‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 55 sur 185 · III. La musique · texte numérisé non relu

III. La musique

Les eompositeiirs de la ^énératloii préeédenCe. —

Grétry, Devienne, Dezède, Deshayes, Dalayrac, terminaient leur carrière et continuaient, dans l'opéra-comique, les traditions de notre théâtre du xviu« siècle, régénéré sous rinfluence des Italiens et sous celle de Mozart.

Le génie de grétrt avait donné tout ce qu'il pouvait dans « Richard Cœur de Lion » (1785). Quand Gluck, Méhul, Gherubini introduisirent chez nous une harmonie plus savante et une instrumentation plus puissante, Grétry essaya de se hausser à la musique nouvelle. Dans » Pierre le Grand », « Lisbeth », « Guillaume Tell », « Élisca t>y il perdit quelques-uns de ses mérites sans acquérir ceux de ses rivaux. Ce compositeur, dont les royalistes avaient pris pour chant de ralliement les airs de « Richard Cœur de Lion », écrivit des pièces patriotiques : « la Rosière républicaine » (1793), « Callias », « Denys le Tyran » (1794), « Joseph Barra », et l'Hymne pour la plantation des arbres de liberté. Il avait collaboré, en 1793, à la musique du « Congrès des Rois », avec Dalayrac, Méhul, Gherubini, Deshayes, Devienne, etc.

DEVIENNE, qui est mort fou en 1809, avait écrit la musique des « Visitandines » (1792) et « les Comédiens ambulants » (1798).

DEZÈDE était mort en 1792. deshates donna un « Mariage patriotique (1793). dalayrac fit exécuter, en 1789, « Raoul sire de Créqui et Fanchette » ; puis « la Soirée orageuse », « Vert-Vert », « Philippe et Georgette », « Camille ou le Souterrain », « Roméo et Juliette », « Gulnare » (1798), où il y a une jolie romance, « Léon ou le Château de Montenero » (1799), bref, une vingtaine d'opéras comiques. Il

paya son tribut à la Révolution par « le Chêne patriotique ou la Matinée du 14 juillet « (1790) et par V « Hymne à la Liberté » (1792), paroles de Gyrey-Dupré *.

Cet hymne, d*après le titre gravé sur Tédition originale, avait été chanté « avant le 10 août 1792 par les patriotes qui conspiraient pour la République pendant que le comité autrichien conspirait aux Tuileries pour le despotisme ». L'air en avait été emprunté par Dalayrac à son opéra de « Renaud d'Ast » (1787) : aussi, en dépit des paroles, n*a-t-il pas un caractère très militaire.

Dalayrac traita en opéra le même sujet que Gossec : « la Reprise de Toulon ». Républicain peu farouche, il reçut de Napoléon la croix de Légion d'honneur. Sous l'Empire, quoique la science de la composition, sous Tinfluence italienne, eût fait de grands progrès, il eut encore de belles journées : « Maison à vendre » (1800), « Gulistan ou la Halle de Samarcande » (1805), opéra tiré des Mille et une Nuits, « Lina ou le Mystère » (1807), « Koulouf ou les Chinois », « le Poète et le Musicien », sa dernière pièce, dont le labeur hâta sa mort (1809).

Les compositeurs de la génération révolutionnaire. — Une nouvelle transformation allait s'opérer dans l'art, et amener en vue des hommes nouveaux. La musique subit l'empreinte de la Révolution aussi bien que les arts plastiques. D'abord celle-ci lui permit de créer un genre inconnu : les chants nationaux et patriotiques. Puis, en décrétant la liberté des théâtres, elle ouvrit la carrière à des talents ignorés et permit de créer des formes inédites de l'art. Enfin, elle contribua à imprimer à la musique des hymnes et des opéras un caractère plus classique, plus fier, des accents plus énergiques et plus mâles : elle dé* veloppa la grande déclamation lyrique.

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