‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 138 sur 185 · Voir oi-dessus, p · texte numérisé non relu

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sont destinés à prévenir ces complications infectieuses qui, au contact de Tair, naissent dans les plaies. Boerhaave, au XVII** siècle, avait déjà signalé Tair de l'hôpital comme le plus dangereux ennemi des blessés, et les travaux de PASTEUR ont mis en pleine lumière la raison de ce phénomène. Le pansement ouaté, destiné à empêcher Tarrivée des germes infectieux sur les plaies, a été appliqué, pour la première fois, avec un succès éclatant, pendant le siège de Paris, par Alphonse guérin. D'autre part, en 1854, BOINET et DUROT avaient proposé, comme préservatif, la teinture dHode; en 1859, coudy recommandait le permanganate de potasse; pendant la guerre de 1870, on a employé Vadde phénique et d'autres produits dérivés du goudron. Aujourd'hui, on a recours à des substances plus efficaces encore, telles que Viodoforme, dérivé de l'iode, et le sublimé corrosif ou bichlorure de mercure, dilué dans mille fois son poids d'eau.

Par l'emploi des antiseptiques, des milliers de vies humaines ont été préservées, non seulement dans les ambulances, mais dans les maternités, où sévissait une contagion analogue et tout aussi meurtrière.

En même temps, grâce à ce préservatif, on a pu tenter des opérations dont les suites autrefois eussent été mortelles : par exemple, l'ablation du rein, de la rate, du larynx, de l'estomac, d'un des poumons, d'une partie du foie, etc. Même l'opération de la taille, avec des procédés nouveaux, a pu être préconisée de nouveau par guton, i)ien que celui-ci ait rendu la lithotritie très complète et rapide.

On a trouvé les anesthésiques locaux, qui limitent l'insensibilisation à la partie à opérer: par exemple, la. cocaïne^ le chlorure de méthyle, etc.

Une opération qui avait été, à l'âge précédent, l'occasion de cruelles déceptions *, c'est celle de la transfusion du sang. Elle a été perfectionnée par Henri Milne-Edwards, Prévost, J.-B. Dumas, Claude Bernard, qui, en n'employant que du sang défibriné, ont réussi à diminuer beaucoup le danger.

1. Elle était souvent mortelle, comme on l'avait vu pour Tétudiant Legoff, ^ qui s'était volontairement offert pour cette expérience et qui était mort victime de son dévouement à la science. On a donné son nom à une rue de Paris qui débouche dans la rue SouffloU

Branches diverses de la médecine el de la chirurgie. —

L'ophtalmologie est redevable de sérieux progrès à serre S'uzis, qui étudia les phosphènes (1853), phénomènes lumineux, points ou cercles brillants, qu'on peut provoquer dans l'intérieur de l'œil en comprimant son globe avec la main ; à FOLXJN, qui popularisa chez nous Vophtalmoscope, inventé par Helmholtz, de Berlin; à emAUD-TEULON, qui étudia Toptique physiologique; à ph. panas, qui publia ses Leçons sur les rétinites (1878) et son Anatomie pathologique de rœil (1879).

Nous avons déjà parlé du daltonisme, affection qui consiste dans la confusion des couleurs et qu'on appelle aujourd'hui dyschromatopsie. Les employés de chemin de fer, par exemple, qui en sont affectés, sont incapables de distinguer le rouge et le vert des disques, faivhe, de Lyon, et REDABO ont perfectionné les appareils destinés à constater cette aberration du sens visuel.

Pour la médecine légale , Orfila a eu pour principal successeur TABDIEU, a^iteur des « Études de médecine légale sur la pendaison, la strangulation et la suffocation » (1865), de recherches sur les empoisonnements, l'aliénation mentale, etc.," et, plus récemment, brouardel, doyen de la Faculté de Paris.

Ulysse TRÉLAT, l'illustre chirurgien, et L.-F. galmeil ont publié sur la folie des travaux de premier ordre.

Hygiène. — L'hygiène, qui n'est autre que la médecine préventive, doit ses progrès à Tardieu, Vernois, AU. Becquerel, Michel Lévy, Bouchardat, L. Le Fort, Proust. C'est par eux qu'elle est devenue une science, fondée sur l'étude attentive des conditions topographiques et climatériques, des aliments, des animaux parasites, des miasmes pernicieux, des maladies contagieuses. Alors s'est créée l'hygiène spéciale des villes ou des campagnes, celle du théâtre, celle de l'hôpital, celle de la manufacture, celle de la prison, celle de l'école, celle des diverses professions. On a employé les désinfectants, on a démoli les habitations insalubres, on a aéré, éclairé, purifié. On a inventé des filtres, conçus d'après les principes de Pasteur, pour débarrasser de tout élément nuisible l'eau potable.

On a signalé le rôle des moustiques dans la propagation

des fièvres paludéennes, des mouches dans celle de la fièvre typhoïde, des rats, souris, etc., dans celle de la peste. Autant de constatations qui éclairent la médecine préventive. On a fondé le laboratoire municipal de Paris pour analyser les aliments et les boissons.

BERTILLON et MiauEL out Créé la statistique de Thygiène.

TH. ROUSSEL, sénateur, a bien mérité de Thumanité en proposant la loi de 4814- sur la protection des enfants en nourrice et en fondant la Société protectrice de Venfance,

On peut distinguer encore une hygiène militaire et une hygiène navale. En 1826, on avait assuré aux soldats, qui couchaient encore deux par deux, leur lit individuel; en 1852, on a mis fin, dans les casernes, à l'usage de la gamelle commune; en 1857, on s'est fait une règle de revacciner toutes les recrues qui arrivaient au régiment; à partir de 1854, on a pourvu les hommes de cravates et de ceintures de laine, réformé les coiffures lourdes et incommodes, allégé le poids, jusqu'alors écrasant, du sac.

MAILLOT a fait connaître la véritable nature des fièvres d'Algérie et sauvé ainsi des milliers de soldats et de colons ^ GOLLIN s'est occupé des fièvres dans l'armée; bêranger-féraud, ROCHARD, KERM0R6ANT, dcs maladies coloniales (fièvres paludéennes, fièvre jaune, etc.) ; kuber (mort prématurément au Tonkin), des épidémies militaires et des mesures d'évacuation à prendre en temps de guerre.

C'est par l'hygiène, encore plus que par la médecine proprement dite, que la moyenne de la vie humaine, en France, s'est si notablement accrue. Au xviii" siècle, elle n'était que de vingt-trois ans: dans la période de 1825 à 1830, de trente-deux ans et huit mois; depuis 1864, de trente-sept ans et six mois.

Rôle brillant des Facaltés de médecine. — Du XVn^ au xvm® siècle, presque tout le progrès anatomique, physiologique, thérapeutique, s'est accompli en dehors de nos Facultés, même celles de Paris et Montpellier, et a été souvent entravé par elles. Les principaux centres d'études mé-

1. Maillot vulgarisa Tasage da salfate de quinine, déconvert en 1820 par Pelletier et Cavemtod. Son nom a été donné à ane des communes de TAlgérie.

dicales, c'étaient alors le Collège de France, la Société royale de médecine et TAcadémie de chirurgie. La substitution aux anciennes Facultés des trois Écoles de santé, sous la Révolution, a changé le personnel, Tesprit, les méthodes. Redevenues des Facultés avec Napoléon, elles n'ont cessé d*étre des agents énergiques du progrès. Celle de Paris peut s'enorgaeillir d'avoir compté dans ses chaires des hommes tels que les anatomistes Cruveilhier, Isidore Geoflfroy Saint-Hilaire, Pierre-Auguste Béclard, Hippolyte Cloquet, Laboulbène, Sappey, Mathias Duval, Farabeuf ; — les histologistes Robin, Ranvier, Cornil; — les physiologistes Longet, Vulpian, Gavarret, Jules Béclard, Ch. Richet; — les cliniciens Corvisart, Broussais, Bouillaud, Piorry, Laënnec, Bayle, Chomel, Rostan, Andral, Alibert, Rayer, Trousseau, Grisolle, Charcot, Béhier, G. Sée, Vulpian, Jaccoud. Peter, Tarnier, Pinard, Potain, Landouzy, Hayem, Dieulafoy, Debove, Charrin, A. Fournier, Grancher, Bouchard; — les aliénistes Pinel, Bail, Tardieu, Joffroy, Raymond; — les hygiénistes Royer-GoUard, Halle, Netter, Bouchardat, Proust; — les professeurs de physique médicale, Gariel; de médecine légale, Orfila, Tardieu, Brouardel; — les chirurgiens Desault, Lassus, Pelletan, Richerand, Percy, Dupuytren, Gerdy, Jules Cloquet, Jobert de Lamballe, Roux, Malgaigne, Stanislas Laugier, Auguste Bérard, Jarjavay, Nélaton, Duplay, Lannelongue, Labbé, Guyon, Verneuil, Ulysse Trélat, Péan, Alfred Richet, Tillaux, Terrier, Le Dentu.

Médecine vétérinaire. — L'anatomie des animaux domestiques a été étudiée surtout par lavogat (de 1855 à 1864); leur physiologie, par boulet, chauveau et maret, qui ont inventé le cardiographe pour suivre les mouvements du cœur, COLUN, d'Alfort, aubert. Les travaux de dohbasle sur les animaux de boucherie ont permis de modifier même leurs formes et prouvé < l'aptitude de toutes les races domestiques à acquérir les perfections que l'homme a intérêt à leur communiquer >. charlier a renouvelé la maréchalerie par un système plus rationnel de ferrure, nogard a étudié la tuberculose et la tuherculinef qui en est le réactif (chez les bétes à corne). Les recherches sur les parasites et leurs métamorphoses ont permis de guérir certaines maladies

en s'attaquant aux parasites qui les produisent : par exemple, à guérir la gale en détruisant son sarcopte. On guérit la pourriture du mouton avec du fer, de Técorce de saule, de la poudre de gentiane; on détruit les parasites internes ou externes avec le soufre, la benzine, Tacide phénique. Plusieurs de ces progrès sont dus à Reynal, Rey, GiUebert, Mathieu.

PASTEUR a été un grand vétérinaire, même pour ces animaux domestiques qu'on appelle les vers à soie : il a enseigné le moyen de les débarrasser des parasites auxquels étaient dues les épidémies qui décourageaient les éleveurs du Midi.

Phanumeie. — Les progrès de la pharmacie ont marché du même pas que ceux de la chimie, qui Fa dotée de médicaments nouveaux et efficaces, tels que les alcaloïdes végétaux. L'ancien Codex pharmaceutique a été revu; on en a écarté les composés inefficaces, bizarres, d'une complication excessive ; par exemple, on n'emploie plus la tète de vipère pour fabriquer la thériaque. Les vues scientifiques les plus hautes, avec Ghatin, Planchon, Moissan, Bouchardat, Riche, Bourgoin, président à l'enseignement de nos Écoles de pharmacie, avec leurs cours de zoologie, botanique, physique, chimie, toxicologie, hydrologie.

Outrages a consulter. — Ouvrages de Hœfer, Faye, Damas, Chevreul, Carus, Cuvier, Daremberg, Hieser, Lenz, Rochard, Pariset, cités au chapitre xii, p. 273.

Rapports rédigés à roccasion de rExposition aniverselle de 1867, sur les progrès des sciences : — de Tanalyso mathématique, par J. Bertrand;

— delà géométrie, par Ph. Chasies;

— de la mécanique appliquée, par Combes, Philips et Collignon ; — de l'astronomie, par Delaunay ; — de la théorie de la chaleur, par Desains;

— de la thermo-dynamique, par Berlin;—du magnétisme, électricité, etc., par Quel; de la eéologie expérimentale, par Daubree ; — de la stratigraphie, par Elie de Beaumont ; — de la minéralogie, par Delafosse ; — de la paléontologie, par d'Archiac;

— des sciences zoologiques, par Milne-Edwards ; — de la botanique,

ar Duchartre et Brongniart; — de A médecine, par Béclard et Axen-

feld ; — de la médecine vétérinaire, par Magne; — de la chirurgie, par Denonvilliers , Nélaton , Velpeau , Guyon, Labbé ; — de l'hygiène, par Bouchardat, Michel Lévy, Le Roy de Méricourt. — E. Perrier, Nouveau dictionnaire des Sciences et de leurs applications.

J. Boyer, Hist. des mathématique (1900).

Houzean et Lancastor, Bibliographie générale de V astronomie.

Vaison, La vie et les trax>aux d'Ampère. — Th. Dumoncel, Le téléphone et le phonographe. — A.

Cazin, La chaleur; l'étincelle électrique. — F. Marion, Les merveilles de Voptique. — R. Radau, L'acoustique.

Radau, Le magnétisme. — Hospitalier et Montpellier, Vélectricité à l'Exposition de 1900. — Foveau de Courmelles, Les applications de lileetricité. — Ch.>Ed. Ouillaume, Les rayons X et la photographie à tra-

vers les corps opaques. -^ G. yitoax, Les rayons X etta photographie de rinvisiole, — L. Aubert, Les rayons X et la photographie de f invisible. — C. Ruckert, La photographie des couleurs.

Wurtz, Sist des théories chimiques depuis Lavoisier. — J.-B. Dumas, Leçons sur la philosophie chimique.

— Fremy, Encyclopédie chimique. — Wurtz, Dictionnaire de la chimie. — Maxime Hélène, La poudre à canon et les nouveaux corps explosifs. — Champion, La dynamite et la nitroglycérine.

Zarcher etMargoUé, Les météores; Volcans et tremblements de terre. — L. Vitoox, Artillerie et météorologie.

— G. Tissandier, La houille ; les Fossiles. — Magdeleine de Saint-Agy, Èistoiredes sciences naturelles (1811).

Béclard. Eloqe de Claude Bernard,

— Vallery-Radot, M. Pasteur^ Histoire dCun savant par un ignorant.

— Du même, La Vie de Pasteur (plus importantjL — Denys Gochin, L Evolution et la Vie (sur les travaux de Pasteur). — E. Duolaux, Pasteur. — Grancher, Pasteur et la médecine

contemporaine {Revue scientifique^ 29 avril 1893). — A. Marie, Laraqe.

— J.-B. Dumas, Eloges de Faraday, Ballard, Pouze, V. Regnault, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Auguste Bérard, les deux Brongniart, les deux Sainte-Claire Deville, Guvier, Piourens, etc. — Eloges de savants, par Cavier, Flourens, J. Bertrand, Berthelot, etc. — BioUAÎélanges scientifiques (1858). — Claude Bernard, Rapport SUT les progrès et la marche de la physiologie générale en France (1867). — E. Gley, Essais de philosophie et d^hist. de la Biologie (1900), et Rapport sur la Société de biologie... de 1849 à 1900.

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