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En 1831, il devint professeur à la Faculté de Paris

4. Voir notre Bist. de la Civilisation française, tome II, page 498.

mand Auenbrugger sur cette méthode, qu'il employait d'ailleurs concurremment avec celle de ïauscuîtation *.

Le Breton laënneg avait commencé par être médeciu militaire dans les campagnes contre les chouans du Morbihan. Il s'occupa des maladies des organes pectoraux, telles que ranévrysme, les tubercules, et des maladies des organes abdominaux, telles que la péritonite. Il perfeotionna la méthode d'auscultation en inventant le stéthoscope, une sorte de cornet acoustique qu'on applique sur la poitrine du sujet et qui permet d*entendre tous les mouvements des organes et de reconnaître ainsi les altérations qu'ils ont pu subir. C'est un jeu d'enfants qui lui aurait suggéré l'idée de cette invention. Laênnec put dès lors établir avec précision les différentes phases d'évolution dans les affections pulmonaires.

.BATLE fut d'abord théologien, puis légiste, puis médecin militaire : en 1805, il fut nommé médecin à la Charité. Ses principaux travaux ont porté sur les tubercules des poumons (1803) et sur la phtisie pulmonaire (1810). Longtemps après sa mort (1816), on publia ses « Recherches sur les maladies cancéreuses ».

Les écrits de portai ont porté sur la rage (1779), la phtisie pulmonaire (1792), le rachitisme (1797), la petite vérole (1799), l'apoplexie (1811), les maladies du foie (1813), et sur ce qu'il appelle les maladies de famille (1808).

THOUBET est surtout célèbre pour avoir introduit en France (1801) la pratique de la vaccination, inventée par Jenner, et pour avoir, de concert avec La Rochefoucauld-Liancourt, formé des comités destinés à propager et vulgariser les mesures de préservation.

HALLE, qui fut professeur en 1795 à Y École de santé de Paris, s'occupa aussi de propager la vaccine. Il est le créateur, en France, de l'enseignement de l'hygiène, sur laquelle il publia, en 1806, un traité de premier ordre.

MARC, qui fut plus tard médecin de Louis-Philippe, peut être considéré comme le fondateur, en France, de la méde^ eine légale, celle qui met à la disposition de la justice les ressources de la science pour la recherche des crimes.

1. Il loi a oBoor* préoonliée» dam ton dernier ottrrage, pablié a» 1848«

Pratiquée, depuis le xvp siècle, devant les tribunaux dltalie et d'Allemagne, elle était restée à peu près inconnue en France, avant la publication, en 1795, du livre de Marc sur les poisons considérés au point de vue judiciaire.

En Angleterre, dalton (1798) et Toima (1807) constataient et définissaient cette affection de la rétine qui consiste en une perversion du sens des couleurs et qu'on a appelée le daltonisme.

Psychiatrie. — Une branche importante de la science, c'est la psychiatrie (médecine de l'àme), qui a surtout pour objet les maladies mentales. Elle avait été pratiquée dans l'antiquité, puis oubliée au moyen âge. C'est depuis la Renaissance surtout qu'on s'était montré dur pour les aliénés; dans beaucoup d'hospices, les médecins dédaignaient de s'en occuper, les abandonnant aux soins plus ou moins éclairés des moines. Les malades tranquilles étaient livrés à eux-mêmes ; les malades agités étaient cruellement traités : on les chargeait de chaînes, on les enfermait dans des prisons, dans des cachots, dans des cabanons^ dont on montre encore un à la Salpêtrière. On les laissait dans la malpropreté, les privations, la misère la plus affreuse. On cherchait à dompter à force de coups la révolte de leur système nerveux que détraquait la folie. « On aurait dit autant de criminels voués d'avance aux supplices de l'enfer. » Les Anglais ont eu l'honneur de précéder toutes les nations dans une méthode plus humaine de traitement. Os avaient, depuis io47, l'asile de Bedlam; depuis 1751, l'hospice Saint -Lucas à Londres*. La Grande-Bretagne possédait aussi de nombreux établissements privés. A Paris, nous avions Bicêtre et la Salpêtrière, où les fous étaient confondus avec les criminels et les vagabonds ', et où les vieilles et barbares pratiques étaient encore en vigueur.

En 1791, l'Académie de médecine mit au concours ce sujet : « Des moyens les plus efficaces de traiter les ma-

1. Il est vrai qu'encore en 1770 on montrait les fous furieux pour de l'argent et qu'on laissait les autres mendier auprès des visiteurs.

2. L'ancien point de vue sur les maladies mentales était encore si accrédité, que le Code pénal de 1810, article 475, confond dans un môme article répressif tous ceux qui laissent divaguer « des insensés ou furieux, ou des animaux malfaisants ou féroces ».

lades dont l'esprit est deyenu aliéné ». Le lauréat de ce concours fut pinel. n est le premier chez nous qui ait étudié méthodiquement les maladies mentales, collectionné les cas, dressé des tableaux des causes et des effets. Il arriva ainsi à cette conviction que, dans beaucoup de cas, « la manie est une maladie passagère, qui se guérit, comme la fièvre, pour peu qu'on ne la trouble pas dans sa marche ». Nommé médecin, en 1792,* de Bicêtre, en 1794, de la Salpétrière, il obtint que les aliénés fussent séparés des criminels. Au grand étonnement du rude conventionnel Gouthon, il osa se rendre au milieu des aliénés les plus dangereux, fit tomber leurs chaînes, interdit aux gardiens tout mauvais trsdtement en actes ou en paroles, et, par la douceur, obtint des résultats surprenants.

Pinel a publié la « Nosographie philosophique » (1789), qui a eu cinq éditions en vingt ans et a été traduite trois fois en allemand, le « Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale » (1801), et la « Médecine clinique de la Salpétrière» (1802).

Il eut, en 1811, pour successeur dans cet établissement BSQniROL, qui a comme lui bien mérité de l'humanité. C'est lui qui, en 1817, créera la première clinique psychiatrique. Tous ses travaux, jusqu'à 1838, ont eu pour objet les maladies mentales. Dès 1805 avait paru son livre « Des passions considérées comme causes, symptômes et moyens curatifs de la manie * ».

Chirurgie. ~ Les longues et sanglantes guerres de la Révolution et de l'Empire n'ont donné que trop d'occasions aux chirurgiens de se perfectionner. Non seulement ils avaient à relever sur les champs de bataille d'Essling, de Wagram, de la Moskova, de Leipzig, parfois 60 000 ou 100 000 blessés; mais, dans l'encombrement des ambulances et des hôpitaux, ils avaient à lutter contre cette suite des blessures plus meurtrière que les blessures ellesmêmes : la gangrène ou pourriture d'hôpital. Nos chirurgiens acquirent alors une habileté de main, une rapidité

1. Le premier, il distingaa ces maladies en cinq groupes principaux : mélancolie, on délire partiel sans excitation; numomanie, ou délire partiel avec excitation; manie, ou délire général; démence, ou folie proprement dite; idiotisme, ou aflGûssement des facultés.

d*exêcution merveilleuses ; peut-être furent-ils un peu trop enclins aux opérations radicales, le temps et les ressources leur manquant pour une chirurgie plus expectante et plus conserratrice. Ils avaient en Europe une grande renommée : rétablissement, en 1806, d'un concours pour les professeurs de chirurgie, malheureusement supprimé en 1810, avait donné une vive impulsion aux études.

Le xvni* siècle nous avait légué un chirurgien éminent : SABATiER, mort en 1811, qui fut médecin en chef des Invalides, qui publia, de 1796 à 1798, son fameux « Traité », et dont les disciples s'appelèrent Desault, Larrey, etc.

DESAULT, mort en 1795, fonda chez nous Y enseignement clinique chirurgical. Il fut le maître de Bichat, de Larrey, de Richerand. Sa principale œuvre, « les Maladies chirurgicales », est de 1789. Il excella surtout à traiter les anévrysmes, les luxations, les fractures. Il fut un des premiers à pratiquer rationnellement la ligature des vaisseaux,

Pierre lassus, mort en 1807, fut professeur à V École de Santé, puis chirurgien consultant de Napoléon. Son «Traité élémentaire de médecine opératoire » date de 1794.

FELLETAN, renommé par son éloquence comme professeur, a publié, eu 1810, sa « Clinique chirurgicale ».

Dans la chirurgie civile, on doit encore citer François CHOPARI), mort en 1795, qui s'occupa surtout des lésions internes, et richerand, qui traita, en 1799, des fractures du fémur. Passons aux chirurgiens militaires.

BOTER, qui avait d'abord été apprenti barbier à Uzerches (Corrèze), devint professeur et chirurgien à l'Hôtel-Dieu, médecin en chef de la Charité, premier chirurgien de Napoléon, membre de l'Académie des Sciences. Son « Traité complet d'anatomie » commença à paraître en 1797, et son c Traité des maladies chirurgicales » en 1814.

PERCT, qui avait débuté en 1776 comme médecin militaire, qui suivit en cette qualité les campagnes de la République et de l'Empire, et dont Napoléon fit un baron, a contribué à organiser le service de secours aux armées. Chirurgien en chef dès 1792, il établit un bataillon de soldats d'ambulance et une compagnie de brancardiers. Plus tard, avec Larrey, il s'occupa d'organiser les ambulances mobiles. On lui doit le c Manuel du chirurgien d'armée >

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(1792), et la « Pyrotechnie chirurgicale » (1794), où il traite de remploi du feu dans les opérations.

HEURTELOUP, qui mouFut en 1812, chirurgien en chef des armées et baron de TEmpire, s'est signalé par un travail sur le tétanos (1792).

Le plus illustre des médecins militaires de l'époque, c'est LARRET (1766-1842). Son histoire, c'est presque celle des guerres de ce temps. En 1792, nous le trouvons aide-major à Tarmée du Rhin; puis chirurgien en Italie, en Egypte, en Espagne, en Allemagne. A la suite de la bataille de la Moskova, il lui faut exécuter de ses propres mains 200 amputations par jour. Après avoir fait vingt-cinq campagnes, il se retrouve encore à Waterloo, où il est blessé et pris par l'ennemi. L'empereur Napoléon, à Sainte-Hélène, lui fit, par testament, un legs important, comme à « l'homme le plus vertueux que j'aie rencontré ». Nul n'était plus digne d'avoir sa statue dans la cour du Val-de- Grâce, devenu notre grand hôpital militaire. La Restauration, après l'avoir mis en disgrâce, fut bien obligée d'avoir recours à ses services *. Nombreux sont ses ouvrages : « Mémoires sur les amputations des membres à la suite des coups de feu » (1797); « Relation historique et chirurgicale de l'armée d'Egypte » ; « Mémoires de chirurgie militaire » (1812-1817). Larrey, celte providence de nos soldats dans les grandes guerres de ce temps, s'est ingénié à perfectionner les instruments et les pansements. Une de ses plus heureuses innovations, c'est l'emploi de la méthode d'irrigation : grâce à un filet d'eau continu, il parvenait à faire cesser l'inflammation des plus cruelles blessures et à rendre parfois l'amputation inutile.

Déjà commençait la carrière de dupuytren, fils d'un pauvre avocat d'une bourgade de la Haute- Vienne. En 1801, il entrait comme professeur à l'École de médecine; en 1812, il succédait à Sabatier comme premier chirurgien à l'Hôtel-Dieu ; en 1803, il fonda la Société anatomique, qui ne tarda pas à se dissoudre, pour reparaître en 1826 Nous reviendrons plus loin sur ses travaux.

1. Larrey mourut en 18 i2 à la suite d'une inspection dans les hôpitaaz de l'Algérie. Il a encore laissé des travaux sur la fièvre jaane (18)21), une notice sur le choléra (1831)^ un grand travail avec atlas sur la clinique chi* rurgicale et une Relation médicale des campagnes de 1815 à 1840.

Celte période de Thistoire chirurgicale vit commencer ane série de curieuses tentatives. En 1800, lugas, médecin de Farmée des Indes, introduisit eu Europe ces opérations plastiques, que les Orientaux connaissaient depuis longtemps, et qui consistent à refaire avec la chair vive telle partie du visage. Lucas avait vu le sultan Tippo-Saëb faire couper un nez, et un médecin indigène recoller ce nez au patient et le faire reprendre; il avait vu aussi refaire des nez avec la peau empruntée au front. C'est ce procédé qu'il nous fit connaître sous le nom de rhinoplastie. Après lui, chopart refit des lèvres. Une autre opération plus hardie encore, c'est celle de la cransfusion du sang : elle fut pratiquée d'abord sur des animaux; mais, en 1792, TAnglais russell osa infuser du sang de mouton à un jeune homme atteint d*hydrophobie.

Pharmacie. — Dans la pharmacie, le plus grand nom de répoque, c'est celui du chimiste bouillon- lagrange, élève de Rouelle, médecin de l'impératrice Joséphine (1806) et directeur de TÉcole de pharmacie. U donna, de 1795 à 1813, plusieurs ouvrages très estimés.

En 1803, furent fondées les Écoles de pharmacie.

Outrages a consulter; — Hoefer, Bist, des mathématiques; Eist, de V astronomie^ Hist. de la physique et de la chimie; Hist. de la zoologie ; Hist. de la botanique et de la géologie. — Rapports de Delambre, Cavier, etc., sur les progrès des sciences (1808).

Faye, Thécffies cosmogoniques des anciens et des modernes. — Dumas, Leçons de philosophie chimique. — Garas, Hist. de la zoologie. — G.

Cuvier, Hist. des progrès aes sciences naturelles depuis i789 (1834).

Joseph Bertrand, V Académie des sciences et les académiciens de 1666 à 179S. — Maindron, L'Académie des idenees. — Biot, Essai sur l'histoire générale des sciences pendant la Révolution, — Monge, Description de Vart de fabriquer les canons (1793).

— Payen, article sur les sciences pendant la Révolution (Revue des Deux Mondes t 15 juin 1866).

Gb. Dupin, Essai hist. sur Gaspard Monge (1819). — Arago, Biographie de Monge et Biographie de Camot ; Hist. de ma jeunesse. — Lunel, Biog.

de F. Arago. — Flourens, Travaux

sur Biot, — Buisson, Précis sur Bicliat. — Cuvier, Eloges de Daubenton, Adanson, Ch. Bonnet, Bénédict de Saussure, Werner, Haiiy, BerthoUet, Lacépède, etc. — E. Grimaux, Lavoisier, 1743-1794.

Maxime Hélène, La poudre à canon et les nouveaux corps explosifs.

Daremberg, Hist. des sciences médicales, t. II. — Haeser, Hist. de la médecine (en allemand). — Cabanis, Coup d'oeil sur les révolutions de la médecine (1804). — F. Lenz, Hist.

des progrès de la médecine mentale.

— Rochard, Hist. de la chirurgie française au XI X'' siècle. - Sabatier, Recherches historiques sur la FacuUé de médecine.

E. Pariset, Hist. des membres de V Académie de médecine, — Cuvier, Eloges de Lassus, Tenon, Halle, Corvisart, Pinel. — Corvisart, Notice sur Bichat. — Dubois, Eloge de Droussais. — Lerov-Dupré, Larrey, chirurgien en chef de la Grande- Armée.

Chappe, Hist. de la télégraphie (1824). — J. Turgan, Les ballons ^

de Cuvier (1841). — Jaubert, JVotice I hist. de la locomotion aérienne.

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