La tour de Nesle n'a été démolie qu'en
8. La tour du Temple, qui a senri de prison à Louis XVI, a été démolie •n 1811.
R. Civil. T. IL 33
par des grèves désertes ou des rangées de maisons bàtîes sur pilotis; que les rues Saint-Martin, Saint-Denis, Saint- Jacques, M ouffetard *■ étaient alors les plus larges ; que la rue de Venise, considérée aujourd'hui comme une ruelle, était le type d'une infinité d'autres; que la rue du Temple était occupée par les plus beaux hôtels de l'aristocratie ; qu'entre les Tuileries et le Louvre s'élevait toute une petite ville, avec un dédale de ruelles; qu'il n'y a plus dans le Paris actuel que de rares échantillons du Paris d'autrefois.
Un des coins les plus curieux de la capitale, c'était encore le cimetière des Innocents. Il était entouré, sur trois côtés, de charniers : Vieux ehamiers, Charnier des éerivainSf Charnier des lingéres. Ces ossuaires, du côté du cimetière, étaient des cloîtres semés de tombes; du côté extérieur, ils présentaient des boutiques. Ces boutiques étaient occupées, ici par des écrivains publics, là par des lingues. Audessus des cloîtres et des boutiques régnaient d'immenses greniers, pleins de crânes, d'ossements, de débris humains, dont la décomposition n'était point achevée. Le voisinage de ces objets funèbres n'empêchait point les femmes de fréquenter ces magasins. « C'est au milieu de l'odeur fétide et cadavéreuse qui vient offenser l'odorat, nous dit Mercier (1780), qu'on voyait celles-ci acheter des modes, des rubans, et celles-lèi dicter des lettres d'amour. » En 1782, les greniers crevèrent sous leur sinistre fardeau, et les étalages de modes disparurent sous les ossements.
L'embellissement, l'assainissement de la capitale furent ommencés, au temps de Golbert, par le lieutenant de police LA RETNiB, et continués pendant tout le xvni* siècle. Les anciens remparts, ceux mêmes de Louis Xm, furent abattus, et leurs terrains cédés à la ville. Sur leur emplacement se développa la ligne des boulevards : ces boulevards, si vivants aujourd'hui, furent d'abord des terrains vagues, des déserts infestés de brigands. Ceux de la rive droite, de 1670 à 1704,* furent plantés d'arbres et devinrent une promenade '. Des arcs de triomphe,
1. La me Mouffetard est SDe anoiouM voie romaine tlaroie da Mous Cetardas.
2. Rappelons que, dans te premier qaairi du zix* aièdet les boulevards étaient encore si pea fréquentés qu'on voyait les oavaliers attacher leon eheranx aox arbres ponr aller faire visite dans les maisoost