‹ Histoire de la civilisation française (volume 4)Chapitre 23 sur 116 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

RÉGIME FÉODAL. — III. LE PEUPLE, (De la déposition de Charles le Gros à la mort de Louis VIL, 887-1180.)

Vilains franes et irilains serfs. — Sous la double féodalité des seigneurs laïques et des seigneurs ecclésiastiques, quelle était la condition des classes populaires? En laissant de côté les habitants de certaines cités qui avaient conservé quelque liberté municipale, les hommes du peuple portent le nom de vilains, c'est-à-dire habitants des « villae ». Les <( villae » étaient devenues des villes plus ou moins considérables, ou étaient restées de simples villages. A cette époque, le nom de « villae » ou villes s'applique le plus ordinairement aux villages. Les villes proprement dites étaient alors désignées sous le nom de « villes fortifiées » ; les villages sous le nom de « villes du plat pays ».

Les vilains n'étaient pas tous de la même condition. On distinguait les vilains francs et les vilains serfs.

Les vilains francs descendaient, ou des colons de l'époque romaine qui avaient réussi à garder leur demi-liberté, ou de serfs affranchis.

La condition des francs était la franchise; mais la franchise au moyen âge est une liberté fort inférieure à ce que nous appelons la « liberté » : elle était, en somme, une demi-servitude.

Les serfs descendaient ou des colons qui avaient perdu leur franchise ou des esclaves de l'époque gauloise, romaine ou franque. Le nom de serf, en latin serons, veut dire « esclave ».

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