VIII PRÉFACE
L'histoire contemporaine, sans doute, ne se sépare point de la politique; mais la politique même n'est pas uniquement, comme certains semblent le croire, affaire d'opinion, de préjugés, de passion et de nerfs. Bien comprise, elle est une science; elle fait môme partie des sciences dites expénmentales', à ce titre, elle comporte, comme elles, des conclusions encore incertaines, des hypothèses; mais elle doit aboutir, si on la traite avec un esprit Vraiment scientifique, à des lois aussi certaines que celles de la physique, de la chimie ou de la physiologie.
Ceux qui, en politique, s'emportent à des conclusions hâtives et violentes prouvent simplement qu'ils n'ont pas observé ou pas observé avec assez de patience, ni tenu assez compte des observations et des expériences accumulées par leurs devanciers, c'est-à-dire des enseignements de l'histoire.
Ou bien ils ont cru pouvoir appliquer à la politique une méthode qui n'est applicable qu'aux sciences mathématiques; au lieu d'observer, ils ont posé des axiomes, vrais ou faux, tiré des déductions plus ou moins logiques et abouti à des conclusions qui ne sont exactes que sur le papier; oubliant que, suivant le mot de l'impératrice Catherine II, « le papier souffre tout, mais que la peau humaine est autrement sensible ».
En politique, Tardeur des passions est en raison inverse de l'éducation scientifique. Les violents sont presque toujours les ignorants. Autrement verrionsnous tous les jours se produire des systèmes qu'on nous présente comme nouveaux, mais qui sont»