u a dit de l'auteur
Ëtuxt petit garçon, je lisais son roman, El je le lis eacore, ayant la barbe griMk
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MU* DE scuDÊBT trouva ce bon public tout 'préparé, insoucieux de la couleur locale, affamé dMdéal et de beau sentiment. Alors elle lui versa successivement, par tomes énormes et multipliés, des œuvres interminables : « Ibrahim ou rillustre Bassa » (1641) en quatre volumes; ce Artamène ou le grand Gyms » (de 1649 à 1653) en dix volumes; « Qélie », histoire romaine (1656), en dix volumes, etc. Pas d*intrigue, pas de sujet, pas de caractères, peu de style : rien que de beaux sentiments. Turcs, Perses, Scythes, Romains, Étrusques parlent tous le même langage : C/rus, Brutus, Tarquin, Horatius Codés, Mucius Scévola» tous ces héros des temps barbares, ne s'occupent qu'à so pirer et à filer le parfait amour que les précieuses ont mis à la mode. Dans le roman de a Clélie > se trouve la carte du pays de Tendre^ avec le lac à! Indifférence^ le fleuve Inclination qui mène à la mer Dangereuse, le bourg de hespect, les villages de BiUet-Boux, Jolis-Vers, Soumissions^ Petits-soins, etc., et tout un itinéraire à l'usage des vrais amants.
LA GALPRERËDE, Gascou, soldat et gentilhomme de la chambre de Louis XIII, auteur de « Gassandre » (1642) en dix volumes, de « Gléopâtre » (1647) en dix volumes, de « Pharamond » (1661) en sept volumes, avec le même beau mépris de la couleur locale et une prolixité encore plus grande, mêla plus d'action au roucoulement amoureux : il y sema des duels, des sièges, des batailles, des enlèvements. Il eut presque autant de succès : Mme de Sévigné admirait dans son œuvre la « beauté des sentiments » et la « grandeur des événements ».
Mme DE LA FATETTE n'était pas la première venue, car elle eut l'honneur de fixer le cœur blessé du misanthrope La Rochefoucauld. A son école, elle apprit peut-être le mérite de la concision. Elle ne fut point, comme Mlle de Scudéry, une femme de lettres : ses romans parurent sous le nom de littérateurs connus, Segrais et Huet. Elle donna au roman son premier chef-d'œuvre : la Princesse de Clèves (1678) ^ Gette fois on laisse Romains et Scythes ^à leur
1. La Princesse de Clèves a été précédée de deux autrei romans : Madt' moiselle de Atontpenaier (16Ô3) et Zayde (1670).
barbarie native : c*est en France, à la cour de Henri U, que se passe Taction ; ce sont des Français et des mœurs fiacçaises qu*on nous met sous les yeux. Le roman est court : un tout petit volume suffit à nous exposer Tamour de la princesse de Clèvcs pour M. de Nemours, le tendre respect de Tamant, la fière vertu de Famante, qui, plutôt que de succomber, prend la résolution héroïque de tout avouer au mari qu*elle n'aime pas et de chercher protection auprès de lui contre sa propre faiblesse. Il y a, dans ce petit roman, une analyse des passions qui fait penser à Racine et une hauteur de sentiments qui n'est pas indigne de Corneille. Le savoir-faire en est absent : pas de dialogue, mais de longs discours qui se répondent, comme si les personnages contenaient trop bien leur passion pour jamais se couper la parole.
Avec FÊNELON et son « Télémaque » (4699), nous reve^ nous à l'antiquité; mais quel charme dans le récit des aventures, quelle vivacité dans la peinture de la passion de Galypso, cette sœur de la Phèdre de Racine I
Cependant le xvii« siècle avait déjà tenté une forme plus moderne de roman K sgarron en eut Thonneur dans son (c Roman comique » (1651). Ce ne sont pas des seigneurs, pas même des bourgeois qu*il met en scène, mais ces espèces de parias qu*on appelle les comédiens et qui s*en vont par les routes, errant d'hôtellerie en hôtellerie, livrés à tous les hasards du voyage ou de la nuitée. Il y a là deux charmantes comédiennes, Angélique et FËtoile; un grotesque, l'avocat Ragotin ; et, fourvoyés par amour dans, la caravane, deux beaux ténébreux. Destin et Léandre, réduits par certaines circonstances à jouer la comédie. A la fin, il se découvre que Destin et Léandre, Angélique et l'Etoile appartiennent à un monde plus relevé, et le récit se termine par un double mariage. L*œuvre de Scarron présente si bien les éléments d*un bon roman qu'en notre siècle un écrivain de premier ordre, Théophile Gautier,
1. Ce qa*on pourrait appeler le rcnum bourgeois te troave aoMi en germe dans Charles Sorel, VBistoire comique de Francion (1622), dans Foret ière, le Roman bourgeois (1666), dans Sabligny, la Fausse Ctélie (1670) ; mais U 7 a là sartoul la parodie des roi»an» ebeTaleresqaee et des romans à la mode.
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les a repris et en a fait xm chef-d'œoTre : « le Capitaine Fracasse ».
Lm etitMqmm litCénUre. ~ La critique littéraire naît, pour ainsi dire, an xvn" siècle. Elle a produit des œuvres assez célèbres pour que nous n^y insistions pas : « FArt poétique » de Boileau, le « Parallèle des anciens et des modernes » de Charles Perrault, la « Lettre à l'Académie française » de Fénelon. Le vrai critique, tel que nous Fentendons aujourd'hui, le précurseur des Nisardet des Sainte-BeuTe, c'est peut-être SAiBT-iiBEMuin». Disgracié par Louis XIY en i661, il passa en Angleterre, où il mourut en 1703. On lui doit des aperçus ingénieux, souvent justes, sur les auteurs anciens et sur les auteurs du jour. On peut citer sa « Comédie des académistes » (1644), qui est une satire de FAcadémie française de Richelieu ; sa « Comédie des opéras », essai de critique d'art; ses « Réflexions sur la tragédie ancienne et moderne », où il se montre plus libéral que ses contemporains et moins entiché de la Poétique d'Aristote.
L'éloquenee. — L'éloquence pohtique était morte avec les États généraux. L'éloquence du baireau compte quelques noms, parmi lesquels Antoine lemaitiib, dont les Plaidoyers parurent (1657) un an avant sa mort, et patru, dont les œuvres oratoires ont été imprimées Tannée de sa mort (1681) et réimprimées cinquante ans après (1732).
La véritable éloquence du xvii« siècle fut celle de la chaire; car, avec une liberté suffisante, elle eut la res* source des grandes idées générales.
Au reste, son histoire est, à certains égards, celle de l'éloquence profane. Les discours de nos orateurs aux États généraux ^ ou les plaidoyers de nos avocats au barreau ont été gâtés, à Forigine, par les mêmes défauts que Féloquence sacrée, et la réforme de celle-ci a entraîné la réforme de toute Féloquenoe.
1. Aqx États de 1614, on avtit entoBda M. de Manniesae, orateor du Tiers, dire que les trois ordres, « s'ils se brouillaient pai jalcosie, seraîenl comme les trois déesses dont la contestation fatale ponr la pomme de beauté mit la discorde daas l'assemblée des dieax ». U eompandt les coffires du roi à l'Arobe d'alliance, et les ânanoiers qui en avaieDi la garde aux Séraphins. Qoant à l'éloquence du barrewi, Racine, dans ses Plaideurs, a fait la oari- •atare, à peine ehar^ée, de celle qu'im des personnages de la pièce déclar# être « fort à la mode ».
Cette renaissaace était nécessaire, car la prédicatiou avait souffert, elle aussi, de Tiavasion des barbares. Fénelon déclare que cette décadence s'est prolongée jusqu'à son propre temps.
A la scolastique du moyen âge le prédicateur d'alors empruntait ces divisions et ces subdivisions, ces distinctions EL rinfini, dont ceux du zvu« siècle n^ont pas réussi à s'affranchir entièrement. Il entassait pêle-mêle les citations d'auteurs profanes, invoquait Arlstote, Pline, Strabon, Ptolémée, assimilant volontiers les sept dons du Saint-Esprit aux sept bouches du Nil, et les vertus aux signes du Zodiaque. Pierre besse, prêchant devant Henri IV, appelle les sacrements « les aqueducs de la grâce » ; les mauvaises pensées, « les allumettes des vices » ; la Vierge, « Tlnfante de la Trinité » ; Lucifer, « le concierge des démons ». Les concet^ étaient alors à la mode ^ valladibr, prêchant devant Marie de Médicis et parlant de la création de la femme, faisait la description la plus étonnante de ses p^fections, n'omettant ni son « visage albastrin », ni ses «c deux rangées de perles orientales », ni ses joues» semblables à la grenade, ni ses lèvres, qu'il compare a à un filet de soie cramoisie », faisant à la reine elle-même l'application de ces pieux madrigaux '. Le jésuite coton, confesseur de Henri IV, définit le paradis « un palais royal, où les planètes servent de galeries; le firmament, de salle basse; Tempyrée, de cabinet », etc. Comparant Jésus à la pierre philosophale des alchimistes, il le montre « calciné dans les flancs de la Vierge, fixé sur la croix et sublimé dans les deux ». Rien n'égalait la hardiesse de ces prédicateurs : le jésuite soutier, s'adressant à Henri IV, qui était venu an