L.e droit des genn dans la ffoerre maritime. — La
guerre maritime se faisait aussi cruellement. Là encore, on s'attaquait surtout à la propriété privée. Au début des hostilités, les gouvernements délivraient à des particuliers des lettres de marque : ceux-ci armaient des navires^ corsaires et faisaient la course, c'est-à-dire la piraterie. Vaisseaux de TÉtat et corsaires faisaient main basse sur les navires marchands, y prenaient aussi bien les denrées de commerce, les effets des passagers et des matelots inoffensifs que les munitions de guerre, confisquaient ou coulaient les bâtiments et allaient vendre leurs prises dans les ports amis.
Résultats de la politique française* — Telles furent la diplomatie et la guerre sous l'ancien régime. Ces détestables procédés ne doivent pas nous faire oublier la grandeur des résultats obtenus. Nos rois purent réunir à leur domaine l'Artois, la Flandre, le Roussillon^ l'Alsace, la Franche-Comté, la Lorraine, la Corse, et former l'État le plus compact et le plus puissant de l'Europe. Ils ne réussirent pas à réaliser toutes leurs ambitions; ils ne parvinrent pas à refaire l'ancienne Gaule : la Savoie, la Belgique, la rive gauche du Rhin leur échappèrent. A Ja fin du xviii« siècle, l'agrandissement des autres États, de l'Angleterre sur mer, de l'Autriche en Italie et en Pologne, la naissance de deux formidables monarchies militaires, la Prusse et la Russie, compensèrent à notre désavantage l'accroissement de notre territoire. La France, en ce siècle, fut une puissance plus pacifique et plus modérée que les autres. Louis XIV avait été le tyran et la terreur des petits États du voisinage. La monarchie de Louis XV se constitua, au contraire, leur protectrice. Elle défendit la Bavière, Gênes, contre l'insatiable ambition de l'Autriche. Cette politique sage et humaine eut un heureux résultat. Rien n'ajouta plus à la force de notre pays que l'existence de tous ces petits États qui lui formaient comme une ceinture et qui empêchaient un contact dangereux avec les grands États conquérants. Au nord, la Belgique, que l'Autriche gouvernait de loin, était un voisin commode; l'Allemagne, au lieu de nous opposer, comme aujourd'hui, un front menaçant et de peser sur notre frontière de tout le poids
de la monarchie prussienne, nous présentait précisément de ce côté les plus petits et les plus faibles de ses innombrables États. C'étaient les trois archevêques-électeurs de Mayence, Trêves, Cologne, les évoques de Spire et de Worms, les petits duchés, comtés, principautés, de Bade, Palatinat, Deux-Ponts, etc. La Suisse était notre alliée. L'Italie restait divisée.
Après s'être fait redouter au siècle précédent, la France respectait plus que personne le droit des gens. Bien qu'elle fût encore le plus puissant des États européens, elle ne fit pas alors de conquêtes ; car elle obtint la Lorraine comme héritage de Stanislas, père de la reine, et la Corse fut achetée aux Génois. On respecta l'indépendance des petits Etats enclavés dans notre territoire, comme la république de Mulhouse, la principauté de Montbéliard, le comtat d'Avignon.
Les défaites de la guerre de Sept ans avaient porté atteinte au prestige de la France, mais n'avaient diminué en rien sa puissance réelle. Voici ce qu'en pensait Bielfcld, en 1772, tout à la fin du règne néfaste de Louis XV : « On peut diviser les puissances de l'Europe en différentes classes. Or, si l'on examine la chose de près, on ne peut guère ranger dans la première de ces classes, que la France, parce que c'est la seule puissance qui trouve tout en ellemême. Troupes, marine, revenus, ressources, forteresses, commerce, navigation, rien ne lui manque. Elle peut faire la guerre sans le secours de personne, et certainement il n'y a pas de puissance en Europe qui soit dans ce cas-là. ».
Ouvrages a consulter. — Recueil des Instructions données auxamba^^sadears et ministres de France ù Tétranger. (Publ. du Min. des Aff.
Étrang.)
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— Boutaric, Correspondxince secrète inédite de Louis XV. — Gaillardet, Le chevalier d'Eon. — A. Vandal, Louis XV et Elisabeth de liussie et Une ambassade française en Orient.
— P. Fauchille, La ligue des Neutres. — B. de Marsangy, Vergennes.
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