‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 48 sur 185 · I. L'instruction publique pendant la Révolution · texte numérisé non relu

I. L'instruction publique pendant la Révolution

Projets de la CkinTMillon. — La Révolution, dès son début, se préoccupa d'établir en France, sur un plan rationnel, un enseignement national. Les deux premières Assemblées n'eurent le temps de rien fonder : TAiLETBAin) a^ait pourtant préparé, au nom du Comité de ConstitiLHanf an rapport adressé à la Constituante ; condqrget, au nom du Comité d'instruction publique, avait présenté à la Législative un plan comprenant des écoles de tout ordre.

La Convention entendit également le rapport de Romme sur un plan d'études, celui de Rabaud Saint-Ëtienne sur les fêtes publiques, qu'elle considérait comme un moyen d'éducation nationale et républicaine, celui d'Arbogast sur les livres élémentaires, celui de Bancal sur les écoles pri" maires et les écoles centrales,

La Convention, avant d'être une grande créatrice, avait été une grande destructrice : elle prononça la réunion au domaine des biens de toutes les corporations scientifiques ou enseignantes, et supprima celles-ci : elle se proposait de doter sur le budget ses nouvelles créations, mais la pénurie du Trésor faillit tout compromettre.

io Enseignement primaire. — Pour l'enseignement primaire ^, qu'il semblait le plus urgent de constituer, puis-

1. On sait qu'il y a lieu de distinguer en France trois ordres d'enseignement : Venseignement primaire^ pour les notions tout à fait élémentaires :

1789-1814. — l'instruction publique 163

qu'il s'adresse à la masse de citoyens, la Convention disenta successivement plusieurs projets : celui de barèbe, «vaut la chute de la Gironde ; celui de Roxm S et celui de BOuauiBR ^, à l'époque de la plus grande puissance des Jaco- , bins; celui de lakanâl, 3, après la chute de Robespierre.

Les plus démocratiques étaient ceux de Romme et de Bouquier. Le premier décidait qu'il y aurait au moins une école par commune de 400 habitants ; il divisait les écoles primaires en trois catégories et dressait pour chaque catégorie des programes rationnels et complets, peut-être trop complets ^. Le second établissait que l'enseignement serait obligatoire et gratuit.

Pour constituer dans toutes les communes de France un enseignement primaire, surtout obligatoire et gratuit, il aurait fallu disposer de beaucoup de temps, de beaucoup d'argent, d'un nombreux personnel. En effet, on n'a pas le droit de décréter que l'enseignement sera obligatoire si Ton n'est pas en mesure de mettre à la disposition des enfants une école et un instituteur; il n'est pas possible d'établir la gratuité si l'on n'a pas les fonds nécessaires pour assurer au personnel enseignant le traitement qui doit lui tenir lieu de la rétribution scolaire. Or, pour créer peut-être cinquante mille écoles, trouver soixante ou quatrevingt mille instituteurs et institutrices, s'assurer de leur capacité, leur constituer un traitement et un logement suffisants, l'argent et le temps manquèrent à la Convention.

Elle-même, dans sa dernière loi, celle de brumaire an IV •, inspirée par daunou, renonce au principe de l'obligation et de la gratuité, renonce à créer une école par

il 8e donne aujourd'hui dans les écoles primaires et les écoles primaires supérieures; V enseignement secondaire ^ qui prépare aux carrières dites libérales, et qui se donne aujourd'hui dans les lycées et collèges; Venseigne" ment stqiérieur^ destiné à former une élite, et qui se donne aujourd'hui daoc les facultés, dans les établissements scientifiques (tels que le Collège de France, le Muséum, etc.) et dans certaines écoles spéciales (comme l'Ecole normale, l'École polytechnique, etc.).

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