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CHAPITRE XII

Les suecesseurs de Lonvois. — Après Louvois, sod fils BABBEZiEUX fut ministre de la guerre de 1691 à 1701, et continua sa tradition. L'armée commença à décliner sous les ministères de ghamillart (1701-1709) et de yotsin (1709- 1715), contemporains de la désastreuse guerre de la succession d'Espagne.

Au xym<» siècle, las ministres de la guerre les plus célèbres furent le marquis d'argenson (1743-1757), qui vit les succès de la guerre de la succession d'Autriche et les premiers revers de la guerre de Sept ans; le duc decioiSBUii (1761- 1771), à qui l'artillerie et le génie durent une meilleure organisation; le comte de SAmT-GERHAiN (1775-1777), qui eut le renom d'un réformateur; le prince de montbarbet (1777-n80); le comte de ségur (1780-1787).

A partir de 1741, Tart militaire est porté, en Prusse, par le grand capitaine Frédéric U, à un haut degré de perfection ; les exemples qu'il nous donne, les défaites qu'il nous inflige, nous obligent à introduire dans le système de Louvois de nombreuses modifications. La France, au xvii^* siècle, avait pris la tête ; au xviii« siècle, pendant longtemps, elle ne peut plus que suivre. La Prusse de Frédéric tient en Europe, au point de vue de Fart militaire, la place qu'y avait tenue la France de Louvois.

Le ministère de la g^erre administre pins directement l'armée. — Pendant cette période, l'armée se concentra de plus en plus sous la main du ministre. Ghoiseul ôta aux capitaines V administration de leur compagnie, confia le racolement à des sergents recruteurs, et paya luimême le prix de l'engagement. Il imposa au colonel un

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officier comptable, nommé par le ministre, appelé le capitaine-trésorier j prit au compte de TÉtat Funiforme, l'équipement, l'armement, les yivres. Désormais tous les services aboutissent aux bureaux du ministère, qui deviennent une puissance.

Ces bureaux furent d'abord purement civils. Leurs commis « étaient devenus, suivant Montbarrey, les véritables ordonnateurs, chacun en leur partie; ils donnaient des audiences où ils recevaient avec morgue et hauteur les officiers généraux qui avaient besoin d'eux ». Saint-Germain ne les recruta qu'à la suite d'examens, leur imposa Tuniforme, établit un roulement entre les commis des bureaux et les ordonnateurs et commissaires des guerres à l'armée, distribua tous les bureaux en six divisions, créa en un mot l'organisation moderne.

Ghoiseui décida qu^oa ne pourrait acheter un régiment avant d'avoir servi sept ans. On avait vu un enfant de treize ans, le vicomte de Turenne, nommé colonel général de la cavalerie ; un duc de Fronsac, colonel à sept ans, et des princes du sang, colonels au berceau.

Le comte de Saint-Germain interdit de racoler dans les cabarets. Les recruteurs devaient se présenter, dans chaque localité, revêtus de leur uniforme, s'annoncer au son du tambour, ne faire signer que des engagements réguliers et contractés devant témoins, n'enrôler ni des gens flétris par la justice, ni des raihciens. U finit par charger les conseils dr administration des régiments de pourvoir à leur recrutement.

La Maison du roi dfmfniiée. — La Maison du roi, si glorieuse au xvn* siècle et même pendant les premières années de Louis XV, aux beaux jours de Fontenoy, n'alla plus à la guerre quand le roi n'y alla plus. Elle devint un corps de parade, qui avait le double inconvénient de retirer à l'armée ses hommes d'élite et de coûter fort cher. Un ré gimenl de la garde dépensait six fois plus qu'un régiment de ligne et ne rendait aucun service. Un lieutenant y avait rang de colonel, et le simple sergent de lieutenant. Les charges s'y vendaient des prix fous : une compagnie, dans les gendarmes, valait 450 000 livres, une lieutenance 120 000, un grade d'enseigne 80 000. Saint-Germain tenta

l'armée au xyiii* siècle 219

une réforme, qui resta incomplèle : du moins il réduisit les gendarmes et les chevau-légers, supprima les mousquetaires et les grenadiers à cheval, prépara Tassimilation des autres corps aux troupes de ligne, mais ne poussa pas plus loin, Yu Timpossibilité de rembourser à tous les ofii- 4Ûers la finance de leur charge. Il ne put diminuer la Maison du roi que d'un millier d'hommes.

En 1788, la gendarmerie fut totalement supprimée, et les gendarmes versés comme officiers ou sous-officiers dans les régiments.

Fondation de l'École lailitalre. — Les compagnies de cadets, rétablies en 1726, furent définitivement supprimées en 1733. Pour les remplacer, d'Argenson, grâce à l'appui de Mme de Pompadour, fît. accepter au roi la création de VEcole militaire.

Elle fut fondée par l'ordonnance de 1751, entretenue principalement sur les produits de la Loterie royale et installée dans le magnifique hôtel élevé au Champ de Mars par l'architecte Gabriel. Elle était destinée à la noblesse pauvre et pouvait contenir 500 élèves. Qs devaient faire preuve, devant le généalogiste du roi, de quatre quartiers de noblesse. Ainsi d'Argenson obéissait bien plus que Louvois au préjugé nobiliaire. En revanche, on n'exigeait des candidats à l'École que de savoir lire et écrire ; aucun examen, à la sortie, ne constatait les progrès accomplis ; les colonels des régiments choisissaient parmi les élèves sortants, suivant leurs caprices ou leurs relations de famille et de société.

L'Ecole ne pouvait donc donner qu'une instruction médiocre. Choiseul essaya de la relever, en fondant, en 1762, à la Flèche, une école préparatoire , le Prytanée militairej et en établissant un examen plus sérieux à l'entrée de l'École militaire. Toutefois, celle-ci continua à coûter fort cher, sans rendre aucun des services que promettait son titre.

Saint-Germain commença par la supprimer, et la remplaça par dix écoles S confiées surtout à des ordres religieux, et par des emplois de cadets créés dans les régi-

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