‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 150 sur 185 · VIII. Les idées et les groupements socialistes · texte numérisé non relu

VIII. Les idées et les groupements socialistes

Inflaence des théories allemandes et rosses. —

Nous avons vu comment, à la veille de la révolution de Février, les sectes socialistes se partageaient entre les doc-

trines communistes et les doctrines anarchistes *. Les premières avaient été vigoureusement critiquées, dénoncées comme de pures utopies par Proudhon; ce théoricien de Van-archie *, à son tour, s'était trouvé impuissant à donner une formule concise et pratique aux revendications des classes ouvrières. Celles-ci n'en exercèrent pas moins leur action dans les crises de Tannée 1848; sur la révolution politique de Février se greffa bientôt la révolution sociale. Elle se manifesta dans les émeutes qui se succédèrent pendant la durée du Gouvernement provisoire et dans les premiers mois de TAssemblée constituante. Elle atteignit son paroxysme dans les terribles journées de juin 1848. La sévère répression qui les suivit brisa pour longtemps la force des partis socialistes. Le coup d'Etat de décembre sembla mellre fm à la révolution sociale en même temps qu'à la révolution politique.

Le second Empire essaya de s'attacher les classes ouvrières, déjà séduites par le rétablissement du suffrage universel, en reprenant dans les programmes socialistes les quelques idées qui pouvaient se traduire en réformes pratiques, en donnant satisfaction aux intérêts matériels des travailleurs, en favorisant les associations de mutualité, les coopératives de production et de consommation, les caisses de secours et de retraites, en encourageant les efforts que firent certains patrons en vue d'améliorer la condition de leurs travailleurs, notamment par la création des maisons ouvrières. Le pas le plus décisif qu'ait accompli dans cette voie le gouvernement impérial, ce fut l'abolition de la législation napoléonienne sur les grèves'.

Toutefois le progrès même de la prospérité publique, le développement de toutes nos industries, les grands travaux exécutés à Paris et dans les principales villes, en grossissant les centres urbains par l'afflux toujours croissant des populations rurales, accrurent dans des proportions inouïes c les classes ouvrières >. Elles avaient conscience de la

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