I. L'architecture, la sculpture
Caractère classique. — Pendant la Révolution, on a peu construit : on n'avait ni le temps ni les ressources nécessaires. C'est sous l'Empire que les tendances artistiques communes à toute la période de 1789 à 1814 ont pu se manifester par des œuvres. Ces tendances sont avant tout classiques. Si l'on connaissait encore mal les monuments de la Grèce, on avait étudié avec soin les débris de l'art romain et gréco-italien à Rome, à Pompéi et Herculanum, à Paestum, dont le magnifique temple à colonnade dorique était un but de pèlerinage pour nos architectes. Aussi, tout est romain chez nous : l'église Sainte-Geneviève, de Soufflet, est devenue le Panthéon, ouvert aux mânes des grands hommes; celle des Invalides est devenue le Temple de Mars; Napoléon commencera un Temple de la Gloire. On demand-era à Tantiquité romaine des modèles d'arcs et de colonnes triomphales.
Caractère de g^randeur i vastes projets de Napoléon. — On vise au colossal * : on rêve de monuments prodigieux
I. Le goût du colossal était aussi bien celui de la Révolution que celui de TEropire ; le décret de la Convention du 15 novembre 1795 porte :
Art. I*'. — Le peuple a triomphé de la tyrannie et de la superstition. Un monument en consacrera le souvenir.