Sons l'Empire · texte numérisé non relu

II. Sons l'Empire

Régime du eonp d'État. — La loi de 1850 avait eu pour but de subordonner renseignement à TÉglise; le ministre roRTOUL 1 se proposa de l'asservir au pouvoir despotique issu du coup d'Etat.

Aux professeurs de tout ordre on imposa un serment de fidélité à ce pouvoir : refusant de le prêter, les plus illustres abandonnèrent leurs chaires.

C'est alors que Villemain et Cousin furent mis à la retraite et que Michelet, Ëdgard Quinet, Mickiéwicz, Despois, Frédéric Morin, Barthélémy Saint-Hilaire, Vacherot, Jules Simon, Challemel-Lacour, Deschanel, Barni et bien d'autres, furent exclus de l'Université.

Le gouvernement mit aussi la main sur le Conseil supérieur, d'où il exclut Thiers, Beugnot, Orfila, Cousin, etc., aussi bien que sur les Conseils académiques, se réservant la nomination des membres qui naguère étaient élus. Il désorganisa l'École normale supérieure, supprima les agrégations d'histoire et de philosophie, réduisit l'enseignement de la philosophie à celui de la logique, bouleversa les programmes des lycées par la bifurcation. Il anéantit les privilèges des grands établissements scientifiques, priva les professeurs de toutes garanties. Ceux des Facultés, du Collège de France, du Muséum, etc., qui étaient jadis inamovibles, furent révocables par décret du Président; ceux des lycées furent révocables par simple arrêté du ministre; les instituteurs, par simple décision du recteur, sans aucun recours possible. En 1854, le droit de

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