Voir ci-dessus, p. 166 et
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Châlons, Aix), la République ajouta celle de Lille (1881). Elle organisa les Écoles nationales professionnelles de Vierzon (1881), dite école modèle , d'Armentières et de Voiron (1882), enfin celle de Nantes, achetée à son fondateur Livet (1898). En Algérie, Vécole des arts et métiers, fondée en 1866 par l'autorité militaire à FortrNalional et incendiée durant Tinsurrection de 1871, fut reconstituée à Dellys (également en Grande-Kabylie) sous le nom à*écûle nationale d'apprentissage. En 1891 fut créée VÉcolc nationale d'ouvriers et de contremaîtres de Cluny. De 1892 à 1899 ont été créées trente-trois Écoles pratiques de commerce et d'industrie. La ville de Paris a fondé les écoles Estienne (pour les industries de livre), BouUe (pour celles du meuble), Diderot (pour le travail du fer), etc. L'État subventionne les écoles nationales d'horlogerie de Cluses (Haute-Savoie; depuis 1863) et de Besançon (depuis 1891). La plupart de nos Universités possèdent des cours et des laboratoires d'enseignement industriel.
La propriété industrielle. — De nombreux décrets, lois, ordonnances, sont venus développer les principes posés par le législateur de 1791, assurer à l'ingénieur et à l'artisan, comme à l'artiste et au littérateur, pour eux et pour leurs héritiers, la propriété exclusive de leurs créations, donner une nouvelle sécurité et un nouveau stimulant à l'esprit d'invention et de perfectionnement. Des traités conclus avec les autres puissances ont garanti à nos inventeurs la jouissance de leurs droits de propriété même au delà de nos frontières. On ne peut utiliser une invention française, on ne peut publier un livre, reproduire une statue, jouer un morceau de musique ou une pièce de théâtre, au moins dans la plupart des pays civilisés, sans que le Français qui en est l'auteur perçoive une légitime redevance.
Les expositions internationales de Tindus trie. — Sous la République de 1848, on pensa à organiser des expositions non plus seulement nationales, mais internationales* Tandis qu'on hésitait, en France, à appliquer cette idée, elle fut mise à exécution par les Anglais, et la première exposition universelle ou intemalionale se tint à Londres, au Palais de Cristal, en 1851. Le seconde se tint à Paris, au Palais de l'Industrie, en 1855, et attira 24 000 exposants.
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Les Dations les plus lointaines, la Chine, le Japon, le Pérou, le Chili, colonies anglaises d'Australie, s'y firent représenter.
Dès lors, l'institution était fondée. Tour à tour ces grandes assises se réunirent à Paris, à Londres, à Vienne, à Pétersbourg, à Chicago, à New-York, en Australie.
A Paris, l'Exposition universelle de 1867 réunit environ 42 000 exposants et attira la plupart des souverains de l'Europe, plus le vice-roi d'Egypte, le sultan des Turcs, le frère du taïcoun du Japon, etc.
L'Exposition universelle de 1878 nous amena un visiteur non moins extraordinaire, le premier roi de Perse qui ait visité l'Europe. Elle compta 53 000 exposants, 12 millions de visiteurs, et occupa une superficie de 25 hectares. Pour ces deux expositions, il avait fallu aménager la vaste plaine du Champ-de-Mars ; pour celle de 1878, sur l'autre rive de la Seine, sur la colline du Trocadéro, on éleva l'immense palais qui subsiste encore et qui est devenu le centre de tout un Paris nouveau.
L'Exposition universelle de 1889, qui reçut 28 millions de visiteurs, exigea de plus vastes espaces, car elle envahit l'Esplanade des Invalides. C'est alors que s'élevèrent la Tour de 300 mètres, la Galerie des Machines, les palais construits par Formigé.
Une autre statistique indiquera, au point de vue industriel, l'importance relative de ces quatre expositions : la puissance totale des machines qui y furent mises en activité est évaluée, pour celle de 1867, à 854 chevaux; pour celle de 1878, à 2 533 chevaux; pour celle de 1889, à 5 320; pour celle de 1900, à 36 085.
L'Exposition de 1900, outre les espaces occupés par ses devancières, s'est annexé les deux berges de la Seine, du Pont-Royal jusque bien au delà du pont d'Iéna : au total une superficie de 108 hectares. Elle reçut 50 millions de visiteurs. Elle devait léguer à Paris le nouveau pont Alexandre III, l'avenue Nicolas II et les deux palais des Beaux-Arts, élevés sur l'emplacement du défunt palais de l'Industrie. Elle attira 29 753 exposants français, 5 159 de nos colonies, 37 795 étrangers. Sa caractéristique fut la magnifique t rue des Nations », bordée de merveilleux
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pavillons, élevés, dans tous les styles, par toutes les puissances, petites ou grandes, des cinq parties du monde.
Industries nouvelles. — Plus nous approchons de l'époque présente, moins il devient possible d'énumérer tant de découvertes, de perfectionnements, d'industries nouvelles *. Il faudrait dépouiller la liste des brevets d'invention et le catalogue d'expositions de plus en plus colossales. C'est par l'industrie que Paris, Lyon, Marseille, Lille, ont pris de si énormes développements, et que de simples villages et bourgs, comme Saint-Etienne, Tourcoing, Roubaix, le Creusot, sont devenus de grandes cités.
Statistique de Tlndustrle. — L'activité du travail national se révèle par des chiffres. La consommation de la houille peut être considérée comme le thermomètre du progrès industriel. En 1789, elle était presque nulle, puisqu'on ne consommait guère que les houilles indigènes, dont la production n'était que de 250 000 tonnes; en 1815,' elle n'était que de 1 million de tonnes; en 1897, elle était de plus de 37 millions de tonnes, ayant une valeur d'environ 740 millions de francs.
En 1826, on produisait en France 205 843 tonnes de fonte, 145 519 de fer, et seulement 4 914 d'acier. En 1848, ces chiffres s'élevaient respectivement à 472 412, 276 253 et 7 130. Ils étaient, en 1897, de 2 484 000, 784 000 et 995 000. La production de la fonte et du fer a donc décuplé depuis 1826; celle de l'acier a deux fois centuplé.
Deux branches de la métallurgie ont pris, en peu d'années, un développement prodigieux : les bicyclettes et les automobiles.
L'industrie française, en 1897, employait (non compris les appareils des chemins de fer et bateaux, non compris l'Algérie et les colonies), 68 743 machines à vapeur d'une force totale de 1 330 466 chevaux.
Notre production industrielle s'élève annuellement à un total de quinze milliards.
. 1. Voyez ci-dessus, pages 457 et 703, les industries qui se sont créées ou perfectionnées grâce aux découvertes de la physique et de la chimie, notamment de la chimie organique : industries de la métallurgie, du meuble, de la céramique, du vêlement, de la tenture, de la parfumerie des bières^ des vins, des vinaigres, des alcools, ^%p.
EBseii^nements commerciaux. — L'enseignement commercial a pour objet Tétude « des arts et des sciences, en Tue de leur application au commerce ». (L'Enseignement technique en France, 1900.)
Il est donné, d'une façon générale, dans les lycées et écoles de tout ordre, mais spécialement dans les Écoles pratiques de commerce et d'industrie, ddJis les Écoles supérieures de commerce de Paris (qui date de 1820), du Havre (1871), de Marseille (1872), de Bordeaux (1874); enfin, à un degré supérieur, à l'École des Hautes Études commerciales de Paris, fondée en 1877, et à VInstitut commercial de Paris (1884).
Réforme des lois sar les céréales. — On avait pu se convaincre que les variations de V échelle -mobile aggravaient les variations en hausse et en baisse dans le prix du blé. On commençait à trouver injuste que, pour favoriser le propriétaire ou le fermier, le reste des citoyens fussent contraints à payer leur pain plus cher. La loi de 1861 mit fin au régime provisoire inauguré par la loi de 1832, et accorda'la liberté absolue du commerce des grains. Ceux mêmes d'Amérique ou de Russie entrent chez nous en toute liberté, moyennant le droit de 7 fr. *.
Les traités de commerce. — Sous la République de 1848, les idées de libre-échange, préconisées par leséconomistes, avaient fait peu de progrès dans les assemblées nationales. Le 30 décembre 1850, l'Assemblée législative rejeta uq programme libre-échangiste que lui proposait Sainte-Beuve et qui fut combattu par Thiers : la majorité avait été de 428 voix contre 199.
C'est Napoléon 111 qui, à Paris, le 23 février 1868, conclut avec l'Angleterre un traité de commerce, le premier que nous ayons eu depuis celui de 1786. Les négociateurs avaient été, du côté de la France, Rouher et Baroche, assistés de Michel Chevalier; du côté de l'Angleterre, Cobden et lord Cowley.
i. Voir ci-dessas, p. 7lt7.
Par ce traité, la France levait toutes les prohibitions qui frappaient certains produits britanniques ; les droits sur les houilles, fontes, fers, aciers, tissus, s'abaissaient à moins de 25 pour 100. En échange, la Grande-Bretagne s'engageait à laisser entrer chez elle, en toute franchise, les articles de Paris et les soieries ; les vins français, qui jusqu'alors étaient frappés à leur entrée en Angleterre d'un droit égal à 300 pour 100 de leur valeur, n'étaient plus grevés que d'un droit variant de 28 à 56 francs par hectolitre ; nos eaux-de-vie, qui payaient autrefois 916 francs par hectolitre, n'en payaient plus que 218, et cela uniquement parce que les alcools anglais subissaient en Angleterre un impôt d'un chiffre égal.
L'Empereur s'était fondé sur l'article 6 de la Constitution de 1852 pour conclure une convention aussi importante sans consulter les Chambres. Elle ne fut discutée à la Chambre des députés que lorsqu'il s'agit de fixer précisément les tarifs, et au Sénat qu'à propos de pétitions signées par les industriels (1861). Un peu plus tard, elle fît l'objet d'une interpellation (1868). Les dispositions essentielles du traité n'en furent pas modifiées.
Le traité fut bien ou mal accueilli par les producteurs français, suivant qu'il favorisait ou menaçait leur industrie. A Paris, à Lyon, à Bordeaux, à Cognac, par exemple, les producteurs d'articles de PariSy de soieries, de vins, d'alcools, se réjouirent. A Rouen, à Lille, à Roubaix, à Mulhouse, les producteurs de tissus ; ailleurs, les producteurs de fers et d'aciers, s'inquiétèrent. Il y eut des régions libre-échangistes et des régions protectionnistes. Dans les ânes comme dans les autres, si les producteurs n'étaient pas d'accord, les consommateurs étaient à peu près unanimes. Le traité de commerce permettait d'acheter les produits manufacturés d'Angleterre, les sucres et le café de ses colonies, à un bon marché jusqu'alors inconnu.
Le traité avec l'Angleterre fut suivi, dans les années 1861- 1865, de traités conclus avec la Belgique, l'Italie, la Suisse, la Suède, la Norvège, la Hollande, le ZoUverein ou Union douanière des Etats allemands, etc. La base de tous ces traités était que la France levait les prohibitions et diminuait les droits sur certains produits de l'étranger, à la condition que l'étranger userait de réciprocité.
R. Civil, contemp. 43
768 cnriLiSATiON française
Autrefois, les navires étrangers étaient frappés, dans les ports français, de taxes considérables, à raison de tant par tonne : on voulait favoriser le transport par les navires nationaux; mais à l'étranger, ceux-ci étaient traités comme nous traitions chez nous les navires du dehors. La loi de 4886 supprima toutes ces taxes, toujours à la condition qu'on userait envers nous de réciprocité.
Par Tabolition de Tancien régime douanier, de Tancien régime maritime et de l'ancien régime colonial, toutes les nations civilisées sont devenues solidadres les unes des autres. Un vaste courant d'échanges s'étend de l'Asie à l'Amérique, de l'Europe à l'Australie. Il s'est accompli là une révolution presque aussi considérable, dans les intérêts et dans la manière de vivre, que celle qui avait été accomplie, en 1789, dans le système politique et social.
En 1855, la Hollande, la Belgique, l'Italie, puis l'Espagne, le Portugal, la Grèce ont adopté notre système métrique : un Bureau international des poids et mesures a été constitué à la suite des conférences de Paris en 1870 et 1872. En 1865, la Belgique, la Suisse, l'Italie, et plus tard la Grèce, l'Espagne, la Roumanie, ont accepté notre système monétaire : c'est ce qu'on appelle V Union latine.
En Russie, en Angleterre, en Allemagne on poursuit des études en vue de l'adoption de notre système métrique.
Réforme des postes. — C'est un décret de la Constituante de 1848 qui abolit les zones postales en établissant des tarifs uniformes pour toute la France, abaissa la taxe des lettres, créa les timbres-poste : de ceux-ci on vendit en 1849 pour 4 447 000 francs.
En 1867, il y avait en France 4876 bureaux de poste, manipulant environ 772 millions d'objets. On vendait alors pour 15 millions de timbres-poste environ.
Tout le service a fait de grands progrès sous le ministère d'Ad. c»GBERT (i 878-85), notamment par la création des colis postaux, l'extension de Vunion postalCj l'abaissement du taux des lettres et des télégrammes.
Le produit des postes, en 1899, était de 257 millions, celui des télégraphes, 42 millions ; celui des téléphones, 14 millions.
Par le traité de Berne, en 1874, et le traité de Paris en 1878, il a été conclu une Union postale universelle à laquelle ont adhéré la plupart des nations les plus civi Usées, non seulement de TËurope, mais des Deux-Mondes
Statistique du commerce. — En 1827, la France impor tait pour 414 millions de marchandises étrangères; en 1847 pour 955 millions; en 1867, pour 3 027 millions; en 1887 pour 4 026 millions; en 1899, pour 4 217 millions S sans parler des métaux précieux, qui comptent pour 506 millions.
En 1827, elle exportait pour 507 millions ; en 1847, pour 720 millions; en 1867, pour 2826 millions; en 1887, pour 3 241 millions ; en 1899, pour 3 899 millions, sans compter les métaux précieux, qui comptent pour 381 millions.
Pour l'importation et pour l'exportation réunies, la France est de beaucoup inférieure à l'Angleterre; elle est un peu inférieure à l'Allemagne et aux États-Unis. Elle dépasse de beaucoup tous les autres pays.