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brumaire an IV — 25 octobre

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commune et même par mille habitants, renonce à assnrer nn traitement fixe anx instituteurs (il avait d'abord été question de 1200 livres, puis de 900 livres), renonce aux vastes programmes qu'elle avait rêvés. Elle se borne à demander qu'on enseigne à Ure, à écrire et à compter.

Toutefois, c'est la gloire de la Convention d'avoir eu pour Finstruction populaire, pour le bien-être des maîtres, pour les programmes d'enseignement, de hautes ambitions. L'idéal qu'elle se proposait était trop élevé pour les ressources dont on disposait alors : jusqu'à la République actuelle, aucun des gouvernements qui ont succédé à la Convention, et qui jouirent de ressources et d'une tranquillité qu'elle n'a pas connues, n'ont tenté de réaliser ses plans. Quoiqu'elle ait échoué dans sa tâche, elle a marqué le but à atteindre et posé les principes.

H^ Enseignement «ecoBilnire s les éeoles eentrales. — La Convention a créé les écoles centrales^ destinées à remplacer les anciens collèges, à raison d'une par département. A Paris, il y en eut trois : celle du Panthéon (aujourd'hui lycée Henri IV), celle de la rue Saint- Antoine (aujourd'hui lycée Charlemagne), celle des Quatre-Nations, alors installée au Palais -Mazarin. Ce qui paractérisait le npuvel enseignement^ c'était la place qu'on y avait faite aux mathématiques, à la physique, à la chimie, au dessin, et aussi à la philosophie, à l'histoire, à la législation, à la grammaire comparée. C'était un grand progrès sur les enseignements précédents, presque entièrement consacrés aux lettres et aux langues anciennes. Malheureusement, beaucoup de ces écoles végétèrent : on en avait confié la surveillance aux autorités départementales, qui manquaient de zèle ou de compétence; les professeurs n'étaient pas assez nombreux ou assez capables ; les élèves, laissés libres de choisir les cours qu'ils entendaient suivre et n'ayant à redouter aucun examen qui contrôlât leurs études, négligeaient des parties essentielles de l'enseignement. Les écoles centrales qui réussirent le mieux furent les trois écoles de Paris, et celles de Besançon, Toulouse, Montpellier.

30 Enseis^nement snpérienr. — Dans l'enseignement supérieur, la Convention n'eut pas le temps de prépare* une organisation d'ensemble : il y eut alors deux écoles de

droit, à Paris *, et trois écoles de santé, à Paris, Montpellier et Strasbourg, où se trouvèrent réunis, pour la première fois, les médecins, les chirurgiens, les chirurgiens militaires et les apothicaires, devenus les pharmaciens.

L'œuvre capitale de la Convention, pour l'enseignement supérieur, fut la création de nos grandes écoles spéciales et de nos grands établissements scientifiques et artistiques.

4« Créations scientifiqness llltérairesy artlstlqoes. — La Convention a créé : ï^ TÉcole normifle ^, inaugurée en 1794, pour le recrutement des maîtres. Elle comprenait alors 1200 élèves, qui n'étaient pas astreints à rinternat. Elle comptait parmi ses professeurs les hommes les plus éminents de Tépoque : Lagrange, Laplace, Monge, pour les mathématiques ; Haûy, pour la physique ; Daubenton, pour l'histoire naturelle; Berthollet, pour la chimie; Thouin, pour l'agriculture; Volney, pour l'histoire; Bernardin de Saint- Pierre, pour la morale; Laharpe, pour la littérature; Sicard, pour la grammaire générale; Garât, pour l'analyse de l'entendement ; Vandermonde, pour l'économie politique ; Buache pour la géographie. Les élèves devaient être choisis par les municipalités à raison d'un par SQlb 000 habitants : c'était une sorte de conscription. Les seules conditions requises étaient d'avoir au moins vingt et un ans, et de « réunir à des lumières un patriotisme éprouvé et des mœurs irréprochables ». Les instituteurs ou professeurs de l'École « leur apprendront d'abord à appliquer à renseignement de la lecture, de l'écriture, des premiers éléments du calcul... les méthodes tracées dans les livres élémentaires adoptés par la Convention et publiés par ses ordres ». En réalité, l'Ecole normale de 1794 était destinée à former des instituteurs, et non des professeurs.

2® VÉcole centrale des travaux publics, constituée par décret de 1794 ', est devenue bientôt après l'École poly-

1. C'étaient deux écoles libres : Y Académie de législation^ rae de Vendôme, et V Université de jurisprudence^ dans Tancien collège d*Harcoart, rae Laharpe.

2. Créée par décret da 9 brumaire an III — 30 octobre 1794, organisée par décret da 8 décembre 1794.

3. 7 vendémiaire an III — 2 octobre 1794. — L'école comprenait alors 4(X> élève? ; les études duraient trois ans ; on y entrait après des examens passes dans 82 nlles désignées; l'instraction était gratuite» et les élèves

technique. Trois des comités de la GonTention, ceux de Salut public, d'Instruction et des Travaux publics, s'entendirent pour la constituer. Elle compta parmi ses fondateurs Lamblardie, Monge, Fourcroy, Lagrange. Elle eut pour professeurs ces trois derniers, plus Prony, Berthollet, Gbaptal, Vauquelin, Guyton de Morveau.

3* Le Jardin du Roi fut transformé, par décret de 1793 (10 juin), en Muséum d'histoire naturelle : Geoffroy Saint-Hilaire y ouvrit, en 4794, notre premier cours de zoologie, il y eut pour collègues Brongniart, Guvier, Jussieu, Lacèpède, Lamarck.

4° V École spéciale des langues orientales, « d'une utilité reconnue pour la politique et le commerce », fut fondée en mars 1795. Langlès y enseignait le persan et le malais, Silvestre de Sacy l'arabe littéraire et l'arabe vulgaire, Venture le turc et le tatar, MiUin l'archéologie et (sous le Directoire) d'Anse de Yilloison le grec moderne.

5<* Le Bureau des longitudes fut créé, en juin 1795, pour les études d'astronomie nécessaires à la navigation.

6° Le Conservatoire des arts et métiers, fondé en octobre 1794, est resté notre école supérieure d'industrie.

7° Le Musée du Louvre, en juillet 1793, fut formé des tableaux recueillis dans les palais royaux, bientôt enrichi des tableaux conquis en Hollande et en Italie, et destiné à faire l'éducation artistique du peuple.

8<^ La Bibliothèque nationale eut pour premier noyau l'ancienne Bibliothèque du Roi : la loi de 4793 sur le dépôt légal Va, enrichie de toutes les publications imprimées en France.

9^ Dans les Archives nationales fondées en 1794, vinrent se ^centraliser tous les documents anciens dispersés dans les châteaux et les monastères et que la Gonvention, sur la proposition de Grégoire, avait interdit de détruire.

10<> Le Musée des monuments français, formé en février 1793, réunit les morceaux de sculpture et les fragments les plus précieux de l'ancienne architecture du

avaient 1200 francs de pension. On installa l'école an Palais-Bourbon, appelé alors Maison de la Rérolution. On y disposa 40 salles et on établit, dans une maison oontigué, un amphithéâtre pour 400 auditeuft.

moyen âge. La Convention avait interdit de mutiler les anciens monuments « sous prétexte d'en faire disparaître les insignes de la féodalité et de la royauté ». Cest im gouvernement révolutionnaire qui a eu l'idée de recueillir pieusement ces précieux restes du passé : c'est la monarchie légitime, sous la Restauration, qui a dispersé ce musée.

11® Le Conservatoire national de musique, ouvert en novembre 1793, réunissait 600 élèves et comptait parmi ses professems Gosscc, Grétry, Méhul, Lesueur, Cherubini.

12° Le Musée d'artillerie fut organisé par Pétiet, en juillet 17^5, et installé d'abord à Saint-Thomas d'Aquin, sons la surveillance du Comité d'artillerie.

C'est la Convention qui a convoqué le premier jur§ national des beaux-arts. Même au milieu des dangers mortels de l'invasion étrangère et de la guerre civile, elle organisait des expositions de peinture.

La Convention donna une organisation nouvelle à des établissements déjà existants :

1° Elle rétablit en 1795 VÊcole des mines, fondée en 1783, supprimée en 1790.

2° Elle réorganisa VÊcole des ponts et chaussées,

3° La Constituante avait créé 34 écoles de navigation pour l'instruction de notre marine ; la Convention en créa deux nouvelles ; elle fonda trois écoles spéciales d*aspirants dans les ports de Brest, Toulon, Rochefort. C'est l'origine de notre École navale.

4° La Convention, pour le recrutement des officiers de l'armée de terre, établit au camp des Sablons YÉcok de Mars, qui ne dura que cinq mois.

5* Elle transféra à Metz VÉcole du génie, réorganisée par la Constituante. C'est aujourd'hui VÉcole d'application de Fontainebleau, pour le génie et l'artillerie.

6<» Elle réorganisa, en 1795, le Collège de France, fondé par François I«', et qui a pour mission d'enseigner les sciences et les langues qui n'ont pas encore trouvé place dans le programme des facultés.

Il est nn homme, lakanal, dont le nom est associé aux principales réformes de la Convention : c'est lui qui fit voter la dernière loi de cette assemblée sur les écoles pri-

maires, présida à Torganisatioa des écoles centrales, à celle de l'Ecole normale et du Muséum. Il fut un des premiers membres de l'Institut. Son caractère était à la hauteur de son iutelligence. Il refusa de reconnaître le coup d*État, fut éliminé de llnstitut et n'eut d'autre moyen d^existence que son traitement de professeur à Técole centrale du faubourg Saint- Antoine (lycée Gharlemagne). Sa devise était : « Un peuple ignorant ne peut être libre. »

50 L'Institut de France. ~ Au sommet de ce magnifique ensemble d'écoles et d'enseignements, comme pour résumer tout le mouvement scientifique et artistique du siècle, fut placé V Institut national, en octobre 1795. Déjà, sous la Constituante, Mirabeau avait proposé de supprimer les anciennes Académies, a ces écoles de servilité et de mensonge ». L'Académie française, qui comptait dix de ses membres dans l'émigration, fut, en effet, dissoute; les autres Académies furent réorganisées sur un plan rationnel et devinrent des classes de llnstitut. La première classe était celle des sciences physiques et mathématiques (ancienne Académie des sciences); la seconde, celle des sciences morales et politiqiteSf véritable création de la Convention, était consacrée aux sciences nouvelles, à la philosophie, à la morale, à la législation, à l'économie politique, à l'histoire; la troisième classe était celle de littéi*ature et beaux-arts (anciennes Académie française, Académie des inscriptions et belles-lettres, Académie de peinture et de sculpture. Académie d'architecture).

Le nouvel Institut fut installé au Louvre en 1796. Plus tard, on le transféra aux Quatre-Nations (quai Voltaire).

iïsoasle Directoire. — Le Directoire n'a rien ajouté aux créations de la Convention. U prescrivit en 1797 de surseoir à ia vente de tous les édifices autrefois consacrés à l'enseignement. U exigea de tous les citoyens qui solliciteraient une fonction publique la preuve qu'ils avaient étudié dans une des écoles de la République, et, s'ils étaient pères de famille, qulis faisaient instruire leurs enfants.

£n 1798, François de Neufchàteau, ministre de l'intérieur, créa un Conseil da rinstruction publique, origine dç notre Comdl supérieur.

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n. L'Instruction publique sous Napoléon.

Fondation de r Université. — Napoléon, par la loi de 1806, décide qu'il sera formé un corps « chargé exclu^ sivement de renseignement et de l'éducation publique dans tout TEmpire » : c'est l'Université impériale. Les décrets de 1808 en règlent Torganisation et la discipline. A la tête de l'Université, il y a un grand maître, assisté d'un Conseil de V Université. La France est divisée en académies^ à la tête de chacune desquelles il y a un recteur^ assisté d'un ou plusieurs inspecteurs d'académie et d'un conseil académique y tous nommés par le grand maître.

L'Université comprend : i^ des facultés, « pour les sciences approfondies et pour la collation des grades » ; 2o des lycées; d^ des collèges; 4<» des institutions particulières, dont l'enseignement se rapproche de celui des collèges; 5^ des pensions ou pensionnats d'un ordre moins élevé; 6° des petites écoles; c'est le nom qui remplace l'appellation, jugée alors trop révolutionnaire, d'écoles primaires.

Tous ces établissements prendront pour base de leur enseignement : u i^ les préceptes de la religion catholique; 2^ la fidélité à l'Empereur, à la monarchie impériale, dépositaire du bonheur des peuples, à la dynastie napoléonienne, conservatrice de la France et de toutes les idées libérales proclamées par les Constitutions impériales ». Le grand maître prête serment à l'Empereur; il s'engage à former « des citoyens attachés à leur religion, à leur prince, à leur patrie, à leurs parents ».

Nul ne peut enseigner s'il n'est membre de l'Université ou s'il ne se soumet à ses règlements et à ses principes : c'est ce qu'on appelle le monopole de l'Université.

Les instituteurs primaires n'appartiennent que nominalement à l'Université, car ils dépendent, avant tout, de la hiérarchie administrative : maires, sous-préfets, préfets.

Le premier grand maître de VUniversité fut M. de Fontanes, qui se distingua surtout par ses apologies, en beau style académique, du génie de l'Empereur.

f 0 Enseiij^nement primaire. — Sous le Directoire, l'argent avait toujours manqué pour créer des écoles : les

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communes, qae TÉtat avait chargées du traitement des instituteurs, ne les payaient pas ou les payaient mal ^.

Napoléon abandonne la nomination des instituteurs aux maires et aux conseils municipaux. Les communes ne doivent aux inajtres que le logement. Leur traitement est constitué par la faible rétribution que payent les élèves. L'État n'alloue aucuns fonds pour ce service. Tout le budget de l'instruction primaire consiste en une somme de 4250 francs que l'Empereur attribue au noviciat des écoles chrétiennes. En 1810, Fontanes approuve les statuts de ces écoles : leurs maîtres doivent être brevetés de l'Université et leurs supérieurs peuvent en être membres. L'enseignement leur est livré presque entièrement. L'instruction se réduit alors à la lecture, à l'écriture, au calcul, au catéchisme ; les châtiments corporels et les punitions humiliantes, que la Convention avait voulu interdire, reparaissent.

Le décret de 1808 avait prescrit la création d'écoles normales auprès de chaque académie, à l'intérieur des lycées et collèges ; mais il ne s'en fonda alors qu'une seule, celle du Bas-Rhin (1811), sous le préfet lezat-mabnésia.

fto Enseis^emeiftt secondaire i les lycées et ceUè^pes* — L'enseignement des lycées et collèges, qui ont remplacé les écoles centrales, est un retour au passé : les études scientifiques cèdent de nouveau le pas aux belles-lettres et aux langues anciennes, enseignées suivant la méthode mise en honneur, au xvi« siècle, par les jésuites. Le régime intérieur de ces établissements tient à la fois du couvent et de la caserne : les proviseurs, censeurs, principaux doivent être célibataires ; les élèves sont astreints à l'uniforme, à une

1. Un document curieux donnera une idée des obstacles qu'opposaient & la diffusion de l'instruction les préjugés et la routine.

Le 9 thermidor 1795, 42 habitants de Saint-Léger-de-Foogères (Nièvre) adressent à la Convention nationale une pétition dont voici un extrait : « Citoyens représentants... Les écoles primaires sont des établissements très coûteux à la République. Elles sont inutiles dans nos campagnes par Vivor possibilité où nous sommes de nous passer de nos enfants ou de les envoyer à une école distante de nos domiciles souvent de plus d'une lieue. Nous n'avons pas besoin d'avocats à la charrue, et, pour labourer, il nous est inutUe de savoir lire et écrire... Nous n'avons vu disparaître de nos campagnes la bonne foi et l'union que lorsqu'on a voulu nous rendre savants et philosophes. » Suivent 9 signatures, dont la plupart sont informes. La pièce se termine par cette mention : « Les autres pétitionnaires ne savent ligner. » (Document inédit communiqué par M. Qazier.)

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discipline toute mécanique et militaire, et règlent tous leurs mouvements sur le tambour. Le lycée ou le collège est, avant tout, l'apprentissage du régiment.

3* Ensei^f^ement snpérienr : les facultés. — Napoléon porte à neuf, pour toute la France, le nombre des facultés de droit. Il transforme les « écoles de santé » de la Convention en facultés de médecine^ au npmbre de trois, n crée les facultés de théologie catholiqtAes, au nombre de neuf, et deux facultés de théologie protestantes, une à Strasbourg pour la confession d'Augsbourg, l'autre à Montauban pour la confession de Genève : plus une à Genève, alors que cette ville était française. Enfin il institue les facultés de lettres et de sciences, chargées de faire des cours publics et de conférer le baccalauréat et les autres grades universitaires.

Les facultés de lettres et de sciences n'ont pas encore de personnel à elles : elles se composent de professeurs empruntés au lycée de la ville où elles sont établies : son proviseur et son censeur en font nécessairement partie. A Paris, la faculté des sciences est formée par des professeurs du Collège de France, du Muséum, de TÉcole polytechnique et de deux professeurs des lycées; la faculté des lettres est formée par des professeurs du Collège de France ou des lycées.' Dans chaque faculté, un des professeurs porte le titre de doyen,

4« Réformes et créations diverses. — L'École normale de la Convention devient le Pensionnat normal : les élèves, très réduits de nombre, sont astreints à l'internat et suivent les cours du Collège de France, du Muséum et de l'École polytechnique. Ils n'ont pas de professeurs spéciaux.

L'École polytechnique, en 1804, fut également astreinte à l'internat. Elle fut soumise au régime militaire. Elle occupait déjà l'ancien Collège de Navarre.

Napoléon, dans ses guerres continuelles, faiseiit une consommation effrayante d'officiers. Un de ses premiers soins, comme Premier consul, avait été de fonder une École militaire, établie d'abord à Fontainebleau, puis transférée à Saint-Cyr, sa résidence définitive *.

1. Cest cette école qui a donné à la France 5 maréchaux, 289 gênéranx de division et 404 généraux de brigade. — Dès le début de l'école avaient commencé les brimades, rudes et grossières comme les. mœurs du

L*ancien couvent du Yal-de-Grâce devient notre grand hôpital militaire et un centre d'études pour la chirurgie et la médecine des armées.

So L'iDStHut de France matilé. — Napoléon porta la main sur l'Institut de la Convention, dont il avait été membre. £n 1803, il supprima la classe des sciences morales et politiques, auxquelles il appliquait dédaigneusement le nom d'idéologie, mais qui lui semblaient dangereuses pour le pouvoir absolu. Par la suppression de cette classe, des hommes éminents qui s'étaient distingués dans la politique ou dans la science, Sieyès, Merlin de Douai, Lakanal, Garât, etc., se trouvèrent éliminés de Tlnstitut.

temps. « On suspendait, nous raconte Thistorien de l'école, 1m malheureux conscrits au plafond dans des sacs à distribution ; on leur volait leurs fou> ohettes pour les empêcher de manger ; on les faisait aller à Vezercice ^a tète nue en cachant leur bonnet de police, et mille autres vexations qui devaient former le caractère des nouveaux venus et leur apprendre à obéir avant de pouvoir commander. Cette manie de tourmenter les conscrits devenait une véritable rage quand le nouvel arrivé recevait pour numéro matricule le numéro 1000 ou un de ses multiples. A Fontainebleau, le malheureux qui entra et prit le numéro 2000 fut jeté par les fenêtres. Pourquoi? Parce qu'il était trop conscrit! » Cette belle raison avait tant de poids qu'on fut obligé plus tard de faire accompagner plusieurs jours, partout où il allait, l'élève qui entra avec le numéro 3000.

« Naturellement, parmi cette bouillante jeunesse, le point d*honnenr était porté à un degré extraordinaire, et les duels furent nombreux... Une parole imprudente de Napoléon, lors d'une de ses visites à TÉcole, ne fit qu'accroître cette fureur. L'Empereur demanda s'il y avait des duels. — Je voadrais bien voir qu'on se battit à l'École ! s'exclama le général baron Bellavène. — ' De mon temps, à Brîenne, nous nous battions, ajouta l'Empereur. Cette parole, tombant de la bouche de celui qu'ils considéraient comme un demi-dieu, fut recueillie comme un encouragement tacite par les élèves, qui se battirent de plus belle, prenant, pour suppléer aux armes qu'on leur enlevait, des baguettes de fusil préalablement aiguisées. »

Ouvrages a consulter. — Buisson, Dictionnaire pédagogique., articles Constituante, Convention, France, etc. — J. Guillaume, Procèsverbaux du Comité d'Inst. publ. à la Convention. — Compayré, ffisi. critique des doctrines d'éducation en France. — Issuurat, La pédagogie, son évolution et son histoire. — A. Babeau, L'école de village pendant la Révol. — Hippeau, Vinst.

primaire en France pendant la Révol.

— A Duruy, L'inst. publique et la Révol. — Despois, Le Vandalisme révolutionnaire, fondations de la Convention. — L. Courajod. A. Le-

noir et le musée des monuments français. — (Dupuy), L'École normale supérieure. — Fourcy; G. Pinet, Sist. de l'Ecole polytechnique, — Un ancien Saint-Cyrien, liist. de l'école de Saint-Cyr. — Th. Lavallée, Ilist. de la maison royale de Saint-Cyr. — De Franqueville. Le premier siècle de l'Institut. — L. Aucoo,^ L'Institut. — P. Mesnard, ffist.

de l'Académie française. — J. Bertrand, LAcadémie des Sciences. — Maindron, L'Académie des sciences, — Deleuze, Hist. du Muséum. — Liard, L'enseignement supérieur en France,

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