‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 131 sur 185 · I. ItOB mathématiques et l'astronomie · texte numérisé non relu

I. ItOB mathématiques et l'astronomie

Mathématiques. — Dans les quarante ou cinquante années qui viennent de s'écouler, les mathématiques ont été illustrées surtout par Hermite, Puiseux, Ossian Bonnet, Bouquet, Serret, E. Picard, Âppell, C. Jordan, Laguerre, Halphen, Haton de la Goupilière, de la Gournerie, l'amiral de Jonquières, le général Bassot, Darboux, Poincaré (en 1890, Henri Poincaré a obtenu, lors du congrès universel de mathématiques à Stockholm, la médaille d'honneur), tous membres de l'Académie des sciences. Ce qui caractérise cette période, c'est que, la science ne cessant de s'étendre, il a fallu une division de plus en plus grande du travail. On tend à se limiter dans des spécialités, dont chacune suffit à l'activité d'une intelligence. Peu de mathématiciens sont aujourd'hui des savants universels, même en mathématiques.

Dans les mathématiques appliquées à la mécanique, se sont distingués : Bresse, Tresca, de Saint-Venant, Phillips, Resal, Maurice Lévy, Desprez, Sarrau, Boussinesq, H. Léauté, le général Sebert.

En 1872 a été fondée la Société mathématique de France.

Astronomie * t Terre, Lnne, Soleil. — Le mouvement de rotation de la Terre sur elle-même a été étudié, en 1851,

1. Sar le progrès de l'astronomie, voir le discoars présidentiel d'A. Comnan, an congrès de l'Assoeiation britannique pour rarancement des Sciences. 1900 {Jievue teientifique^ 30 oot. 1900.)

par FOUCAULT, qui observa les oscillations du pendule, à Taide d'un instrument inventé par lui, le gyroscope.

L'hypothèse d'une atmosphère dans la Lune, soutenue encore au siècle dernier par quelques savants, a dû être abandonnée à la suite d'observations faites pendant une grande éclipse du Soleil (1860). Ces observations ont été confirmées à l'aide de télescopes de 60 mètres de long et d'épreuves photographiques très agrandies qui nous ont donné l'aspect de la Lune à quelques dizaines de kilomètres *. En conséquence, il n'est guère possible d'admettre à la surface de notre satellite une vie quelque peu développée, soit animale, soit végétale.

La distance du Soleil à la Terre, dans le calcul de laquelle les astronomes de la première moitié du siècle étaient forcés d'admettre une incertitude d'environ 500 000 lieues, a été déterminée avec une précision presque satisfaisante, en 1862, par Foucault et fizeau. La méthode qu'ils ont employée a pour base le calcul de la vitesse de la lumière. Cette distance a pu être ramenée par eux de 38 200 000 lieues à environ 37 millions.

Les anciens astronomes considéraient le Soleil comme une masse incandescente, mais solide. Kant, le premier, avait osé affirmer qu'il était une masse incandescente, mais gazeuse. Le problème est resté insoluble jusqu'au moment où l'on a observé avec plus de soin ses taches. Les observations les plus curieuses sont celles qu'ont faites deux de nos compatriotes, l'un, janssen, dans l'Indoustan, l'autre, tisserand, en Indo-Chine, à l'occasion d'une éclipse de Soleil (1868). Ils sont arrivés à cette conclusion que le Soleil se compose d'un globe obscur, enfermé dans une photosphère ou sphère lumineuse, dont les variations d'éclat produisent les taches que nous apercevons. Cette sphère lumineuse ou ces corps circumsolaires , comme on les appelle, sont formés principalement d'hydrogène incandescent. Us sont le siège de bouleversements prodigieux; des masses plusieurs centaines de fois grandes comme la Terre se déplacent et changent de forme en quelques

1. La photographie d& la Lune, inaugurée par Draper, dès 1840, a pris nn brillant développement à TObservatoire de Paris avec Maurice Lœry et Puiseux.

minutes; des protubérances, des tourbillons de feu, des panaches de gaz flamboyants, se projettent dans Tespace à plus de 60 000 kilomètres, comme de colossales éruptions volcaniques. Les variations d^intensité dans Téclat du Soleil Font fait classer, par fate et d^autres astronomes^ dans la catégorie des étoiles variables.

De 1859 à nos jours, des savants étrangers, Kirchhoff, Bunsen, Angstroem, Rowland, Michelson, Lockyer, Langley, les Français Foucault, Janssen, Ë. Becquerel, Deslandres, se sont mis à étudier le spectre solaire pour en tirer des conclusions sur la nature du Soleil.

On sait que le spectre solaire ne présente pas seulement les sept couleurs de Tarc-en-ciel : observé avec des instruments spéciaux, il laisse, en outre, apercevoir des raies^. Or, lorsqu*on examine le spectre de lumières obtenues par la combustion de différents gaz, on voit que ce spectre présente également des raies : suivant les corps dont émanent ces gaz, les combinaisons de ces raies varient. Telle combinaison répond à Fhydrogène pur; telle autre dénonce la présence de particules métalliques dans le gaz enflammé. Les raies du Soleil, suivant leurs combinaisons, doivent donc répondre aux diverses substances qui entrent dans sa composition géologique. Au moyen de Vanalyse spectrale, on a reconnu qu'il y a dans le Soleil les mêmes substances que dans le globe terrestre : le fer, qui forme comme c la charpente du spectre du Soleil », Thydrogène, le sodium, le calcium, le magnésium, le nickel, le titane, etc., plus une substance qui avait d'abord semblé spéciale au Soleil et que, pour cette raison, on a appelée hélium. C'est un gaz qui aurait une densité double de Thydrogène. De nouvelles recherches ont prouvé qu'il n'est pas étranger à la Terre, et à d'autres corps célestes.

Planètes, comètes, étoiles filantes. — GOLDSGHifiDT, un peintre allemand de Francfort, mais qui a passé sa vie à Paris, s'éprit, en suivant les cours de Le Verrier, d'une

1. WoLLASTON, en 1802, est le premier qai les ait vues, mais sans comprendre rimportance de sa découverte. En 1817, Frauenhofer, opticien de Munich, compta jusqu'à 600 de ces raies dans le spectre solaire et les désigna par des lettres de Talphabet. Il étudia aussi le spectre de Mars et Vénus et de plusieurs étoiles.

belle passion pour rastronomie. En 1843, il acheta une lunette chez un marchand de bric-à-brac et s'installa dans un modeste atelier d'artiste, à un sixième étage de la rue de rAncienne-Comédie. Il reconnut plus de dix mille étoiles qui avaient été omises sur les cartes célestes ; mais il s'occupa surtout des petites planètes ; à lui seul, il en découvrit quatorze ; il les appela Lutetia (1852), Pomone, Atalante, etc. D'autres avaient déjà été découvertes par Piazzi, Olbers, Hind, Hencke, etc. Comme elles sont devenues très nombreuses *, on a fini par ne plus les désigner que par des numéros. Plusieurs de ces petites planètes ont de 100 à 420 kilomètres de diamètre. D'autres en ont moins de 30 : ce sont des pianétuks. Ainsi la planète dont Kepler, dans ses calculs, avait pressenti l'existence, semblç avoir fait place à une multitude de fragments.

En août 1877, l'Américain Asaph Hall découvrit les deux satellites de Mars. Dix ans plus tard, le 9 septembre 1892, s'est révélé le cinquième satellite de Jupiter à l'astronome américain Barnard. En mars 1899, l'Américain Ch. Pickerwig découvrit le neuvième satellite de Saturne. On connaît donc six planètes escortées de satellites : la Terre •(un satellite), Mars (deux), Jupiter (cinq), Saturne (neuf), Uranus (deux), Neptune (un) : au total, vingt satellites.

A la fin du xviii® siècle, W. Herschel, dans l'anneau de Saturne, avait déjà distingué deux zones; en 1837 et 1838, on en distingua cinq ; depuis 1850, on en compta une douzaine ^. On a observé en outre que ces anneaux étaient sujets à des variations de forme et de lumière, et même dans la distance entre eux.

La planète Mars, si analogue à la nôtre par ses dimensions et sa proximité du Soleil, si différente d'elle par l'étrange répartition des eaux et des terres à la surface, par la bizarrerie des canaux qui découpent ses continents et leur donnent l'aspect d'un damier, a été surtout l'objet des travaux de l'astronome italien Giovanni Schiaparelli.

1. V Annuaire du burecut des Longitudes de 1900 en donne une liste de 45S. La planète Eros ou N« 433 a été décoaverte en 1898 par Witt, à l'obser- Tatoire Urania, près de Berlin. £n octobre 1900, cinq autres petites planètes furent découvertes, à Heidelberg, par Max Wolf.

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