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RÔLE POLITIQUE DES COURS SOUVERAINES

contre la nouvelle cour de Paris, à propos du scandale donné par le conseiller Goëzman.

Rappel des Parlements sons Lonls XTI. — Quand Louis XYI succéda à son aïeul, Topinion s'éleva si fort en faveur des Parlements qu'il fallut les rétablir. Ils ne revinrent que pour se faire exécrer de ce même public qui avait exigé leur rappel. Celui de Paris, surtout, se signala par une opposition aveugle et acharnée aux édits les plus bienfaisants des ministres philosophes. Il contribua plus que les ordres privilégiés, plus que la cour elle-même, à renverser Turgot, à empêcher les réformes, à rendre la Révolution inévitable.

Dernière lutte des parlementaires eontre le pouvoir. — Une dernière lutte éclata, en 1787, entre la magistrature et la royauté. Ce fut à propos de Fenregistrement d'édits par lesquels on établissait de nouveaux impôts. Le Parlement de Paris, qui était opposé à ces impôts parce qu'ils pesaient sur les privilégiés et que lui-même était un corps de privilégiés, trouva cependant moyen de se donner un rôle populaire. Bien qu'il redoutât par-dessus tout la convocation des États généraux, il déclara, en juillet 1787, que ceux-ci avaient seuls le droit de consentir l'impôt. Aussi la foule portait en triomphe d'Éprémesnil, qui, pendant la Révolution, devait être l'objet de sa haine et mourir sur réchafaud. £n août, le Parlement de Paris est exilé à Troyes. En septembre, il est rappelé, mais recommence aussitôt son opposition. Des soldats viennent pour saisir, en pleine séance, d'Éprémesnil et Montsabert. Alors le garde des sceaux Lamoignon, reprenant ou dépassant les idées de Maupeou, fait rendre les édits du 8 mai 1788. Le droit d'enregistrement est enlevé à tous les Parlements et transféré à une Cour pléniére. Les Parlements de province ayant pris parti pour celui de Paris, le ministère les mit en vacances, jusqu^aa moment où la nouvelle organisation de la justice serait achevée. Les magistrats trouvèrent pour la résistance un appui dans l'excitation de Topinion publique. A Rennes, les gentilshommes bretotns tirèrent Tépée contre les soldats du roi qui venaient disperser la cour; à Pau, les paysans, descendus de leurs montagnes, rouvrirent de force le palais de justice; à Grenoble, le peuple de la ville

8*insurgea, éleva des barricades et repoussa les régiments. Encore une fois, après la chute de Brieune, Louis XVI rappela « les officiers des cours à l'exercice de leurs fonctions ». Mais leur rôle était fini, en même temps que celui de la royauté absolue. Ainsi, de toutes les puissances du passé, celle qui tint tête le plus énergiquement à la royauté, avec plus de ténacité que TÉglise, la noblesse, les communes, les États généraux et provinciaux, celle qui prolongea la lutte si longtemps qu'elle succomba deux années seulement avant la royauté elle-même, ce fut précisément une puissance créée par la royauté : celle des gens du roi.

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