Les dépenses
Contrôle InsaffisanI sur les dépenses. — Les impôts, si péniblement arrachés au peuple, n'étaient pas tous affectés à des services utiles. La Chambre des comptes n'avait de contrôle que sur les dépenses qu'on voulait bien lui soumettre. Le roi ordonn\nçait des sommes considérables sans que ni cette Cour, ni même le contrôleur
général en connussent l'emploi. C'étaient les acquits au comptant^ sur lesquels le prince se bornait à écrire : « Je sais le motif de cette dépense. » Le contrôleur général luimême n'avait pas une autorité aussi étendue que le ministre des finances d'aujourd'hui : certains fonds allaient directement au ministre de la guerre ou à celui de la marine sans passer par ses mains.
Dépense» de la cour, pensions. — Les dépenses de la cour étaient un gouffre où disparaissait la meilleure partie des revenus publics : il s'y gaspillait 200 millions par an. Un autre gouffre, c'étaient les pensions. Pas une des grandes familles de cour, parmi les mieux rentées et les mieux pourvues de sinécures, n'était capable de vivre de son revenu. Elles comptaient donc sur les c( bienfaits du roi » pour les aider à « faire figure à la cour ». Les pensions étaient consignées au Livre rouge, que le roi gardait chez lui, dans une armoire de fer.
L.e budget. — Il n'est pas étonnant que Tanclenne monarchie n'ait jamais pu avoir un budget ' en équilibre. Les rois, les ministres, la Cour des comptes, à aucun moment, ne surent exactement ce qu'on recevait, ce qu'on dépensait. Golbert avait établi un budget, mais qui n'était pas public. Le premier qu'on ait publié fut le compte rendu de Necker, en 1781, celui que Maurepas appelait malicieusement le Conte bleu. Cette publicité, qui exaspéra les courtisans et autres parasites du Trésor, était encore incomplète et trompeuse.
Dette de TÉtat et amortissement. — - Avec un déficit qui ne cessait de s'accroître et qui était de 57 millions à l'époque où commença la Révolution ^, la dette de l'État atteignit le chiffi'e, prodigieux à cette époque, de quatre milliards et demi.
Une seule tentative avait été faite, pendant tout le règne de Louis XV, pour diminuer la dette en assurant un remboursement annuel. L'honneur en revient à Machault, qui créa la Caisse d* amortissement (1764). Il y affecta une