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RÔLE POUTIQUE DES COURS SOUVERAINES

Hazarin, entra dans la Grand'Ghambre, « faisant paraître trop clairement -sur son visage Taigreur qu'il avait dans le cœur ». Il s'assit et prononça une courte allocution. « Chacun sait, dit-il aux magistrats d'un ton moins doux et moins gracieux qu'à l'ordinaire, combien yos assemblées ont excité de troubles dans mon État, et combien de dangereux effets elles y ont produits. J'ai appris que vous prétendiez encore les continuer, sous prétexte de délibérer sur les édits qui naguère 7 ont été lus et publiés en ma présence. Je suis venu ici tout exprès pour vous en défendre (en montrant du doigt Messieurs des enquêtes) la continuation, ainsi que je le fais absolument, et à vous, mour sieur le président (en le montrant dû doigt), de les souffi^ir ni de les accorder, quelque instance qu'on puisse en faire. » ~ « Après quoi, continue le journal, Sa Majesté s'étant levée promptement, sans qu'aucun de la compagnie eût dit une seule parole, elle s'en retourna au Louvre et de là au bois de Vincennes. »

Dès les premières années de Louis XIY, les Parlements, ia Cour des aides, la Chambre des comptes, le Grand conseil, perdirent le titre de cours souveraines, qui leur avait donné tant d'orgueil autrefois, et ne furent plus que des cours supérieures.

En 1665, le roi fit enregistrer, dans un lit de justice, des édits qui avaient suscité quelques résistances au Parlement de Paris. Quelques conseillers des enquêtes ayant alors demandé la réunion des chambres, le roi alla au-devant de leur désir. Il enjoignit au premier président de réunir les chamhres; mais, quand elles furent assemblées, personne n'osa parler, car on savait que le roi ferait arrêter et enverrait en exil les premiers qui feraient entendre une protestation. Les magistrats restèrent donc quelque temps à se regarder; puis, comme personne n'ouvrait la bouche^ l'un d'eux se leva et sortit : tous les autres l'imitèrent, l'un après l'autre. L'assemblée se sépara sans qu'une parole eût été prononcée. Le Parlement fut plus d'un demisiède à se relever d'une telle humiliation.

En i667, quelques membres, qui avaient fait de l'opposition aux nouveaux Godes, furent exilés. En 1668, le roi se fit apporter les registres du Parlement et. en sa présence.

!o greffier en arracha les pages qui contenaient les arrêtés du temps de la Fronde. En 1673, il porta le coup décisif et défendit à cette cc^ur de faire des remontrances : dès lors, il n'eut plus besoin d'aller y tenir des lits de justice. Les Parlements de province étaient tenus dans la même soumission à regard des gouverneurs et surtout des intendants.

Réveil des Parlements sous la Régnée. — A la mort de Louis XIV, Philippe d'Orléans tira le Parlement de sa nullité politique pour lui faire casser le testament du roi et se faire attribuer à lui-même la régence. U lui reconnut de nouveau le droit de remontrance. Le Parlement en profita, dès 1717, à l'occasion des projets financiers deNoailles, dès 1718, à l'occasion du système de Law. Au moment où Law avait toute la confiance du Régent, les magistrats menacèrent de le faire enlever, juger et pendre. On leur intima défense absolue de s'immiscer dans les affaires de l'État. « Le roi veut être obéi, et obéi sur-le-champ, » leur signifia le garde des sceaux. Un président et deux conseillers, ayant tenté de résister, furent arrêtés.

Résistances des Parlements sons Lonls XV« — Le Parlement recommença la campagne à propos de la bulle Unigenitus. En 1731, il rend un arrêt où il proclame de nouveau les maximes gallicanes. Le Conseil du roi cassa j drrêt. Louis XV refuse de recevoir les remontrances du i'arlement; puis il fait déchirer devant lui ses remontrances et exile deux conseillers. Le Parlement suspend le cours de la justice : on exile encore quatre magistrats. Tous les conseillers des enquêtes et des requêtes démissionnent en masse; les trois quarts d'entre eux sont frappés d'exil. A la fin, le gouvernement céda, rappela les exilés, et la justice reprit son cours (1732). Le Parlement avait été soutenu dans sa lutte par les avocats, très nom-' breux et très influents dès cette époque.

En 1753, encore à propos de la bulle Unigenitus et des billets de confession, le Parlement fut exilé tout entier et remplacé par une Chambre royale. Il était soutenu par toutes les cours de Paris, par tous les Parlements de province, avec lesquels il affirmait en toute occasion sa solidarité, comme si tous les Parlements n'eussent formé qu'un corp«

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