Décret du 11 juin
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aux carrières de littérateurs, savants, médecins, avocats, etc., et que le plus grand nombre, au contraire, entend se préparer par une sérieuse instruction aux carrières de rindustrie et du commerce. A ceux-ci il fallait ofifrir un programme où les études classiques et les langues anciennes feraient place à des connaissances pratiques : sciences appliquées, langue et littérature françaises, langues étrangères, géographie commerciale, notions de droit, économie industrielle et rurale. En conséquence, dans les lycées et collèges, les élèves furent partagés en deux catégories : ceux de renseignement classique et ceux de renseignement spécial. CSertain s établissements, dont le type fut le lycée de Mont'de-Marsan, se consacrèrent plus particulièrement aux nouvelles études. On créa VÉcole normale de Cluny pour leur former des professeurs, et Ton institua l'agrégation d'enseignement spécial.
Duruy avait projeté d*organiser V enseignement secondaire des filles et avait créé des conférences à leur usage ; mais il fut énergiquement combattu par le clergé et faiblement soutenu par le gouvernement.
Il supprima la bifurcation, rétablit renseignement de la philosophie, introduisit celui de l'histoire contemporaine, restaura les agrégations de philosophie et d'histoire, créa celle de langues vivantes, organisa, pour les plus jeunes élèves, les petits collèges de Vanves, Bordeaux, Lyon, Marseille, Montpellier, etc.
Pour accroître notre influence en Orient, il fonda, dans un faubourg de Gonstantinople, le lycée de Galata-Sérai, ouvert aux élèves de toute race et de toute religion, et tenu par un directeur et des professeurs français.
4'* Enseignement supérieur. — Jusqu'alors les leçons des professeurs du haut enseignement s'étaient adressées surtout au grand public; ils avaient des auditeurs et non des élèves ; il n'existait pas de laboratoires ni de conférences où ceux-ci pussent s'initier aux méthodes scientifiques, Duruy, pour opérer le rapprochement entre les maîtres et les étudiants et leur donner les moyens de poursuivre leurs travaux en commun, fonda en 1867 l'École pratique des hautes études et créa de nombreux laboratoires au Collège de France, au Muséum, à l'École normale, dans les Facultés.
in. Sous la RépubUque actuelle.
f "> Premières lois sur les Conseils et sar la liberté de renseignement. — La loi du 49 mars 4878 sur le Conseil supérieur de rinstruction publique rendit à rélection la nomination de quelques-uns des conseillers dont le chef de TËtat, en 1852, s*était réservé la nomination : il donnait cinq représentants élus au Collège de France et aux Facultés. La loi 42 juillet 4875 fut tout en faveur du parti qui, en réclamant la liberté de renseignement, entendait accroître rinfluence du clergé dans Téducation. La loi de 1850 avait accordé cette liberté pour renseignement primaire et secondaire ; la loi de 1875 accordait la liberté de l'enseignement supérieur. Les libéraux n'avaient aucun intérêt à cette loi, puisque les universités de PEtat sHnspiraient du même esprit qu'eux-mêmes. Elle avait donc en vue un parti puissamment constitué, disposant des immenses ressources et de toute Finfluence du clergé catholique, car elle ne faisait rien pour assurer la liberté des cours isolés^ et n'accordait que le droit de constituer des facultés et de les grouper en universités. Les établissements qui se créèrent en vertu de la nouvelle loi furent, en effet, des facultés catholiques et des universités catholiques.
Jusqu'alors l'État seul, par le ministère des facultés créées par lui, avait le droit de conférer les grades de licencié et de docteur. Désormais les étudiants des facultés et universités catholiques ne seraient plus obligés de les demander à l'État : la loi créait, pour les examiner, des jurys mixtes composés par moitié de professeurs de l'État et de professeurs libres.
Enfin la loi, par son silence même, seriiblait reconnaître aux jésuites et aux religieux des autres congrégations non autorisées le droit d'enseigner.
Dès 1877, il existait cinq établissements d'enseignement supérieur catholique : les quatre universités de Lille, Paris, Angers, Lyon, et la faculté de droit de Toulouse.
Il y eut une seule tentative pour constituer, en dehors du clergé, un enseignement supérieur libre : c'est la création de VÉcole libre des sciences politiques, destinée à
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remplacer en partie YÉcole d'administration fondée en 1848 par Garnot. On y enseigne principalement Thistoire diplomatique, le droit constitutionnel et administratif, le droit international ou droit des gens, Téconomie politique.
Lois Ferry snr les CoiiMila et 1» Liberté de l'enseii^nemeot. — JUUS FERRT, dans son premier ministère S présenta aux Chambres deux projets de loi destinés à contenir dans de justes limites les ambitions de parti catholique.
Par une loi de 1880 ', il réorganisa le Conseil sapérieur de Tinstruction publique : il en exclut les archevêques et évéques et toutes les personnes étrangères au corps enseignant; le composa uniquement de membres' appartenant à renseignement, à part cinq délégués de rinstitut; rendit à l'élection la nomination de tous les membres, à Texception de treize qui étaient désignés par la loi ou nommés par FÉtat; y fit entrer, ce qu'on n*y avait pas vu jusqu'alors, des délégués des lycées, des collèges et de l'enseignement primaire. Le Conseil devint alors la large et libre représentation de renseignement tout entier. Au sein du Conseil reparut la section permanente, supprimée par la loi de 1850 et destinée à assister le ministre dans Tintervalle des sessions du Conseil.
Les Conseils académiques, dont les membres étaient» depuis 1852, nommés et révoqués par le ministre, reçurent une organisation analogue à celle du Conseil supérieur.
Par une autre loi de 1880 ', Jules Ferry confirma le principe de la liberté de l'enseignement supérieur, en étendit Tapplication aux cours isoléSy mais il interdit aux établissements libres de prendre les noms de facultés et d^universitéSy réservés à renseignement de PÉtat. 11 abolit les jurys mixtes et rendit à l'État, représenté par ses facultés, la collation exclusive des grades. Ainsi un principe libéral, inscrit dans la Charte de 1830, recevait une nouvelle confirmation; mais les empiétements d*un parti sur les droits légitimes de l'État étaient réprimés.
1. Da 4 février 1879 au 14 novembre 1881. Jules Ferry fut une seconde fois mimstre de Tinstruction publique, du 30 janvier au 7 août 1882.