LES RÉFOKKES AVANT LA RÉVOLUTION
France entière ses libertés provinciales, est daté de 1787 : il précède de moins de deux années la Révolution. Ce fat le malheur de la royauté que de s'être aperçue si tard de tout le mal que le pouvoir absolu avait fait au pays et à la monarchie elle-même; elle n'eut pas le temps de le répa* rer; on ne pouvait revenir en quelques années sur l'œuvre poursuivie pendant près de cent cinquante ans par Richelieu, Louis XIY et les ministres de Louis XV. La plupart des Assemblées provinciales instituées par Louis XVI ne devaient avoir qu'une seule session : dans cette session elles demandèrent unanimement la réunion des Etats généraux.
Rappel de IVeeker. — Après les insuccès financiers de Galonné et Brienne, Necker fut rappelé aux affaires. Les Notables furent de nouveau réunis en novembre 1788 : eux aussi se prononcèrent pour la convocation des États généraux, qui fut consentie par le roi. C'est la fin de l'ancien régime.
Réaetlon qui aeeoBipagna les réformes. — Tandis que l'ancien régime essayait de s'amender sur certains points, sur d'autres, il semblait prendre à tâche d'aggraver tous ses vices. C'est l'époque où les édits de 1779, de 1781, de 1788 excluent les roturiers des grades dans l'armée; où la cour, sans oser publier un édit sur cette question, adopte pour règle de conduite qu'à l'avenir « tous les biens ecclésiastiques, depuis le plus modeste prieuré jusqu'aux plus riches abbayes, seraient l'apanage de la noblesse ^ >» ; où les Parlements se refusent à admettre dans leur sein tout magistrat qui ne justifie pas de deux générations de gentilhommerie, et où celui de Bordeaux se refuse, pendant deux ans, à installer comme président le conseiller Dupaty. Les cours souveraines n'étant peuplées que de nobles on d'anoblis, les roturiers et les communautés rurales perdent tous les procès qu'ils soutiennent contre les prétentions de la seigneurie ; de là une recrudescence du féodalisme dans les campagnes. Le gouvernement royal, par les lettres patentes de 1786, favorise les poursuites des seigneurs et des commissaires à terrier contre les paysans-