‹ Histoire de la civilisation française (volume 4)Chapitre 60 sur 116 · Voir tt-doMos, p · texte numérisé non relu

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chaBGe sur cUhix de ne pas èire remboursés : est^il surprenant qu'ils ne prêtent plus qu'à cinqwtrU€j k cent pour cefU d'intérêt? Chéries V lui-même leur reconnaît le droit de prêter à six deniers par livre et par semaine : c est une usure de 86 p. 100. La situation financière a évidemment empiré puisque PhiUppe^Auguste ne les avait autorisés, qa'à une usure de 46 p. iOO.

Les princes exploitent à leur profit la haine aveugle du peuple. C'est un jeu pour le roi que de chasser les juifs^ pour confisquer leurs biens et ensuite de leur vendre le droit de rentrer. Philippe- Auguste les chasse en 1180' et leur permet ensuite de revenir, moyennant finance. Phili{^e le Bel en fait brûler treize en 1288, puis défend à sesofûciers de les emprisonner sur la demande d'un simpleclerc; en 130^, il les fait tous arrêter, saisit leur avoir et les bannit. Us reviennent et sont encore chassés en 1311. louis K déclare les tolérer pour douae ans; mais en 1321,. Philippe Vies livre aux fureurs de la populace ; rien qu*à Chinon on en brûle 160, et leurs femmes lancent ellesmêmes leurs enlants dans les flammes pourqvi^ils ne soient pas baptisés. En 1348, ordre d'expulsion et plusieurs années^ de massacres. Les Etats généraux de 1355 les protègent; puis ils sont bannis en 1357. Le dauphin Charles, voyant que le commerce languit en leur absence, les rappelle en 1359, les prend sous sa tutelle; mais Charles VI, en 1394, leur ordonne de vendre leurs biens et de vider le royaume : tous les billets que leui< ont souscrits les chrétiens sont déchirés ou brûlés. Dès lors, ils renoncent à peu près à vivre en France. L'inquisition d'Espagne et de Portugal leur est moins redoutable que le caprice fiscal de nos rois.

Les juifs ne sont pas seuls à faire l'usure : les Italiens^ les « Lombards », comme on les appelle, qui viennent s'installer en France, se soucient peu des anathèmes de l'Église française : ils sont étrangers. Les persécutions contre les Israélites sont leur affaire, car elles suppriment la concurrence : une chanson populaire constate qu'ils font regretter les juifs. Ils ne sont guère plus en sûreté que ceux-ci : Philippe le Hardi, en 1277, les fait tous arrêter comme usuriers ; puis il leur vend 1 500 000 livres la permission de continuer leur usure. Philippe le Bel, qui fait

brûler les Templiers, en partie pour s'approprier le trésor du Temple, n'a garde de ménager les Lombards.

Aux juifs, aux Lombards, succèdent les manieurs d'argent de Cahors, ou Cahorsins, qui, n'étant pas mieux traités, ne «e conduisent pas mieux.

C'est pour arriver à ce résultat qu'on a si pieusement interdit le prêt à intérêt et que saint Louis a fait cette déclaration : « Nous entendons, par usure, tout ce qui dépasse la somme principale. »

Ouvrages a consulter. — Guérard, Polypiique de l'abbé Irminon. — L. Delisle, De la classe agricole et de l'agriculture en Normandie. — Dareste, ffist. des classes agricoles en France depuis saint Louis. — Viollet-le-Duc, IHct. du mobilier

S. II, outils). — A. de CandoUe, 'origine des plantes cultivées.

Levasseur, ffist. des classes ouvrières en France. — Faigniez, Essai sur l'organisation de l'industrie à Paris au XI H' et au XtV» siècle.

— Monteil. Bist. de Vindustrie française et Bist. financière de la France» ifiditioQ Louandre. — Deppiag, introduction du Livre des Métiers. —

Baudrillart, Bist. du luxe (t. III).

Pigeonneau, Histoire du commerce de la France — Germain, Hist. du commerce de Montpellier. — Fr.

Michel, Hist. du commerce de Bordeaux. — P. Clément, Jacques Cœur et Charles VII. — Bourquelot, Etudes sur les foires de Champagne. — G.- B . Depping, Hist. du commerce entre le Levant et l'Europe depuis les croisades. — A. Franklin, Les rues et les cris de Paris au XIII' siècle. — Lurine, Les rues de Paris. — Lazare, Dict. des rues de Paris. — Reinach, Hist. des Israélites. — Blançiui, ffist. de l'économie politique. (Voir au chapitre suivant.)

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