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des lits de fer, mais toujours avec une infériorité à Tégard de l'Angleterre au point de vue de l'exécution, et de l'Allemagne au point de vue du bon marché.
Une des plus précieuses inventions de l'époque, c'est celle de la machine à coudre, due à thihounier, en 1840 ^
L'usine des Schneider, au Creuzot, prend, à partir de 1837, un magnifique développement *.
HEiLMANN, en 1845, et sghlumberger inventent la peigneuse automatique pour la laine, la soie, etc.
Les impressions d'étoffes, à Saint-Quentin et Mulhouse, se perfectionnent grâce à la découverte de nouveaux mordants et de nouvelles teintures, comme le bleu id'outre-mer factice, qui coûte 200 fois moins que l'autre, la garancine^ qu'a remplacée de nos jours Valizarine.
Le tissage mécanique, à Saint-Quentin, en Normandie, en Alsace, se substitue au tissage à la main.
Les tapis communs, qui commencent à se répandre dans toutes les maisons, se fabriquent à Aubusson, Fellelin, Tourcoing, Abbeville, le Mans.
Les ternaux ouvrent à Paris, à l'enseigne du Bonhomme Riehard, la première maison d'habits confectionnés.
A Paris, il y a déjà de vastes magasins , vraies bonbonnières en comparaison de ceux qui ont grandi depuis, mais qu'on qualifiait alors de magasins monstres ^.
La maison guibal et rattier, d'après les procédés de l'Américain Makintosh, file et tisse le caoutchouc. On en fait des manteaux et des chaussures imperméables. Ailleurs on fabrique le caoutchouc vulcanisé y inventé par l'Américain Goodyear et vulgarisé par l'Anglais Hancock, et la
1. Elle est devenue depuis d*an usage universel : on en fabrique annaellement plus d'un million. La fabrication française a un redoutable concurrent^ la fabrication américaine.
2. Sa rivale, Tusine prussienne d'Essen, qui date de 1810, ne s'est guère développée qu'en même temps.
3. Le Charivari montrait un étranger s'enquérant auprès d'un commis de l'endroit où l'on pourrait trouver le comptoir des bonnets de coton : « Au fond de la neuvième galerie à droite, répond le commis, puis la quatrième à gauche, et, une fois arrivé au quinzième comptoir, vous demanderez les bonnets de colon; là on vous indiquera parfaitement le chemin que vous devez prendre pour y arriver... — Ahl sapristi I s'écrie l'acheteur, je suis bien fâché d'avoir laissé mon cabriolet à la porte du magasin. >
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gutta-percha. rRANCHOT substitue à la lampe Garcel la lampe à modérateur y beaucoup plus économique. La savonnerie du Midi emploie Fhaile de palmes, importée de la Guinée. En 1836, EUAMPTQH impolie la drarare et Targenture par la pile; alors naît Pindustrie desBUOU et des chbistoful HULOT et COLLAS inventent le procédé à réduire les statues. Avec le zinc, on fabrique les bronzes à bon marché. En même temps, rorfèvrerie de luxe se maintient avec les
nU)]IENT-lfEDBIiaE, leS MOBEL, leS VECBTB.
VKAT invente la chaux hydrauUqtie ou artificielle (1817).
En 1846, les allumettes à friction remplacent les allumettes simplement soufrées et les briquets à amadou, qui sent encore en asage dans les campagnes.
M L'impulsion donnée au mouvement industriel, dit M. Bardoux, ne se ralentissait pas : déocH^atioBS, éloges officiels, places honorifiques, rien n'était négligé de ce qui pouvait stimuler les efforts. Spectacle bien fût pour étonner ! les mœurs industrielles transformaient la société. »
Modiflcatioii dans le sort de la elaaae ouvrière. — La machine à vapeur est, an xix« siècle, ce que l'artillerie a été au xv« siècle : ce furent seulement les rois et les plus puissants princes qui purent avoir des canons, et ils forcèrent les autres à se soumettre : ce sont seul^aient les capitalistes et les compagnies qui peuvent monter les paissantes usines à vapeur à l'aide desquelles elles font la loi sur le marché économique.
La grande industrie distribue cent fois plus de salaires que l'ancienne ; eUe fait vivre cent fois plus d'ouvriers ; elle abaisse le prix de tous les objets manufacturés, et par là, met à la portée de l'ouvrier non seulement le nécessaire, mais ce qui eût été le luxe il y a cent ans. Cependant elle présente de graves inconvénients sociaux : elle écrase de sa concurrence le travailleur qui veut rester isolé et libre; elle réduit ceux qu'elle emploie à une dépendance étroite, les enrégimente et les caserne dans des usines sous une discipline presque militaire, leur impose sa loi en ce qui concerne le taux des salaires. Enfin, elle les met à la merci des bouleversements économiques. Que le coton mainque aux manufactures de Normandie, comme il a manqué pendant la guerre d'Amérique ; qu'un grand pajrs,
jusqu'alors ouvert à nos produits, se mette à les fabriquer lui-même et cesse d'acheter chez nous ; qu'une crise quelconque arrête la consommation et amène l'encombrement dans les magasins : la manufacture cesse de produire autant ou ne produit plus rien. Elle réduit les salaires de moitié ou les supprime; elle congédie la moitié ou la totahté de ses ouvriers. Ainsi, parce qu'une guerre a éclaté en Amérique, parce que des banqueroutes ont eu lieu en Angleterre, voici que les pauvres ouvriers d'une bourgade de la Seine-Inférieure ou du Nord en subissent le contrecoup. Ces milliers d'hommes attachés au sort d'un seul patron peuvent être réduits au chômage et à la misère. Ce sont ces conditions nouvelles de la vie industrielle qui ont donné Tessor aux théories et aux utopies socialistes. Lois sur le travail des enfants. — Certains patrons, afin d'obtenir la main-d'œuvre à bas prix, engageaient des enfants de dix, de neuf, de six ans. Ils leur imposaient un travail au-dessus de leurs forces, les retenaient quinze ou seize heures par jour dans l'air empesté des ateliers, ne prenaient aucun souci de leur santé et de leur instruction. Les ouvriers, dans l'espérance d'ajouter à leur salaire le maigre salaire de leurs enfants, se prêtaient à cette précoce exploitation de leur progéniture. Us ne voyaient pas que, en fournissant aux patrons du travail à vil prix, ils favorisaient l'abaissement de leur propre salaire. D'ailleurs ce labeur prématuré étiolait et déformait les enfants, exposait nos populations industrielles à une prompte décadence physique et morale, menaçait même le bon recrutement de l'armée. L'État crut de son devoir, dans l'intérêt des générations futures, de se substituer au père de famille imprévoyant ou égoïste; il résolut de protéger l'ouvrier contre l'avidité du patron et sa propre faiblesse. Lapremière loi pour la protection des enfants employés dans l'industrie date de 1841 '. Aucun enfant, avant l'âge de douze ans révolus, ne peut être admis dans des manufactures, usines, chantiers, ateliers, mines, carrières; il ne doit pas, si on l'emploie de quelque autre manière, être astreint à plus de six heures de ti-avail, divisées par un repos. A partir de
1. Elle a été complétée par d^aalres lois : Toir ci-dessous, ch. xxxm.
douze ans, le maximum du travail exigé des enfants est de douze heures, divisées par un repos. Le travail de nuit, plus épuisant, et qui peut présenter certains inconvénients au point de vue moral , est interdit pour les garçons de moins de seize ans et les jeunes filles de moins de vingt et un ans. Des inspecteurs spéciaux sont chargés de relever les contraventions, qui sont punies d'amendes.