IL L'ADMINISTRATION ROYALE
(De Charles VIII à François II, 1483-1559.)
Le €onseiI du roi, les secrétaires cTÉtat. — La royauté eomplétait les institutions à l'aide desquelles elle allait exercer sa toute-puissance. Les grands officiers de la couronne, qui se ressentaient encore de l'indépendance féo-^ dale, perdirent toute importance. Les affaires du royaume se traitaient au sein du « Conseil du roi ». Les membres les plus influents de ce Conseil n'étaient pas les plus titrés; fes « clercs du secret », qui d'abord n'étaient que des espèces de greffiers, s'élevèrent peu à peu au rang de « secrétaires d'État ». C'est l'origine de nos ministres.
Henri II, en 1547, fixa à quatre le nombre des secrétaires 4'État; leurs attributions n'étaient pas réparties comme celles des ministres d'aujourd'hui. Le premier avait à administrer la Normandie et la Picardie et à suivre les relations avec l'Angleterre et l'Ecosse; le second était chargé des affaires intérieures pour la Provence, le Languedoc, la Guyenne, la Bretagne, et des négociations avec l'Espagne et le Portugal; le troisième avait à gouverner la Champagne, la Bourgogne, les États du duc de Savoie, et à correspondre avec la Suisse et l'Allemagne ; le quatrième administrait le Dauphiné et veillait sur l'Italie et l'Orient, Cette singulière répartition de leurs attributions, qui d'ailleurs n'avait rien de Hxq et variait suivant le bon plaisir du roi, devait durer jusqu'à Louis XIV. En 1588, Henri III essaya bien une autre distribution du travail : le premier secrétaire devait s'occuper des affaires étrangères et de la