‹ Histoire de la civilisation française (volume 4)Chapitre 86 sur 116 · HENRI IV : RÉTABLISSEMENT DE LA PROSPÉRITÉ · texte numérisé non relu

HENRI IV : RÉTABLISSEMENT DE LA PROSPÉRITÉ

pagne, la Suisse, les États allemands et italiens, le Maroc ^. Il combattit sur mer les pirates. 11 imposa aux banqueroutiers, pour affermir le crédit, des pénalités rigoureuses. Il institua en 1601 une.commisaidn ou chambre supérieure de commerce qui proposa beaucoup de réformes utiles, comme rétablissement de canaux, la réforme des corporations et la création de haras pour Famélioration de nos races chevalines. Nous avons vu que, sous ce règne, la NouTelle-FrancOy dans rAmérique du Nord, fut colonisée 2. En 1604, Henri IV établit une compagnie pour le commerce dans les Indes orientales; mais elle n'usa, pas plus que les particuliers, de la faculté du trafic aux Indes, ne trouvant pas sans doute que les capitaux fussent encoreassez abondants en France, ni la marine royale assez forte pour les protéger contre les pirateries et les violences de leurs concurrents portugais, anglais ou hollandais.

Henri IV décida que le commerce de mer ne dérogeait pas à la noblesse.

Les routes^ les postes. — Sous ce règne, les voies de communication se perfectionnent. Le grand voyer SuUy^ répare les anciennes routes, en trace de nouvelles, le long desquelles il fait planter des arbres, parce que l'ombre préserve la chaussée des ardeurs du soleil. Les paysans, appelaient ces arbres des Rosny; mais, dans leur aversion ■routinière contre les nouveautés, souvent ils les décapitaient, en faisaient des Biron,

Sur ces routes, Henri établit des moyens de communications réguliers et rapides. Avant lui, Paris n'était en relations avec le reste de la France que par trois services de coches, dans les trois directions d'Orléans, Amiens et Rouen. Henri IV établit sur toutes les routes des chevaux de relais qui, moyennant une faible rétribution, étaient à la disposition des voyageurs pour leurs carrosses, des négociants pour leurs voitures de marchandises, des paysans pour leurs charrettes de denrées.

1. «On ne voyait en France, dit an contemporain (Legrain) que pis< toles, doubles ducats, ducatoos d'Espagne, jacobus, angelots et nobles d'Angleterre, sequins de Pologne, ducats d'Allemagne, dont les coffres du roi s'emplissaient et les bourses des particuliers étaient garnies, n

2, Voir ci-dessus, page 4Ô5.

Les ea«a«x. — La grande ianoTation fut rétablissemeat <le canaux à écluses pour faire communiquer entre eux les fleuves français et établir un système de navigation à Tintérieur. Depuis que le grand artiste et ingénieur italien, Léonard de Vinci, avait, sous François I«', canalisé la rivière de TOurcq, ses leçons avaient été comme oubliées par les Français. A Henri IV revient l'honneur d'avoir fait commencer, par l'ingénieur Hugues Grosnier, notre premier canal, celui de Briare, qui mit en communication la Loire avec la Seine et qui servit de modèle à l'Europe entière. En outre, le canal de Bourgogne fut entrepris. Les études pour un canal entre Saône et Loire, par l'étang de Longpendu, furent poussées si loin qu'elles ont servi plus tard à établir le canal, du Centre. Les ingénieurs Crapponne et Renaut projetèrent une grande voie fluviale qui irait de Bordeaux à Narbonne et qui est notre canal du Midi. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que tous ces travaux et toutes ces études faisaient partie d'un vaste plan d'ensemble. D'après les Économies Royales de Sully, ce plan a pour objet d'opérer « les conjonctions de Seine avec Loire, de Loire avec Saône, de Saône avec Seine, de Seine avec Meuse » et » la navigation des mers Océane et Méditerranée de l'une dans l'autre ».

L'armée sous Henri IV. — Henri IV tint la main à ce que les troupes permanentes, émancipées par la licence des guerres civiles, fussent ramenées à une exacte discipline. L'excellent état de ses finances lui donna le meilleur moyen d'assurer le bon ordre des troupes : la paye devint mensuelle; elle fut servie régulièrement; elle fut assez forte pour assurer le bien-être du soldat.

Henri IV, comme ses prédécesseurs, employa des mercenaires suisses et allemands ; mais ils ne formaient désormais qu'une petite partie de l'armée. Des 32 000 fantassins qu'il dirigeait en 1610 sur la frontière d'Allemagne, 20 000 étaient des Français. Sur une force totale de 101 000 hommes qu'il réunit à cette époque, savoir 51000 aux frontières et 50 000 dans les garnisons, la plus grande partie des premiers et la totalité des seconds étaient des Français. Un premier caractère de l'armée de Henri IV, c'est qu'elle devenait une armée nationale.

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