Troyes, en 1711, rachète 40 000 livres l'office de maire
t. Parfois ce sont les États provinciaux qui achètent les offices, et alom ils se réservent de nommer les maires des villes. Ainsi firent, en 1696, en 1773, les États de Bourgogne. Ceux de Languedoo payèrent dans le mèm« bat 11 400 000 livres.
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ville une assemblée de notableSy élus par les diverses cor* porations ecclésiastiques, judiciaires, militaires, industrielles de la cité. Gomme les corporations industrielles sont les plus nombreuses, ce sont les classes laborieuses qui auront le plus de représentants. Les notables éliront les échevins, les conseillers de ville, un syndic receveur et un secrétaire greffier. De plus, ils éliront trois candidate entre lesquels le roi choisira le maire. Il y a dans cette organisation deux détails à remarquer : !<> le maire devient à la fois rhomme du roi et l'homme de la ville, comme les maires d'aujourd'hui sont à la fois les élus de leurs concitoyens et les agents du pouvoir central; 2<^ les finances de la ville ne sont plus administrées par le corps municipal tout entier, mais par un syndic receveur, spécialement res* ponsable de sa gestion et astreint à un cautionnement. G*était là une bonne réforme : elle fut anéantie par Tédit fiscal de 1771. A la veille de la Révolution, les villes avaient si souvent changé de gouvernement qu'elles n'étaient plus attachées à aucun.
Les commimaatés de villag^es. — Les villages ont eu sous l'ancien régime une sorte d'organisation communale *. Les dimanches, à la sortie de la messe, tous les chefs de famille se réunissaient pour délibérer sur les affaires du lieu. Il n'y avait point de conseil municipal, comme aujourd'hui, mais une assemblée générale. Elle élisait un collecteur y pour lever la taille, un syndic pour Tadministration, et contrôlait leur gestion ^. C'était donc un système fort libéral et qui , dans d'autres conditions, aurait donné d'excellents résultats. Malheureusement, ni rassemblée générale, ni les officiers élus par elle, ne jouissaient de la moindre indépendance. Il était trop évident que la royauté n'avait poussé les paysans à s'organiser en communauté que pour assurer, par la solidarité de
1. C'est du XVII* au xviii* siècle que s'organisent ces municipalilés rarales : au xvii* siècle, il n'y a pas partout des syndics; au xvm* siècle, on en trouve partout. Cette organisation se fit, non par des ordonnances royalei, mais sous l'action des intendants, et riiibtoire a ignoré lonprlemps oe travail obscur. Sur certains points, on yoit môme apparaître une organisation plus semblable à celle d'aujourd'hui ; une sorte de conseil municipal remplace l'assemblée générale. C'est cette substitution qu'a consacrée l'ordonnance de 1787.
tous les habitants, la perception de la taille. Nos communes villageoises eurent la même raison d'être que les anciennes curies de Fempire romain : une raison fiscale.
Ensuite, le seigneur du village, bien qu'il ne fit point partie de rassemblée des paysans, pesait sur elle de tout le poids de son influence, de sa fortune, de ses privilèges, de ses droits féodaux.
Enfin, rintendant, ou plutôt son subdélégué, exerçait sur elle la plus dure tutelle administrative. Pour une dépense de vingt-cinq livres, il fallait solliciter son autorisation. Il désignait aux suffrages de rassemblée les candidats de son choix, cassait les élections qui lui déplaisaient, nommait alors le collecteur et le syndic, faisait marcher ceux-ci à son gré. En cas de résistance, il les mettait à l'amende ou les emprisonnait, exigeait de la communauté la prime due aux cavaliers de la maréchaussée qui les avaient arrêtés. Les honneurs municipaux, on les fuyait alors avec autant de soin qu'on en met aujourd'hui à les rechercher.
En 1702, le roi avait essayé de créer dans chaque paroisse des syndi4:s perpétuels, dont l'office était vénal; mais il se présenta si peu de paysans pour acheter la charge qu'on dut revenir au système d'élection.
Ainsi, jusque dans le dernier village, le pouvoir absolu avait étouffé les moindres germes d'indépendance et empêché tout apprentissage de la vie politique. Dans les villages comme dans les villes, il avait découragé la liberté et préparé les voies à la Révolution. A la fin du xviii» siècle, il s'efforce, là comme dans d'autres branches de l'administration, mais trop tard, de réparer le mal. L'édit de 1787 sanctionna la liberté des élections, créa les conseils munieipatix et donna aux villages une organisation d'un caractère uniforme.
ODvnACES A CONSULTER. — Clément, Depping, d'Arbois de Jabainville, Alex. Thomas, Monin, de Carné, Qachon, ouv. cités au chap. II. — L. Le^rand, Sénac de Meilhan et l'intendance de Hainaut aous Louis X VI.
— Chrialophe, Une élection municipale en 1738. — Ch. Normand, Saint-Quentin et la royauté^ étude
sur le» relations de l'Etat et des communautés. — A. Babeau, La ville sous l'ancien régime. Ze village sous V ancien régime. La province sous l'ancien régime. Les assemblées gênénales des communautés d'habitants. — Challamel, Histoire de la liberté en France^ 1. 1. — Damas, La généralité de Tours au xvn» siècle.