VI. Les classes onvriôres
Lei mmr les coalitions : les prèves. — Nos lois, chaque jour plus imprégnées d'esprit égalitaire, tendent à atténuer les incouTénients qu'entraînent pour l'ouvrier les conditions de l'industrie. Napoléon III, rompant avec les traditions du premier Empire, fit voter la lai de 486S^. Elle reconnaît aux ouvriers le droit de se concerter pour obtenir une augmentation des salaires, et le droit de mettre en œuvre k procédé qui leur parait le plus efficace, c'est-à-dire de se mettre en grève. Elle ne punit que les grévistes qui useraient de violences pour forcer d'autres ouvriers à déserter Tatelier. Cette loi, fondée sur le principe de la liberté du travailj a mis aux mains des ouvriers un moyen d'empêcher l'avilissement des salaires et de s'assurer une suffisante rémunération; mais c'est une arme dangereuse qu'elle leur a confiée; il y a des grèves légitimes et des grèves injustes. Une grève est injuste quand elle a pour but d'exiger une augmentation de salaire qui n'est point justifiée par la situation florissante d'une industrie. Et alors, non seulement elle impose aux ouvriers de cruelles privations et aux patrons des pertes sensibles, mais, étant donné la concurrence étrangère, elle peut amener la ruine de l'industrie qui les fait vivre les uns et les autres. En 1897, on avait compté seulement 356 grèves mettant en mouvement 68 875 grévistes; en 1898 (année assez troublée), 368 grèves, avec 82000 grévistes; 46 pour 100 des grèves de 1898 avaient échoué : les autres avaient abouti à des concessions plus ou moins étendues, consenties par les patrons.
Les deux années suivantes furent signalées par une augmentation inquiétante des grèves (dans le Doubs et le Haut-Rhin, au Creusot, etc). Elles furent amenées moins par des litiges sur les salaires que par la poussée des passions politiques et sociales. Il y eut 739 grèves en 1899, 809 en 1900 : les premières mirent en mouvement 176773 grévistes et les secondes 216 000. En 1901 (à Montceau-les-Mines, à Ghâlon, à Marseille) elles ont pris une