‹ Histoire de la civilisation françaiseChapitre 46 sur 135 · Voir ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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3. Duclos disait à ses amis : « Messieurs, parlons de l'éléphant : o^est U ■eule bête un peu considérable dont on puisse parler sans danger. »

Pompadour, en plein Versailles, que se réunit le club des économistes; Marin, secrétaire du lieutenant de police, favorise le colportage des pamphlets; Malesherbes, directeur de la librairie, recèle les papiers de Diderot, qu'il est chargé de saisir, corrige les épreuves de « TÉmile » qu'il a ordre de poursuivre. Beaumarchais est blâmé: mais l'attitude du condamné et celle du public sont telles que le lieutenant de police, M. de Sartines, avec un fin sourire, dit à l'écrivain : « Ce n'est pas assez que d'être blâmé, il faut encore être modeste. » Les gens de cour, les gens d'Église, lisent avec passion les ouvrages où l'on dénonce les abus de la cour et de l'Église. Voltaire, dont tant de livres furent poursuivis par la police de Louis XV, conserve jusqu'à sa mort la charge de gentilhomme de sa chambre.

Les magistrats, qui fulminaient contre les livres ou les libelles des arrêts si terribles, étaient, d'ailleurs, les plus empressés à les lire. c< Ne croyez pas, écrivait Grimm en 4770, que M. l'exécuteur des hauteg œuvres ait la permission de jeter au feu les livres dont les titres figurent dans l'arrêt de la cour : ces messieurs seraient très fâchés de priver leurs bibliothèques d'un exemplaire de chacun de ces ouvrages qui leur revient de droit, et le greffier y •supplée par quelques malheureux rôles de chicane dont la provision ne lui manque pas. »

Frédéric II, à qui Ton reprochait de ne pas protéger les littérateurs allemands, répondait : « Je ne leur aurais jamais Tendu autant de services en les protégeant que je ne leur «n rends en ne m'occupant pas d'eux. » De même on peut dire que la royauté, sous Louis XIV, n'a pas rendu autant de services aux lettres françaises en les protégeant qu'elle ne leur en a rendus, sous Louis XV, par son indifférence à les encourager ou son impuissance à leur nuire.

Outrages a consulter. — P. devient, ouvrages cités. — C. Roussel, Èist. de Louvois. — Pellisson, Footeaelle, Histoire de l'Académie ftrmçaise. — A. Maury, Les Académies d*autrefois. — J. Bertrand, L'Académie des sciences et les Académiciens de 1666 à 1793. — E. Maindron, L'Académie des sciences. — Oniffrey, Comptes des bâtiments du roi (Introduction); Les Ca^eri,

sculpteurs et fondeurs ciseleurs; Inventaire général des meubles de la couronne. — Henry Havard et Marius Vachon, Les manufactures nationales. — De Montaiglon, Procèsverbaux de r Académie royale de peinture et de sculpture. — Correspondance des directeurs de l'Académie de France à Rome. — Voyez la bibliographie des six chapitres suivants.

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