III. Le commerce
Commerce à rintérlenr. — Le commerce à l'intérieur de la France fut peu actif tant que le pouvoir royal resta faible. L'artisan n'avait guère pour clientèle que le seigneur et l'ecclésiastique : le commerce qui allait le mieux était celui des armes et des objets d'église. Les nobles, retirés dans leurs châteaux, avaient peu de besoins, aucun goût de luxe; le bourgeois encore moins. Le mouvement d'échanges d'une province à l'autre était presque nul : tout se consommait sur place, les produits industriels comme les produits agricoles. Si une province avait fait une mauvaise récolte, on y mourait de faim, quelle que fût l'abondance dans la province voisine : de là les disettes effroyables des x« et »• siècles.
Le grand courant commercial allait de la Méditerranée aux mers septentrionales ; il remontait le Rhône et descendait le Rhin, pour atteindre Cologne et les ports allemandsde la mer du Nord et de la Baltique. Il se ramifiait en Bourgogne, gagnait la Champagne, l'Ile de France, la Normandie