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CHAPITRE VIII LES TRIBUNAUX ET LES LOlb

L Rôle politique des cours souveraines.

Prétentions des Parlements. — Les cours souveraiDes, mais surtout le Parlement de Paris, le représentant le plus élevé de la noblesse de robe, prétendaient limiter les poo- Toirs du prince. A Taide de moyens tels que la formalité de Y enregistrement et le droit de remontrances ^ le Parlement aurait, en réalité, changé la constitution. Il aurait^ par cette sorte de veto sur les ordonnances législatives et les édits bursaux, partagé le pouvoir législatif du prince et son pouvoir financier; et, par le droit qu*il s'arrogeait de contrôler les mesures de gouvernement et d'administration, partagé son pouvoir politique. Le Parlement de Paris, quoique composé de gens qui ne représentaient en rien le pays, mais qui avaient acheté leurs charges à prix d'argent, aurait donc joué le rôle d'une véritable assemblée politique , comme le Parlement d'Angleterre à la même époque.

Asservissement des Parlements sons Lonis XIV. — Le premier conflit entre la royauté et le Parlement de Paris, depuis la fin de la Fronde parlementaire, eut lieu à propos d'une tentative que fit celui-ci, en 1655, pour discuter certains édits. Cet épisode a été défiguré par la légende, qui représente le roi entrant botté, le fouet à la main, dans le Parlement, et prononçant le fameux mot : « L'État, c'est moi ». Les choses se passèrent bien plus simplement, à en croire un journal inédit de l'époque. Le roi, conseillé par

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