LB POUVOIR ABSOLU
Uées nationales et qui reconnaissent aux sujets des libertés pul)liq<ues; ni à la royauté anglaise, qui, déjà à cette épo- •que, était contrôlée par les deux chambres du Parlement «t qui respectait les libertés &rilanmgwes;iii même à la oroyauté française d'autrefois, qui conToquait des États jgéôiéraiix, maintenait certains droits des individus et certains privilèges des corporations et qui» au dire de Ma- /Dhia^el, était <c soumise k Tempire des lois »u
Quelques écrivains ont prétendu que la France avait une constitution, parce que ie pouvoir du roi semblait limité par Tautorité des Etats .généraux, par les privilèges de certains corps, coBune les coiurs de jastiœ, les États provin» ciaux, les municipalités, le clergé, la iioblesse. Il faut d'aJbord rayer de cette liste les États généraux, qui, de 1614 à 1789, pendant une période de cent âoijoante-quinfle ans, ne furent pas une seule fois réunis K Nous verrons plus loin à <|ael point les autres corporations étaient hors d'état de faire obsbade à la volonté du roi nettement exprimée. La France n'avait donc rien qui ressemblât à une G«KBstitution. A supposer qu'il en eût existé une autrefois, tout l'effort du pouvoir, de Richelieu à Louis XVI, eut pour objet son anéantissement. If . DuvergierdeHauranne caractérise ainsi l'état politique de la France : « L'omnipotence royale contrariée qpielquefois, jamais entravée. » Les Anglais, par exemple le jurisconsulte BlaokstoAe, fîers de leurs libertés, assimilaient coraoxie « pays despotiques » la Fxanoe et la Turquie.
Non seulement le roi a la pleine puissance publique, mais il est propriétaine de la France. D'après la théorie de certains légistes, comme l'intendant Basville, les bornes du domaine royal se confondent exacliement avec les limites du royaume. Le pouvoir suir la terre et sur les
1. II .ne pondait 4tra qneatieii des 6tats gteéraas, puisque le roi «e donnait pour rQoiqae repréaentant He la nation. Lors des traités dUtreaht, quand les coalisés, par défianoe de l'ambition de Louis XIV, demandèrent que les conditions de la paix fussent ratifiées par une assemblée nationale, il s'y refusa avec hauteur, déclarant que cette proposition était une insulte à la majesté du trône. Sous JjoaiB XV,, le Mtrdinal Dubois disait que « l'appareil des députés du peuple, la permission de parler devant le roi et de lui présenter des cahiers de doléances, ont je ne sais quoi de triste qu'un gnnd roi doit tionjonn éloigner de sajprésenoe. »
4 aVILISATION FRANÇAISE
hommes, qui était exercé autrefois par des milliers de propriétaires souverains, ne Test plus maintenant que par un seul qui s*est substitué à tous les autres. Il possède sur tous les Français, même sur les nobles, les droits que le baron du x« siècle exerçait sur ses sujets. « Point de terre sans seigneur, » disait autrefois Tadage féodal. Donc point de terre en France qui ne soit au roi, le seigneur unique. L'autorité que le roi possédait autrefois sur les habitants de ses domaines s*étend maintenant à la France entière, devenue le domaine du roi.
Louis XIV, en 1710, quand le contrôleur général Desmarets lui proposa d'établir sur tous les revenus Timpôt du dixième, éprouva quelque scrupule à prendre, par des levées arbitraires, Pargent de ses sujets. Son confesseur Le Tellier et les docteurs de la Sorbonne rassurèrent sa conscience. « Il ne douta plus, dit Saint-Simon, que tous les biens de ses sujets ne fussent siens, et que ce qu^il leur en laissait ne fût de pure grâce. » Aussi lisons-nous dans les Mémoires de Louis XIV cette maxime : « Les rois sont seigneurs absolus et ont naturellement la disposition pleine • et eiilière de tous les biens qui sont possédés aussi bien par les gens d'Église que par les séculiers. »
C'est sur ces principes que furent rendues : i^ l'ordonnance de 1692, qui proclame la propriété supérieure et universelle du roi sur toutes les terres et qui exige une année de revenu même des propriétaires de francs-alleux ; 2<» les diverses ordonnances qui déclarent les personnes ecclésiastiques et autres gens de mainmorte incapables de propriété, mais les relèvent de cette incapacité moyennant le payement d'un droit d'amortissement.
Les finances publiques sont devenues les finances du roi : le roi est un noble propriétaire qui a pour revenu le budget de l'État et les cinq cents millions que produit rimpôt. Sous Louis XV, Tabbé Terray, ministre des finances, pouvait dire : « Apprenez, monsieur, que les biens des citoyens sont ceux du roi et que les dettes du roi sont celles de l'État. »
Les affaires publiques, comme nous dirions aujourd'hui, sont les affaires du roi, de même que les juges, l'armée, les routes sont les gens du roi, les soldats du roi, les che-
mias du roi. Les particuliers ne se permettraient pas de critiquer l'exercice qu'il fait de son droit de paix et de guerre, bien que ce soient leurs biens et leurs vies qui sont en jeu. Il est tellement le maître sur son domaine qu'il a le droit de ne pas souffrir que les habitants y professent une autre religion que la sienne. Lors de la proscription des protestants, le grand Amauld, de la secte non moins proscrite des jansénistes, trouvera la mesure violentef mais j non pas injuste. '
A Louis XIY enfant on avait donné pour modèle d'écriture cette sentence : « Aux rois est dû l'hommage ; ils font ce qui leur plait; » à Louis XV, âgé de cinq ans, son gouverneur, M. de ViUeroy, montrant le peuple assemblé sous les fenêtres du palais, lui dira : « Sire, tout ce que vous voyez est à vous. » Nos rois ont sucé avec le lait les maximes du despotisme.
IL Éa Cour.
Versatiles. — Le séjour de Paris rappelait à la royauté qu'elle n'avait pas toujours été si absolue. Pour cette monarchie nouvelle, il fallait un cadre nouveau. Alors Louis XIV, dans un désert, en transplantant des forêts entières, en amenant l'jeau de la Seine par un immense aqueduc, alimenté par la prodigieuse machine de Marly ^ bâtit Versailles. Versailles, où le roi est installé avec sa cour, son gouvernement, ses ministres, où les ambassadeurs des puissances européennes viennent lui rendre hommage, où s'humiliera le doge de Gênes et où se prosterneront les ambassadeurs siamois, devient ainsi la vraie
1. Les iravaax de la machine de Marly, entrepria au tempa de Golbert, darèrent sept années et coûtèrent près de 4 millions de livres, qui en feraient 12 de notre monnaie.
Louvois, qui succède à Colbert dans la surintendance des bâtiments, imagine, pour alimenter Versailles, d'aller chercher à cinquante lieues les eaux de l'Eure, an moyen d'un canal et de l'aqneduo de Maintenon. L'aqueduo seul a 6 kilomètres de long et 03 mètres de hauteur. Les travaux commencèrent en avril 1685 : ils occupèrent vingt-deux mille soldats et huit mille ouvriers ou maçons, durèrent près de trois années, dépensèrent près de 9 millions de livres, et, par les émanations des terres remuées, coûtèrent
6 CIYILISATIOir FRANÇAISE
capitale de la France*. Phis d*im siècle de notre' histoire j9l se passer là : le gonveniemeiit rojal sera pour TEarope (m cabinet de Versailles.
Dans cette yiUe singulière^ astonr d« diàteaa da nri, on ne TOjait qne des dépendances éa ckàtea», écones, casCTnes, logis des serviteurs, hôtels des covrtisaaa.
Là, hommes et choses, tout était tel ciéatioa àa voL Les hommes n'y avaient d'antre pensée que Ini et n'étaienl là que pour le servir. Les artistes, poursuivant la divinisation de la royauté, avaient dans la décoration du palais multiplié rimage du soleil, car le soleil c'était le roi lui-même^ le roi-soleil, éctairant tout, animant tout, capable d'illn-> miner d*autres mondes (née p^tiH^tistn^Mr). Tous les dieu, toutes les déesses de la mythologie païenne, Jupiter avec son tonnerre. Hercule, vainqueur des nmoetres, Apotton^ inspirateur des muses et roi de la lumière, ne soat là que comme les lieutenants et les serviteurs du dieu nouveau. Même le Dieu des chrétiens, bien qu'il ait dans le palais une église, n'y semble pas te vrai maître : la chapelle de Versailles est disposée de telle façon que si le roi, dans la tribune royale, a la face tournée vers l'autel, une partie des assistants, ceux qui occupent les tribunes du premier étage, c'est-à-dire surtout les dames, ont la face tournée vers le roi. lis semblent lui rendre le culte que lui-même veut bien rendi-e à Dieu *.
La HaisoB dn roi. — A Versailles, toute une armée, 10 000 hommes de cavalerie et d'in^sinterie, Félite des
1& vie à près da dix mill» honuxm. La goerra d« la Ligue d'Augsbooig rappela sur le Rhin les régiments décimés. L'ouvrage fut définitivement abandonné et il n'en reste aujxnird'hni que dbs ruines.
1. Les dames venaient à tous les offices où le roi assistait, mais ne venaient guère qu'à ceux-là. En hiver, elles occupaient leurs plef^es da boana heure, allumaient devant elles de petites bougies, sans doute pour mieux lire dans leurs livres de prières, peut-être aussi pour que leur visage fût bien éclairé. Brissac, capitaine des gardes, leur fit, un jour, un tour de sa façon. Il donne, à haute voix, l'ordre aux gardes de se retirer. « Le roi ne vient pas au salut, » dit-il. Et les dames da s'en aller. La roi arrive et parait fort étonné de voir le» tribunes presque vides et la plupart des bougies éteintes. Il en rit ensuite avec Brisaac. « On sut à peu près, dit Saint-Simon, qui étalant celles qui avaient soufflé leurs bougies... Il y en eut de furieuses qui voulaient dévisager BrÎMac, qui ne le méritait pas mal par taus la» propoa qu'il tint sur elles- »
£A cqxm 7
troapes de F)rance, formait sa garde o« sa maisoa militaire; 4 000 serviteurs de tout rang s*iempressaient autour de sa personne et formaient sa maison eiTilfe ; 5 000 che^ Taux peuplaient ses écuries ; à plusieurs lieues à la roade, le pays était comme son parc ou son terrain de chasse. La maison civile du roi était une administration immense ^ Vers la fin du xvjip siècle, elle se divisait en vingt-deux départements : il y avait Taumônerie, la grande maison, la maison du roi^ la bouche du roi, lia chambre du roi, lia garde-robe du roi ; il y avait la grande écurie, la petite écurie^ la vénerie, la grande fauconnerie, la looveterie, etc. La èottc^ du roi se subdivisait eHe^même : il y avait la panneterie^-bouche, Féchaasonnerie-bouche, la csisinebouche, qui! ne fallait pas confondre avec la panneterie commane, Téchaiisonnerie commune, la cuisine commune, réservés aux gens de la maison; m avee le gobelet du roi, qui formait nn service spécial.
Bans dïacime de ces divisions, «n menée de ehels^ é^aidiss, d^eraployés de tout rang. Dans la eaisÎBe-boaiebe, des éeuyers, des mattres-queux, des hasteur» de rôt, cpà n'avaient d'autre fonction que d^^embrecher le rôti, des potagers, des pâtissiers, des galopins, des porteurs, des avertisseurs, des gardeurs et des kkveurs de vaisselle \ etc.
l/étlquecte. -*- La plus haute noblesse de France, k commencer parles princes du semg, se disputait les cf&ees dfe cette royale domesticité; En 178^, un prince de Gondé était grand maître ; un duc de Benîlittn, prime souverain
1. A la tâte de ces sêrriees sont les grar^ officiers, dbnt les principaux ■ont le grand anmônier, la grand maître de Franoe, le grand chambellan. Le grand maître de Franoe a sous ses ordres le grand pannetier, le grand éohanson, le premier écnyer tranchant, etc.
?. Ontre la maison da roi, il y a la mabon de la reine, celle da dauphin, celle des fils et des fillea, des petits-fils et des petites-filles dn roi, celle de Monsienr, celle de Madame, le frère et la sœur du roi. Aussitôt qu'il naît nn enfant du sang royal, on lui compose une maison. En 1750, l'aTocat Barbier nous décrit ainsi l'étiquette qui règne autour d'une petite fille que yient d'avoir la dauphine : « La nourrice n'a d'antres fonctions que de donner à boire à l'enfant quand on le lui apporte ; elle ne peut pas y toucher. Il y a des remueusest femmes préposées pour cela, mais qui n'ont point d'ordre à recevoir de la nourrice. Il y a des heures pomr remuer l'enfant, trois ou quatre fois dans la journée. Si l'enfant dort, on le réveille pour le remuer... Si une épingle le pique, la nonrrice ne doit pas Tôler; il fant chercher et attendre une antre fbmme. s
à rétranger, était grand chambellan; le duc de Richelieu, premier gentilhomme de la chambre; le duc de Liancourt, grand maître de la garde-robe. Les plus petits emplois à la cour, cravatier ordinaire du roi ou capitaine des levrettes de la chambre, y étaient recherchés. Ceux d'huissier, porte manteau, valet de chambre s'achetaient trente, quarante, cent mille livres.
Au temps de Henri IV et de Louis XIII, les courtisans avaient conservé une certaine liberté d'allure et de parole. Puységur, à qui Louis XIII avait promis une charge qu'il ne lui avait pas donnée, osait lui dire : u Je croyais la parole des rois inviolable. » Le duc de Bellegarde, en 1621, au grand ébahissement de l'ambassadeur anglais, s'amusait à jeter des dragées dans les cheveux de Marie de Médicis.
Cette familiarité cesse avec Louis XIY, pour faire place à un silence respectueux, à l'adoration, à Fextase.
L'étiquette détermine les rangs, les droits, Mordre des préséances. En présence du roi, dans les occasions solennelles, tout le monde reste debout, sauf les princes et princesses du sang qui ont droit à des fauteuils, et les duchesses qui ont droit à un tabouret ou pliant, l'ambition suprême et l'envie de toutes les femmes titrées.
Le culte dn roi. — Le service du roi, ce n'était pas un service ordinaire : c'était un culte. Son lever, son coucher étaient des cérémonies presque rehgieuses. Quand le roi se levait, on introduisait les courtisans, non pas d'un seul coup, mais en cinq séries, où chacun avait sa place rigoureusement marquée : d'abord Ventrée familière, qui se composait des princes du sang; ensuite la grande entrée, qui comprenait les seigneurs les plus titrés; puis Ventilée des brevets, c'est-à-dire de nobles particulièrement favorisés; puis Ventrée de la chambre, qui introduisait une foule de gens, parmi lesquels les colonels et les capitaines des gardes; enfin la cinquième entrée, qui amenait tout le reste. Après la grande entrée, le roi sort du lit : on lui chausse ses pantoufles, on lui présente sa robe de chambre. Après l'entrée des brevets, on lui apporte sa chaise percée. Après l'entrée de la chambre, il se lave les mains et on apporte sa chemise. Après la cinquième entrée, on lui présente sa chemise. L'honneur de la lui présenter est réservé aux fils
OU aux petits-fils du roi; à leur défaut, aux princes du sang; à défaut de ceux-ci, au grand chambelJan ou au premier gentilhomme de la chambre. Même cérémonie pour les autres pièces de Thabillement. Le lever se termine par une prière dite par Taumônier. Le roi peut alors se rendre à son conseil. S*il est indisposé et yeut prendre un bouillon, s*il est malade et doit prendre médecine, c'est encore en grand public et grand appareil.
Ses actes les plus indifférents ont leur importance, et Dangeau, le courtisan modèle, a passé toute sa vie à écrire un journal qui ne tient pas moins de seize volumes, où Ton note, heure par heure, tout ce que le roi a dit et fait, tout ce qui s'est dit et fait autour de lui. Ceux qui tiennent à lui, qui sont ses domestiques, son premier peintre ou son premier barbier, ont, comme les anciens officiers de nos rois, toute une administration sous leurs ordres. Fagon, premier médecin i de Louis XIY, a tenu le a Journal de la santé du Roi », de son appétit, de ses digestions, de ses indispositions, des purgations et des saignées qu'il lui a prescrites *. Tout ce qui touche à lui est sacré : quand on doit traverser l'appartement du roi et, même en son absence, passer devant son lit, les femmes du plus haut rang, mais surtout les princesses du sang, sont tenues de faire une révérence, comme en passant devant un autel.
Le roi, en tous ses actes, dans sa chambre à coucher, dans sa salle à manger, où il n'admet personne que la reine à s'asseoir auprès de lui, est en spectacle, et il se prête à cette curiosité dévote. Partout et toujours, il représente, il officie, il pontifie. Rien n'égale la majesté de son attitude, quand il descend, suivi de toute sa cour, à pas comptés, la main appuyée sur sa longue canne, le grand escalier de Versailles. Voyez-le à Marly, où il se croit en villégiature : ce palais est formé d'un pavillon central et de
1. C'était une charge considérable : le premier médecin acquérait la qualité de comte à titre héréditaire, avait le brevet de conseiller d'État et une juridiction sur l'esercice de la médecine et de la pharmacie dans tout le royaume. Le premier chirurgien et le premier barbier du roi, deux autres grands personnages, avaient aussi leur juridiction et leurs lieutenants dans toutes les villes de France.
2. Un autre de ses médecins, Daquin, constate que « Sa Majesté est scyelte, comme le reite dea homir^s^ à s'enrhumer lorsqu'il fait froid. »
iO CIVILISATION FRANÇAISE
douze pavillons rangés à droite et à gauche, par allusion à la demeure du sol«il et aux douze signes du zodiaque. Chaque matin, Louis XIY visitait les douze pavillons, « dont les hôtes sortaient à sa rencontre, Fai rendaient leurs hommages et grossissaient succesûvemeni son cortège ». G*est majestueusement aussi qu^l s'amusait : Louis XTV, an témoignage de Mlle de Scudéry, k conservait en jouant an billard Tair d'un maître du monde ».
Pour les fêtes galantes de la cour, les plus grands écrivains, les génies du siècle ont apporté leur tribut. Racine concourt avec le grand Corneille pour la pièce de Béré^ nice, pleine II* allusions aux amours du grand roi avec Olympe de Mancini; dans Esther, sous les noms de l'altrère Vasthi et de la modeste Juive, c'est de l'orgueilleuse Mme de Montespan et de la discrète Mme de Maintenon qu'il s'agit. Molière, dans son Amphitryon, montre un mari trompé par Jupiter, et tout le monde reconnaît M. de Montespan et Louis XIV.
Partout les villes, Lyon, Dijon, Remies, Poitiers, lui étè*vent des statues. Paris lui en dresse une, qui est colossaïe, sur la place Vendôme et érige les arcs de triomphe de la Porte-Saint-Denis et de la Porte-Saint-Martin. Le duc de la Feuillade pousse encore plus loin l'idolâitrie : il crée une place, qu'il appelle place des» Victoires, et sur cette place il élève une statue de Louis XIV foulant aux pieds de son cheval les peuples vaincus et enchaînés. Le jour de l'inauguration, il défile trois fois autour du monument à la tète de son régiment, des archers de Paris, du corps municipal, et la nuit fait allumer des lanternes, en manière de cierges, autour de l'idole. En un mot, dit l'abbé de Choisy, on fit là « toutes les prosternations que les païens faisaient autrefois devant les statues de leurs empereurs ». Du reste, le roi seul a lie droit d'avoir son image sur les places publiques : en ce point, il est jaloax même de ses ancêtres. Quand les États de Béarn demandent à élever à Pau une statue à leur compatriote Henri IV, Louis XIV leur permet de lui en élever une à lui-même ; mais les Béarnais, toujours avisés, gravent sur le piédestal cette inscription : « A celui qui est le petit-fîls de notre grand Henri. »
C'est ainsi que' le xviii<> siècle avait eo^nç» cette royauté
LA COUR il
sans pareille dans le monde, exaltée par le peiifde et les grands» célébrée par Téloquence dies orateurS) te génie des poètes et des artistes, consacrée par l'Église eèle-môme, ayant Feçu directement de Dieu le don des miracles et le droit de guérir les écrouelles par te simple attouchement de la main royale ^, divinisée comme le fut le pouvoir impérial dans Tancienn^ Rome» ayant son temple à Versailles et ses prêtres attitrés dans les courtisans.
lie» n»bles à hi covp. — Louis XIV fit à sa noblesse une obligation de séjourner à la cour. Chaque jour, à son lever, à son coucher, raconte le duc de Saiat*Simon, « il ▼oyait et remarquait tout le monde; aucun ne lui échappait, jusqu'à ceux qui n'espéraient pas même être vus. » Il observait les absences du moindre courtisan et lui en savait mauvais gré. « Je ne le connais point, » répondait-il désormais aux sollicitations de ses amis. Ou encore : « C'est aa homme que je ne vois jamais. »
Au reste, il n'avedt pas besoin d'user de tant d« rigueiur. Les nobles désertaient en masse leurs magnifiques châteaux de province, leui's somptueu*x hôtels de Paris. Leur suprême amJliition était d'obtenir un appartement à Versailles, e'est-à-dire une chambre étroite, incommode, servant pajv fois de passage, oAis où ils se trouvaient les commensaux du maître. Là iJâ se composaient sur lui ', portant ses modes, répétant ses mots, tous jeunes quand il fut jeune, tous vieux et étroitement dévots quand il vieillit *, fâchés de
1. Loais XIV, à son sacctv a toaohÀ 2500 psraonnw affaotéa» d'écroueUes. Son contemporain, le roi d'Angleterre Charles II, a opéré fôOO fois en on jour, 100 000 fois dorant son règne ; Jacques II guérissait, même pendant •on exil.
2. La Fontaine, daas ftw^Falfles^ en affectani de peindra la «our du lion, » réellement déiurit la cour el les courtisans du gpand roi, et avec une verv« dontl'aadac» est remaccpiabl» poor l'époqu* :
Je définis la oour un pays où. les gens,
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents.
Sont ce qu'il plaît au prince ou, s'ils ne peuvent Tétre,
Tâchent au moins de le paraître, Peuple caméléon, peuple singe du maître; On dirait qu'un esprit anime mille corps : C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.
8; Le roi, qm pendant tfosse on qvmne ans n'araît paw ftiit le carême^ M mit à roheerver rigoureusement, exigea que la oour- rimitftl et qvn le
42 GITILISATION FRANÇAISE
a être pas malades quand il Tétait ^. La plus cruelle dis* grâce qui pût les frapper était qu'on les invitât à retourner pour quelques semaines sur leurs terres. Dans cet exil, ils languissaient loin du maître, ToreilJe tendue du côté de la cour, faisant agir tout ce qu'ils avaient d*amis, prêts à toutes les soumissions et à toutes les bassesses pour obtenir leur rappel. Un courtisan éloigné de la cour était comme un corps sans âme. Il n*avait plus d'esprit, n'était plus au courant de la mode, ne savait plus s'habiller. M Sire, disait l'un d'eux, le marquis de Vardes, après son rappel , loin de vous , on n'est pas seulement malheureux, on devient ridicule. » Le duc de Richelieu, suppliant Mme de Maintenon d'obtenir son pardon du roi, lui écrivait : « J'aime autant mourir que de rester deux mois sans le voir. » La Bruyère pouvait dire : « Qui considérera que le visage du prince fait toute la félicité du courtisan, qu'il 9'occupe toute sa vie de le voir et d'en être vu, comprendra un peu comment Dieu fait toute la gloire et toute la félicité des saints. »
Désormais le titre de duc ou de comte, la gloire des ancêtres, les beaux exploits de guerre, tout cela n'est rien. On n'existe que par le rang qu'on tient à la cour, par la facilité qu'on a d'approcher du roi. Un simple chambellan est plus important dans le monde qu'un descendant des croisés retiré sur ses terres.
Les anciens rois, pour s'attacher leurs serviteurs, étaient obligés de leur distribuer des domaines, des gouvernements, l'épée de connétable, le bâton de maréchal. Louis XIV contenta les siens à moins de frais. C'était un
lieutenant de police à Paris veill&t à ce que personne ne mangeât de viande. Le vendredi saint, il ne souffrait sur sa table que des légumes, pas même de poisiion. En 1684, remarque Dangeau, « le roi, à son lever, parla des courtisans qui ne faisaient point leurs pàques, et dit qu'il estimait fort ceux qui les faisaient bien, et qu'il les exhortait tous à y songer bien sérieusement, en ajoutant même qu'il leur en saurait gré. Il fit tancer les gens qui causaient à la messe. On le voyait à l'office dire son chapelet, — « il n'en savait pas davantage », assure Saint-Simon, — toujours à genoux, excepté à l'Évangile. » — La Bruyère a un mot terrible : « Un dévot est celui qui, sous an roi athée, serait athée. »
1. Quand le chirurgien Fagon eut opéré le roi de la fistule, une foule de eourtisans vinrent le trouver pour ôtre aussi opérés «t se fichaient quand il leur disait qu'ils n'avaient riea.
honneur sans égal que d'être autorisé à porter certain justaucorps bleu doublé de rouge, qu'il s'était réservé pour lui et pour ceux à qui il accordait par écrit la permission de le porter. On appelait ce vêtement le justau^ corps à brevet. Le nombre de ces privilégiés était limité : les princes du sang eux-mêmes n'obtenaient cette faveur que lorsqu'il y avait une vacance. Voulait-il faire d'un courtisan l'objet de l'envie universelle, Louis XIV le désignait pour tenir le bougeoir à son coucher ^ Gela ne s'accordait qu'aux plus titrés. De même, pour monter dans les carrosses du roi, il fallait preuve, par-devant le généalogiste de la cour, d'un si grand nombre de quartiers de noblesse que le roi lui-même n'aurait pas eu, à la rigueur, le droit d'y monter, attendu que Henri IV s'était mésallié en épousant Marie de Médicis.
Ruine et mendicité de la noblesse de la conr. — Dans les fêtes royales, par une oisiveté funeste, par le jeu qui prend des proportions insensées, toute cette noblesse se ruine : elle aliène, elle hypothèque ses fermes, ses moulins, ses prairies. Par là, elle est plus complètement encore à la discrétion du monarque : le roi paye les dettes des grands seigneurs, leur donne sur sa cassette de l'argent pour le jeu, leur accorde des sinécures bien payées, de grosses pensions, des régiments ou des évêchés pour leurs fils cadets, des abbayes pour leurs filles. Us sont non seulement les commensaux, mais les parasites de la royauté. Eux qui ne voudraient pas faire le commerce, crainte de déroger à leur noblesse, ils s'associent avec des financiers suspects et les recommandent au roi à condition de recevoir des pots de vin. Les courtisans ont toujours quelque chose à solliciter du prince. Ce n'est pas seulement pour contempler ses traits qu'ils passent quarante ans à la cour sans même oser découcher, qu'ils se tiennent des journées entières debout dans l'antichambre. « Vous n'avez que trois choses à faire, répétait l'un d'eux à un débutant : dites du bien de tout, le monde, demandez tout ce qui viendra à vaquer, et asseyez-vous quand vous pourrez. » Le valet de
1. tt Vous remarquerez, est-il dit dans l'État de la Francs, qu'il n'y a que !• roi qui ait un bougeoir à deux bobèches et k deux bougies; les bougeoirs de la reine n'ont qu'une bobèche et qu'une bougie. »
H CiVILISATlOir FRANÇAISE
chambre du duc de Noailles disait le soir à son maître : f[ Â quelle heure monseigneur veut-il que je réveille demain? — A dix heures, s'il ne meurt personne, car s'il meurt quelqu'un, il faudrait se lever de hon matin pour demander sa place. »
.Les femmes Dobles à la eoar. — Les femmes à la cour ont les mêmes devoirs à remplir que les hommes : s'habiller, se parer, être à la messe du roi, le matin; à la chasse du roi, dans la journée; au jeu du roi, dans la soirée, et le reste du temps dans l'antichambre ou dans les salons de la reine, des princesses, des dames en crédit. La 'plupart envient la situation qu*ont prise auprès du prince Mlle de la Vallière, Mlle de Fontanges, Mme de Montespan. Plus tard, sous Louis XV, elles s'indigneront de voir la faveur royale s'égarer sur de simples bourgeoises comme Mme de Pompadour, ci- devant Mlle Poisson, ou Mme du Barry, ci-devant Jeanne Vaubemier. Les parents, les frères, quelquefois les maris, partagent ces sentiments : on s'étonne de voir M. de Montespan faire tant de bruit de son déshonneur et obliger ainsi le roi à l'exiler sur ses terres. C'est qu'une dame qui a su conquérir les bonnes grâces du prince est une source de faveurs et de richesses pour toute sa famille. Les désordres mêmes de Louis sont considérés avec respect. Ses affaires de cœur sont des affaires d'État; c'est le grand Golbert qui se charge d'aller trouver Mlle de la Vallière dans son couvent, où, sous le coup de ses premiers remords, elle s'est réfugiée, et la décide à revenir à la cour; Bossuet, après avoir travaillé à séparer le roi et Mme de Montespan, fléchit ensuite : il estime qu'elle peut vivre chrétiennement à la cour. On admet que Louis XTV, se mettant au-dessus de toutes les lois de l'Église et de l'État, ait fait légitimer les enfants de Mlle de la Vallière, puis les enfants de Mme de Montespan, ces derniers issus d'un double adultère.
Enfants légitimés du rot. — 11 crée pour eux des titres, empruntés aux plus nohles villes et provinces de France : une fille de Mlle de la Vallière devient Mlle dé Blois, et un prince du sang le prince de Conti, frère de celui qui aspira au trône de Pologne, a brigué et obtenu l'honneur de l'épouser. Une fille de Mme de Montespan décent Mlle de Nantes,
LA GOim 46
et le grand Gondé sollicite sa main {jour son petit-fils, le duc de Bourbon. Une autre épouse le duc de Chartres, le propre neyeu du roi. Des Ms de Mme de Montespan, l'un sera le comte de Toulouse et Tautre le duc du Maine : celuinsi épousera une petite-fille à& €ondè, Mlle de Charolais ^.
Reines et ffaTorUes. — S^ms Louis XIV et Louis XY, le rôle des reines est bien effacé. M^nte à Fépoque précédente, Catherine de Médicis, Marie de Médicis, Anne d'Autriche eurent une grande situation, non comme épouses, mais comme mère^ de rois et comme ifégentes. Il semble que la nationalité de nos reines, fillieB ou sœurs des princes a^ec lesquels nous sommes en guerre, mette en défiance les ministres : ils préfèrent de beaucoup, même au détriment de la morale publique, Tioâueiiee de favorites françaises, qui leur parait un correctif à Tinfluence die rmes étrangères. L'Espagnole Marie-Thérèse d'Autriche, femme ée Louis XIV, la Polonaise Marie Leezinska, femme de Louis XV, paraissent à peine dans Thistoire. L'une ne nom est guère ctmnue que par Foraison funèbre de Bossuet; l'autre, confinée dans son oratoire, y passe les instants que ne hii réclame pas le cérémonial de la cour. Tbut leur r61e consiste à prendre part à la représentation Fojale, à donner des héritiers à la couronne et à fournir des prétextes aux guerres de nos rois.
Pourtant, entre Louis XIV et Louis XV, il y a une différence. Le premier ne laissa (vendre à aucune de ses laTorites la moindre influence sur sa politique : elles ne commandèrent qu'à la mode-. Mme de Maintenon semble fistire exception; mais n'oublions pas qu'elle fut la femme légitime du roi, en vertu d'un mariage secret, célébré la nuit, en 1685; en second lieu,, sa grande autorité vient, non de ee qu'elle imposa ses vues k Louis XIV, mais de ce que, même dans l'affaire de la Révocation, elle sut obéir.
Sous Louis XV, le rôle des favorites fut énorme. On attribue à Mme de Châteanroux une action salutaire sur le
f. Lm princes de la maison royale, les descendants dts saint Lonis, étaient ■oins fier» que les princes éCraagers^ ear le prince d'Oraage, à qui l'on •Tiit offert la main de Mlle de Blois,. devesjxe veuve da prince de' Conti, répondit insolemment que « ceux de son nom étaient accoutumés à épouser les mies légitimes des rois. »-
caractère da roi, et c'est au temps de sa puissance que ce prince gagna la bataille de Fontenoy. Mme de Pompadour eut assez d'influence sur la politique intérieure pour faire chasser les jésuites et assez d'influence sur la politique extérieure pour faire succéder à la rivalité tradilionnelle avec la maison d'Autriche une union intime avec cette puissance : elle porte à un haut degré la responsabilité de la funeste guerre de Sept ans. Mme du Barry, dans la dernière partie du règne, eut une action négative; sa propre frivolité fut un encouragement à la nonchalance du prince : c'est l'époque de l'abdication presque complète de Louis XV dans les choses du gouvernement. Toutes ses favorites tinrent en échec TinfLuence des ministres. Aucun de ceux-ci n'était sûr du lendemain s'il entrait en lutte avec elles : Mme du Barry amena la disgrâce de Choiscul, un fait qui eut un retentissement européen : elle fut le principal soutien du triumvirat (d'Aiguillon, Maupeou et Terray).
Louis XVI n'eut pas de maîtresses. Aussi l'influence de la reine Marie-Antoinette fut très grande, trop grande même, le jour où il lui coûvint de l'exercer. Avec ses favorites, M mes de Lamballe et de Polignac, elle contribua au reaversement des ministres réformateurs, et engagea son mari dans une série de fausses mesures qui amenèrent la chute de la royauté.
Influence de la eoor sur les finances et les mœurs. •— La cour, cette grande armée de nobles qui tendent la main, c'est la ruine de la France. C'est surtout pour la cour que fonctionnent les tailles, les aides, la gabelle et toutes les inventions fiscales des financiers aux abois. Un régiment de la maison du roi coûte plus que quatre régiments de l'armée de ligne, Versailles a coûté 400 millions, plus que le revenu d'une année. L'aqueduc inachevé de Mainlenon, avec sa dépense de 9 millions, a coûté à l'État plus que le canal du Languedoc, et les travaux ont fait périr plus d'officiers et de soldais (ju'une bataille rangée. Quand le roi n'a plus d'argent pour la solde des troupes, pour les rentes des créanciers de l'État, il en a encore pour les courtisans.
Ce n'est pas seulement pour la masse des contribuables que la cour était un fardeau. C'était le luxe du clergé de
cour qui réduisait à la portion congrue le clergé des campagnes. G^était rapidité de la noblesse de cour qui réduisait à la misère la noblesse de province. Le courtisan, toujours à raffut des grâces, s'interposait comme un écran entre la faveur royale et les sujets. G*est pour cela qu'à la lin les châteaux, contre le Château, se trouvèrent presque d'accord avec les chaumières et les presbytères. Le marquis de Ferrières écrira en 1789 : u La plupart des nobles sont si las de la cour et des ministres qu'ils sont presque des démocrates. »
Le roi esclave de la cour et de l'éM^nctte. — Le roi> qui est Tamphitryon de Versailles, condamné depuis le lever jusqu'au coucher à en faire les honneurs, n'est plus chez lui. Pour obtenir un instant de liberté, le voilà bientôt réduit à fuir Versailles. Déjà Louis XIV a Marly, Trianon, où il se réfugie avec une société d'intimes. Bientôt la cour vient l'y relancer : on veut avoir ses entrées à Marly comme à Versailles, son appartement dans le petit château comme dans le grand. Alors le roi institue les Marly s y fournées d'invités de plus en plus nombreuses ; tout bon courtisan se croirait disgracié s'il n'y était pas compris ; le cardinal de Polignac affirmait que la pluie de Marly ne mouillait pas. Là aussi, la vie de cour, la servitude de cour recommencent pour Louis XIV. Son successeur est aux prises avec les mêmes exigences et cherche également à y échap* per : il se réfugie à Bellevue, à Choisy, chez Mme de Pompadour; à Louveciennes, chez Mme du Barry; il finit par avoir ses retraites cachées, ses petits appartements, où il fait son café lui-même. Sous Louis XVI et' Marie -Antoinette, la cour est sans cesse en voyage de Versailles à Fontainebleau, à Choisy, à la Muette, à Gompiègne, à Saint-Hubert, à Rambouillet. Trianon devient une ferme : la reine s'habille en paysanne d'opéra-comique et trait les vaches elle-même. Le roi reste chez lui et s'occupe à fabriquer des serrures ou à dessiner des cartes de géographie. Mais c'est à peine s'il peut dérober quelque heure dans la journée : l'étiquette, la représentation le reprennent aussitôt.
L'étiquelle est devenue à chaque règne, de Louis XIV à Louis XV, de Louis XV à Louis XVI, plus asservissante pour
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le roi. Louis XIV trouvait encore do ten»ps pour travailler : de neuf heures et demie du matrn à midi, il pouvait s'eOfférmer avec ses ministres; de* de«x heuves^ an dtner, puis de sept heures à huit lieures^ il pouvait s'enfermer chez Mme de Mainten<0n, où les ministres Tenaient le retrouver. Louis XV est bieO' moins libre. L'ambassadieur d'Autriche écrira à sa cour : <« Son genre de vie ne lue laôsse pas une heure dans la journée à s'occsper d'affaires semeuses. >» Le laborieux roi de Prcisseï, Prédério il, s'étant £ait expUquer l'emploi du temps chez son confrère de Versailles, disait que, s'il étaAt rok de Fraoïee, son premier édit serait pour faire un au^trs' roi qui tiendrait la cour à sa plajce*.
Aussi le prince travaiifle de moins en moins. An xviii* siè* ele, il règne et ne gon^rne p«Si Ce pouvoir que le roi a voulu si absolu, il lui éehappe. |^ur passer aux mains des ministres et des favorites;.
Bientôt les ministres eux*niênies^ si laborieux sous Louis XIV, ûniesenA par' se laissée prendre à la vie de cour, entraîner dans le taurbiUoi» des réceptions et des fêtes. Le pouvoir réel passe de leurs maûis à celles dé leurs premiers, einployés, et alors la royauté n'est plus une aiUocratie : ce n'est plus qu'une bureaucratie, le gouvernement des commis. C'est au preât des. bureaux que la monarchie se trouve avoir abattu tous les anciens pouvoirs. Église, aristocratie, parLements» municipalités, et dépouillé le pays de toute représentation nationale et de toute liberté politique.
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— Bossuet, Politique tirée des paroles de VEcriture sainte. — L'Etat de la France^ édition de 1661. — Journal de Dangeau. — Saint-Simon, Mémoires (édition Boislisle). ~- Ezéchiel Spanheim, Belalion de la cour de France (1690). — L. de Carné, JSist. de la liberté politique en France.
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Clément, Madame de Maintenon. — Â. Geffroy, même titre. — De Noailles, iJt^^. de Madame de Maintenon^ — lAvallée, même titre. — E. et J. de Ooncourt, La Duchesse de Chateauroux; Madame de Pompadour; Madame du Barry. — Sur madame du Barry , ouvrages de Ch.
Viatel, Pawlowski, Le Roi. — E. de Barthélémy, Mesdames de Finance,
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