DEPUIS 1848. — PARIS
commencé à le faire vers la fia de rAncien régime. Le travailleur d'aujourd'hui dépense plus que celui d'autrefois, comme le prouvent les chiffres suivants. La consommation de la viande a plus que doublé depuis le commencement du siècle ; celle du vin a doublé ; celle du café a triplé; celle du sucre a décuplé; celle de la bière a augmenté de 70 pour 100. Or, comme un riche ne consomme pas plus de viande, de vin, de café, de sucre, de bière, en 4900 qu'en 1800, ce sont donc les classes laborieuses qui ont augmenté leur somme de jouissances.
Le prodigieux développement de^ journaux et des livres à bon marché, la multiplication des bibliothèques populaires, la gratuité de l'instruction primaire, le grand nombre des bourses d'enseignement secondaire et supérieur, ont fait marcher du même pas le progrès intellectuel. On peut dire que l'homme du peuple peut donner aujourd'hui à ses enfants toute la somme d'instruction dont ils sont capables.
Les classes laborieuses ont plus de bien-être et plus d'instruction; elles sont aussi devenues plus riches. En 1847, les caisses d'épargne ne renfermaient que 358 millions; en 1869, 711 millions; en 1882, un milliard et 754 millions; à la fin de 1897 elles disposaient de trois milliards et 427 millions représentés par 6 millions 772 582 livrets ; sans compter les caisses d'épargne d'Algérie et sans compter environ 40 millions déposés à la Caisse nationale d'épargne. Or, il s'en faut, comme nous l'avons vu, que les caisses d'épargne renferment toute l'épargne du peuple.
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