‹ Histoire de la civilisation françaiseChapitre 33 sur 135 · Il fui iasUlué en 1771, puis supprimé en · texte numérisé non relu

Il fui iasUlué en 1771, puis supprimé en

3. Le colonel prenait le titre plus modeste de mestre-de-camp quand il avait au-dessus de lui un colonel général.

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pagnies. On sait, par Mme de Sévigné, comment il rabroua un jour M. de Nogaret. S'ils se souvenaient trop de l'ancienne liberté nobiliaire, s*ils avaient trop de peine à se plier à « l'obéissance sans réplique », voici ce que leur faisait dire le ministre : « Le premier à qui il arrivera de désobéir sera cassé. » Si la crainte d'être cassé ne suffisait pas, « le roi, mandait Louvois à un chef de corps, désire que vous fassiez mettre en prison ou au cachot le premier qui ne vous obéira pas ou qui vous fera la moindre difficulté ». Si, mécontents d'être ainsi traités, ils parlaient de donner leur démission, Louvois écrivait : « Je crois Montil trop sage pour me demander à se retirer, parce que ce sera le chemin d'aller se reposer à la Bastille, où le roi met d'ordinaire ceux qui lui font de pareilles propositions. »

Déjà Richelieu avait enjoint aux capitaines de s'occuper eux-mêmes du recrutement de leurs hommes, au lieu de s'adresser aux racoleurs, Louvois veilla à ce que les enrôlements se fissent par des officiers en uniforme, qu'ils n'enrôlassent que des sujets propres au service, que les fraudes et les violences trop graves ne fussent plus employées, que les morts et les déserteurs fussent remplacés et les compagnies tenues au complet, que le capitaine ne reprit pas aux hommes l'argent qu'ils avaient reçu pour s'enrôler, qu'on ne les gardât pas au régiment plus longtemps que leur engagement.

Les passe- volants punis. — La fraude la plus grave consistait à tromper le roi sur le nombre d'hommes présents dans la compagnie, afin de toucher la solde des manquants. A cet effet, les jours de revue, le capitaine mêlait à ses soldats des gens ramassés n'importe où, qui ne figuraient que ces jours-là dans i'efl*ectif et qui disparaissaient ensuite, même des valets, des soldats prêtés par d'autres capitaines. On les appelait des passe-volants. Une compagnie pour laquelle le roi payait la solde de soixante hommes risquait de n'en comprendre en réalité que quarante. Il en résultait qu'un général qui croyait pouvoir compter sur soixante mille hommes ne disposait, le jour de la bataille, que de quarante mille. Les capitaines, après le combat, inscrivaient au nombre des morts des soldats qui n'avaient

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jamais existé; les ministres s'étonnaient des pertes énormes essuyées par Tarmée française ; ils étaient tentés de récompenser les capitaines dont les compagnies paraissaient avoir le plus souffert, et qoi, an fond, n'étaient que les pins hardis fraudeurs*

LouYois se montra impitoyable pour ce délit. En 1663, il ordonne de fouetter le passe-volant et de le promener sur le front des troupes, avec un écriteau portant ce mot : passe-volant ; en 1665, le délincpiant est fouetté et marqué au fer rouge; en 1667, il est puni de mort; en 1676, on se contente de lui couper le nez. Il aurait mieux valu sévir contre le capitaine prévaricateur que contre ces pauvres diables. On se contente de Finterdire pour un mois et de lui faire payer la prime au dénonciateur. En cas de récidive, il peut être exclu du service. L*abus était si enraciné que LouYois crut devoir encourager la délation. U promit son congé et une prime de 100 à 300 livres à tout soldat qui, sortant des rangs, signalerait un passe-volant.

Len profits illieites Interdits. — Une autre fraude, préjudiciable au service du roi, à llntérèt du trésor et au bien-être du soldat, c'étaient les profits illicites que faisaient sur leurs hommes les capitaines ^

Le ministre intervient dans les marehés. — Louvois laissa, comme autrefois, les capitaines pourvoir eux-mêmes à l'entretien et à Tarmement de leurs troupes. Il veilla seulement à ce que les mousquets fussent de calibre et fit briser les mauvaises piques. Bientôt, il s'interposa entre les capitaines et les commerçants, et traita avec ceux-ci afin de s'assurer que les fournitures seraient bonnes et que les fournisseurs ne rançonneraient pas les officiers. « Je Tais tâcher, écrivait-il, que l'entrepreneur d'armes établisse

1. n se passa en 1683 un fait atroce, mais qui n'était pas isolé. Les o£fieiers da coips commandé par Dufay avaient retenu la solde de lears hommes. Cenx-ol mouraient de faim, mais la terreur que leur inspiraient les Aef» empêchait toute réclamation. Ils se décidèrent à tirer au sort pour MT(Hr qui irait présenter leurs doléances à Dufay : le malheureux sur qui le sort tomba se rendit tout triste à la tente du général. Aux premiers mots, n fat arrêté, traduit devant un conseil de guerre composé des officiers pré- Tsricateurft, condamné à mort et fusillé. Louvois fut indigné : la glorieuse défense de Philippsbourg empêcha que Dufay ne fût cassé ; mais le ministre lui écrivit une leitre terrible, traitant le fait d'assassinat, ût jeter les offr* eitrs en prison et ordonna de faire droit aux soldats.

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un magasin à Lille, pour y vendre ajuste prix des mousquets, piques et bandoulières, moyennant quoi les of^ciers auront moyen de se pourvoir plus aisément de leurs besoins. » Il fit de même pour les vêtements, les chaussures, les vivres, les fourrages. Les officiers trouvaient leur compte à cette combinaison, mais ils restaient libres de se pourvoir ailleurs. Louvois voulait seulement leur faciliter leur t&che, mais non se substituer à eux. Il ne leur demandait que des choses « raisonnables » : il exigeait, non pas que les racolés fussent de beaux hommes, mais qu'ils ne fussent pas malingres ^ ; non pas que les habits fussent luxueux, mais que le soldat ne fût pas vêtu de haillons; non pas que les mousquets fussent de premier choix, mais qu'ils fussent de calibre et bons pour le service. Pourvu que le roi ne fût pas trop volé et le soldat pas trop exploité, Louvois s'en contentait.

La SMfelde rendue axe. — La solde, qui auparavant variait suivant les conventions faites entre ie capitaine et la recrue, devint fixe. Chaque militaire, pour chaque grade, sut exactement ce qu'il avait à toucher. Comme c'était le roi qui en réglait le montant, lu soldat commença à comprendre que c'était bien l'argent du roi qu'il recevait, et qu'il était à la solde du roi et non du capitaine.

Les noms des régiments rendas permanents. — Louvois tint la main à ce que les régiments eussent des noms permanents, au lieu de porter seulement ceux de leurs colonels, qui changeaient constamment. Il voulait que les soldats pussent s'attacher à leur corps. En 1691 , sur 98 régiments d'infanterie, 72 avaient des noms déOnitifs : les 1 6 autres n'étaient encore désignés que par le nom du colonel *.

L'aniforme Imposé. — Depuis que Tarmée ne portait plus la cuirasse •, le disparate des vêtements était devenu

1. On ne devait racoler ni gueux, ni enfants, ni contrefaits ; ma?s, avec la eonsommation d'hommes que firent les grandes guerres de Louis XIV, Lon- Tois Ini-même fut obligé de permettre les levées d'enfants^ les bataillons de tatadet composés de pauvres petits misérables.

t. D'après ' les noms qu'ils portaient, on distinguait les corps en régiments du roiy des provinces, des princes, des gentilshommes : les régiments é&B deux dernières catégories étaient ceux qui changeaient si souvent de nom.

3. A partir de 1641, l'infanterie se débarrasse presque entièrement de la coi-

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choquant. Dans quelques régiments, des colonels riches et soucieux du coup d'oeil avaient fait endosser à leurs hommes des habits à leurs couleurs : c'était la livrée du colonel. Louvois généralisa l'usage de Tuniforme * : il voulut qu'il fût non celui du colonel, mais celui du roi, prescrivit la coupe et la couleur des vêtements. Le ministre trouvait à l'adoption de Tuniforme plusieurs avantages. Les hommes déserteraient moins, puisqu'ils seraient plus facilement reconnus. Le bon ordre de l'armée y gagnerait : on pourrait distinguer les soldats des diverses armes et des divers régiments ^. Gomme l'officier portait le même uniforme que le soldat, quoique en drap plus fin et d'une coupe plus soignée^, c'était un lien entre eux. L'uniforme et te drapeau * étaient l'unité visible du régiment; la musique *

rasse. Les soldais armés da mousquet s'en défirent plutftt qae les piqaiers; en 1697, les piqaiers des gardes saissM et françaises avaient encore la casque, la cuiraëse et les tassettes. La cuirasse n*a disparu totalement qu'avee la suppression des piques. Elle fut longtemps Imposée aux officiers généraux ; mais, dès le milieu da xvn* siècle, ils la revêtent, non poar se battre, mai« pour se faire peindre. La cairasse des officiers, devenue d*abord une demi-cnirasse, se réduit enfin au hatuse-eol qui, aujourd'hui, en conserve le souvenir.

1. Louvois l'imposa' d'abord, en 1668, aux troupes étrangères; puis, en 1670, à l'infanterie française; en 1690, à la cavalerie.

2. L'uniforme variait d'un régiment à l'autre. En général, il se composait d'un chapeau rond, comme en portent aujourd'hui les paysans bretons, d'un ample justaucorps, de larges chausses, de bas et souliers pour les fantassins, de bottes pour les cavaliers. Le vêtement militaire au xvu* siècle est flottant, commode, avec des poches; les poires à poudre, sacs à balles, giberne, cartouches, pendent un peu partout. Les soldats ont les cheveux à volonté. Au XVIII* siècle, on portera le chapeau en forme de lampion, ou le shako, ou le bonnet à poil; un habit, une veste ou gilet, des culottes, des guêtres, tout cela très étroit; des buffleteries en croix sur la poitrine, et les accessoires (giberne, etc.) rejetés soigneusement en arrière ; le soldat est coiffé en ailes de pigeon, avec une queue; il a les cheveux poudrét, le menton rasé. Le soldat est alors ce qu'on appelle ficelé.

3. L'épaulette, comme insigne d'un grade, ne fut prescrite qu'en 1754.

4. Il n'y avait pas, comme aujourd'hui, un seul drapeau par régiment; la 1*' bataillon de chaque régiment avait le drapeau blanc, ou drapeau royal, >v deux drapeaux d'ordonnance; les autres bataillons avaient chacun deux drapeaux d'ordonnance, ceux-ci très divers de couleurs et même de dessin.

5. Pendant longtemps, la cavalerie n'eut que des trompettes et l'infanterie que des tambours. Vers 1651, l'emploi de tambour-major se généralise dans les régiments. En 16S0, les dragons, qui avaient déjà, comme étant un corps à la fois d'infanterie et de cavalerie, le tambour et la trompette, reçoivent le hautbois. La même année, on défend aux tambours et trompettes d'exiger, comme ils le faisaient auparavant, une taxe de cinq sols sur tout ks moulins auprès desquels ils passaient. En 1766 seulement, les régiments '"Commencent à avoir tous leur chapelle ou musique.

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en était Tàme. Le régiment devenait ainsi un être vivant, ayant ses traditions, son passé glorieux, dont il se proposait de ne pas déchoir *. L'uniforme, c'était encore le signe que Ton appartenait au roi, au pays. A l'ancienne livrée nobiliaire, se substituait un vêtement d'honneur : l'uniforme royal. Un esprit nouveau inspira ces expressions nouvelles : honorer l'uniforme, déshonorer l'unilorme.

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