Loi da 9 août
Saint-Gloud (garçons) et de Fontenay-aux-Roses (fllles) préparent des professeurs pour les écoles normales. Les écoles primaires supérieures se sont multipliées ^
L'agriculture, les notions d'industrie et de commerce, la gymnastique, les exercices militaires font désormais partie des programmes de renseignement primaire.
Ainsi, tout ce que les patriotes de la Convention avaient autrefois rêvé pour l'éducation du peuple s'est trouvé, en peu d'années, réalisé.
On a créé la BibHothèque et le Musée pédagogique. Une chaire de pédagogie a été fondée à la Sorbonne.
Antres lois sur renseigneineiit primaire. — Sous le ministère de bené soblet a été votée la loi du 30 octobre 4886 sur l'organisation de renseignement primaire. Elle a étendu aux Conseils départementaux le principe de l'élection déjà en vigueur pour les autres conseils universitaires.
Les représentants de l'enseignement primaire au Conseil supérieur sont élus, non plus seulement par les inspecteurs primaires et les professeurs des écoles normales, mais aussi par les instituteurs et institutrices élus euxmêmes membres des Conseils départementaux.
Nos écoles, tant maternelles que primaires, publiques ou privées sont au nombre d'environ 90 000, avec 162 000 ma^ très ou maîtresses et 5 millions 600 000 écoliers.
Des garanties sérieuses ont été accordées aux membres du corps enseignant primaire : ils né peuvent être ni révoqués, ni même suspendus avec privation de tout ou partie de leur traitement qu'en vertu d'un jugement du Conseil départemental.
Par les lois de 4887, 4889, 4893^ 4900, la situation matérielle des instituteurs a été notablement améliorée.
S'* Ensei^nemeiit secondaire. — La loi de 1880* a fondé l'enseignement secondaire des jeunes filles. Elle a permis, par le concours de l'État, des départements et des communes, la création de lycées et de collèges de
1. On trouvera plus loin, an chapitre -XXIIIf Tindication des enseignements agricoles, indastriels et commerciaux. 3. Loi du 21 décembre 1880, sous le premier ministère de Jules Ferrt.
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filles qui ne doivent être que des externats. Cet enseignement nouveau a son École normale supérieure à Sèvres. A côté des établissements officiels, comme les Lycées Fénelon et Racine à Paris, il y a des établissements libres, comme le Collège Sévigné, dans la même ville.
L'enseignement secondaire des garçons a subi, en 1880, une réforme profonde : le temps consacré à l'étude des langues anciennes a été réduit; Tétude du texte même des auteurs a pris plus dMmportance; l'enseignement des sciences et des langues vivantes commence dès les petites classes. Sans renoncer à la haute culture classique, on s'est préoccupé des exigences de la civilisation moderne. V enseignement spécial a été également renouvelé en 1881.
En 1891 fut constitué par Léon bourgeois renseignement secondaire moderne.
En 1899 la Chambre des députés forme une grande commission d'enquête qui, sous la présidence d'A. ribot, siégea plus de deux mois, entendit 196 dépositions, non seulement de lettrés, de savants, ^e professeurs et de chefs d'établissements, mais de délégués de Tagriculture, du commerce et de l'industrie. Elle publia cinq énormes volumes de dépositions ou de statistiques. Elle maintint le principe de la liberté de l'enseignement, mais traça tout un plan de réorganisation pour l'enseignement secondaire de l'État.
^'^ Enselgnemeot snpérienp. — La loi de 1875 sur la liberté de l'enseignement avait eu au moins un résultat heureux. L'État prit à cœur de mettre son enseignement supérieur en état de lutter contre les concurrences que lui suscitait la loi. Il pourvut les facultés de chaires nouvelles, de bibliothèques, de collections, de laboratoires. Pour remplacer les facultés qu'on avait perdues avec Strasbourg, on créa deux nouvelles facultés de droit, quatre de médecine, deux écoles supérieures de médecine et de phar^ macie. Le Muséum, le Collège de France, l'École des hautes études, l'École des langues orientales, virent accroître le nombre de leurs chaires. Cinq nouveaux observatoires en province, l'observatoire d'astronomie physique de Meudon, l'observatoire météorologique de Montsouris, les laboratoires de zoologie maritime de Roscoff, Concarneau,
Banyuls, Marseille, furent fondés. Alger fut doté de tout un ensemble d'^Ècoles supérieures destinées à former un jour rUniversité et Tlnstitut africains. A TÉcoIe française d'Athènes s'adjoignit une nouvelle école d'histoire et d'archéologie classiques, celle de Rome, et bientôt celle d'égyptologie au Caire.
Sous le ministère de rené goblet, le décret de juillet 4885 donna aux facultés la qualité de personnes morales et la capacité de recevoir des legs et des donations. Le décret de décembre 4885 a groupé les facultés et écoles supérieures de chaque centre académique sous un Conseil généraly formé de trois représentants pour chacune d'elles, dont l'un est le doyen ou le directeur et les deux autres sont élus par tous les professeurs.
Les lois de finances de 1889 et 1893, les décrets d'août 1893, signés par R. poincaré, complétèrent cette organisation. Il restait à faire voter une loi sur les universités. Un projet élaboré par L. Bourgeois avait échoué, en 1892, devant le Sénat, parce qu'il tendait à sacrifier les c petites universités > aux grandes. Enfin fut votée, sous l'administration d'A. RAMBAUD, la loi du 10 juillet 1896 qui rendit leur ancien nom d'Universités aux groupements régionaux de facultés et d'écoles supérieures et leur assura une autonomie financière. Cette situation a encouragé les libéralités, sous forme de donations ou de legs, en faveur de nos établissements ; elles commencent à se chiffrer par millions.
Le service des voyages et missions scientifiques ^ organisé au ministère de Tinstruction publique et qui envoie ses missionnaires dans toutes les parties du monde, a donné d'importants résultats pour la géographie, l'archéologie, les sciences naturelles, et même pour l'extension de notre domaine colonial. Une de ces missions, celle de Savorgnan de Brazza, nous a valu tout un empire dans la région du Congo. La mission Foureau-Lamy, organisée en 1898, opéra la traversée du Sahara, se porta ensuite dans la région du lac Tchad, fit en même temps l'exploration et la conquête de ce pays (1900). Une troisième mission, organisée par le même ministère, avec le concours d'autres administrations, fut celle du capitaine Cazemaj ou quifuttuéàZinder (1898). Ce ne fut pas le seul martyr de la science. Les mission-
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naires de Tlnstruction publique ont plus d'une fois payéde leur vie leur dévouement à la science. Grevaux avaik péri dans la région de FAmazone (1882), Grampel sur le- Chari (1891), Dutreuilde Rhins au Thibet (1895). Parmi lesplus importantes et les plus récentes de ces missionsscienlifiques, citons encore celles de La Martinière au Maroc; Flamand dans les oasis de la frontière marocaine; Revoil au pays des Somalis ; Sarzec, Dieulafoy, Jacques de- Horgan en Perse; Bonvalot, Gapus dans le Turkestan et le Pamir; Ghaffanjon dans la Mongolie; Bonin en Asie centrale; Faurie au Japon; Lionel Dècle, V. Giraud, Ed. Foa, à travers l'Afrique australe; Deflers dans le Yémen (Arabie) ; Wiener, Grevaux, Pinart, Gharnay, Gessac,. Olivier Ordinaire dans TAmérique inconnue ; etc.
G'est sous les auspices du ministère de Finstructioir publique et des beaux-arts qu'ont été entreprises la restauration de nombreux monuments en France, en Algérie, comme celle du Prœtorium de Lambèse; en Algérie, les fouilles de Timgad; en Tunisie une partie des fouilles de- Garthage; d'abord celles qu'exécutèrent Beulé, Falbe, Daux, qui fournirent à Flaubert les éléments archéologiques de son roman de Salammbô; puis celles qu'ont? reprises, en 1877, Gaillet; en 1884, S. Reinach et Babelon; plus récemfnent, La Blanchère, Saladin, Poinssot, Garton, Gagnât, Diehl, Gauckler. En Grèce, les fouilles de Tanagra, de Delos, de Delphes.
S"" Musées Bonireanx. — Au palais du Trocadéro se constituèrent le Musée d'ethnographie, que devaient enrichir les collections rapportées par les voyageurs, et le Musée des monuments français^ où figurent les reproductions des spécimens les plus importants de l'ancien art français, et qui réalise une idée vraiment nationale de la Convention.
Le Musée d'art, d'archéologie et des religions d'Orient et d'Extrême-Orient, fondé à Lyon par Guimet, fut transféré à Paris.
B"* Bndij^et de rinstrnetion pabllqae. — Les Ghambres républicaines ont toujours montré pour les besoins de l'enseignement une libéralité jusqu'alors inconnue. Le budget de l'enseignement primaire, qui était de 4250 francs sous Napoléon, de 50 000 francs sous la Restauration, de trois-
millions à la fin de la Monarchie de Juillet, de douze millions à la fin du second Empire, s'élève aujourd'hui à près de 160 millions, sans compter les dépenses des départements et des communes qui atteignent presque 100 millions. Il faut y ajouter près de cinquante millions pour les autres ordres d'enseignement, outre les millions consacrés aux constructions des universités, des grands établissements scientifiques, des lycées et collèges, des écoles de tout ordre.
OurfULOBS ▲ CONSULTER. — Buis-
*on. Dictionnaire pédagogique t notamment Tartiele France. — Michel Bréal, Quelqueê mots sur Cinstruction publique. — L.-H. Carnot, Le ministère ae Finstruction publique en f84S.
— Albert Dament, Notes et Discours.
— K. Lavisae, A propos de nos écoles; Études et étudiants ; Questions d'enseignement national, etc. — Jourdain, Rapport eur les progrès de Vinstr. publique (1867). — Guizot, Mémoires, t. II. — Jules Simon, VÉeole. — L. Liard, Venseignement supérieur en France et Universités et [Facultés. — A. Ribot, Réforme de Venseignement secondaire. — Ministère de rinstraotion publique, 5^a-
tistiques et Rapports sur les trois ordres d'enseif^nement. — Marais de Beauchamp, Recueil des lois et règlements relatifs à renseignement supérieur. — Gréard, La législaiion de renseignement primaire. —(Dupuy), Notice sur VÉcole normale. '— Guizot, Villemain, Victor Duray, Bardoux, Jules Ferry, Paul Bert, René Ooblet,L. Bourgeois, R. Poincaré. A. Rambaad, G. Leygaes, Discours et Exposés de projets de loi. — G. Bée, Lycées et collèges de jeunes fUles. — Le P. Didon, L'éducation présente (189 >). — R. de St-Arroman, Les missions françaises, causeries géographiques.