‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 147 sur 185 · DEPUIS 1848. — LES CLASSES OUVRIÈRES · texte numérisé non relu

DEPUIS 1848. — LES CLASSES OUVRIÈRES

la loi du 4 5 juillet 4850, développées par une série de lois, entre autres celle du ^«' avril 4898, se sont fondées en vue de Fassistance dans la maladie, dans la vieillesse, etc. En 1852 on n'en comptait que 2488 avec une encaisse de 10 700 000 francs; il y en avait, déjà en 1883, 7 459 avec un avoir de 40 millions.

On distingue aujourd'hui, entre les sociétés reconnues d'utilité publique, les sociétés approuvées et les sociétés autorisées. En 1896, les premières, au nombre de 17, comptaient près de 50 000 membres avec 10 millions de fonds de réserve; les secondes, au nombre de 7 943, comptaient 1 381 852 membres, avec une encaisse de 208 millions et demi; les troisièmes, au nombre de 3 000, comptaient près de 355 000 membres avec un avoir de plus de 40 millions.

Créations diverses. — Des chefs d'industrie, intelligents et patriotes, comme Jean dollfus, de Mulhouse, fondateur, en 1853, de la Société mulhousienne des cités ouvrières, ont imaginé des combinaison», non seulement pour assurer au travailleur un logis propre et commode, mais pour lui permettre, en échange d'annuités modérées, de devenir propriétaire de sa maison.

Les pouvoirs publics ont contribué aussi à améliorer le sort de l'ouvrier; on lui a rendu plus facile la tâche d'élever ses enfants que, suivant leurs âges, recueillent la salle d'asile, l'école maternelle, l'école primaire, toutes également gratuites.

La Caisse nationale des reti^aites pour la vieillesse, fondée par la loi du 48 juin 4850, sous la protection de l'État, comptait à la fin de 1898 près de 633 000 déposants ayant versé 144 millions et demi : elle leur garantit, moyennant une légère annuité, la sécurité de la vieillesse. La loi du 30 novembre 4 89 A a permis de généraliser ces pratiques.

La loi du J87 décembre 4895, sur les caisses de retraites. de secours ou de prévoyance au profit des employés et ouvriers, a réglementé le versement des cotisations, soit à la Caisse nationale d'épargne, soit à la Caisse des dépôts et consignations, et fixé à 3 pour 0/0 le taux de l'intérêt à servir par ces deux caisses.

La loi du 9 avril 4884 a créé les < caisses d'épargne pos taies », rattachées à la c Caisse nationale d'épargne ».

La loi du 20 juillet 4895 a donné une meilleure organisation aux caisses d'épargne.

D'autres lois, en 1895 et 1898, ont eu pour objet de protéger les salaires contre la saisie totale par les créanciers et de déterminer la partie qui pouvait être saisie.

Assistanee publique. — L'Assistance publique, qui n'est que l'application du grand principe de solidarité nationale, Tient en aide au travailleur dans les moments les plus difficiles. Vassistance médicale gratuite a été assurée par la loi du 15 juillet 4893, L'assistance judiciaire {loi du 22 janvier 4854) lui assure le concours gratuit d'avoués et d'avocats et une procédure sans frais devant les tribunaux.

Le nombre des établissements hospitaliers s'élevait en 1897 à 1736, disposant de 189 359 lits. On a multiplié les asiles d'aliénés, asiles de convalescents, orphelinats, crèches, ouvert les asiles de nuit, institué les médecins cantonaux pour la distribution gratuite de la médecine et des médicaments, assuré la construction de nouveaux établissements hospitaliers, grâce aux prélèvements opérés sur les fonds du pari mutuel, etc.

Le' budget de l'Assistance publique, tout compris, atteint chez nous 140 millions; la ville de Paris, à elle seule, dépense près de cinquante millions.

Progrès dansla condition des travailleurs. — Le sort du travailleur, dans les villes comme dans les campagnes, s'est grandement amélioré depuis 1789. La suppression des lois sur les céréales a abaissé le prix du pain. Les faciles communications avec les pays à blé rendent impossible le retour de disettes comme celle qu'on a subie encore en l'année 1817, la c chère année », suivant l'expression populaire.

Au paysan et à l'ouvrier le développement de l'industrie assure des outils excellents et à bon marché. On ne peut nier que le paysan et l'ouvrier d'aujourd'hui soient en général beaucoup mieux logés, mieux meublés, mieux vêtus, mieux nourris que ceux d'autrefois. Au xviii® siècle, îl y avait une différence profonde, dans le costume et le genre de vie, entre l'ouvrier et le bourgeois, entre le simple paysan et le grand propriétaire rural. Ces différences vont s'clfaçant, bien plus rapidement encore qu'elles n'avaient

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