LES IDÉES PHILOSOPHIQUES ▲U XYIII« SIÈCLE
msitière organisée : il n'y a pas d'âme indépendante du corps, donc pas d'àme immatérielle. Sa doctrine est celle du matérialisme pur : aussi fut-il obligé de se retirer d*abord à Leyde (Hollande), puis à la cour de Frédéric II*
De la suppression des idées innées tout un groupe de philosophes avait conclu à la non* existence de Dieu, dont ces idées, d'après la doctrine de Descartes, seraient comme un reflet dans notre intellect. Le fermier général HELVÉTius, dans son livre « de l'Esprit)) (1758), b'holbagh, dans une série de publicatiocts, dont la principale est « le Système de la nature )) (1770), professèrent Vathéisme, SIDERAT lui-même, avec de fréquents retours au déisme^ inclina vers cette école. On croit cependant que le sens de quelques passages de ses œuvres a été dénaturé par son ami naigeon, qui édita ses œuvres en 1798 ei les im* prégna de son propre athéisme ^
Voltaire et Rousseau furent des croyants à Timmortalité de r&me et à Texistence de Dieu, yoltaibb rejetait les religions révélées ; il affectait de mettre sur le même pied le paganisme, le judaïsme, l'islamisme, le bouddhisme et U christianisme. Cependant, il admettait un Être suprême em dehors de cessliverses religions. Quand on a détrôné Jupiter, Jehovah^ Allah ou Brahma, il reste la religion naturelle^ qui a ses dogmes et sa morale fondés sur la raison. Voltairoy comme Rousseau, fut donc surtout un déiste.
Ces idées, parfois hésitantes dans l'esprit de Voltaire et éparses dans son œuvre, roussbait les a rassemblées et exprimées avec une éloquente conviction dans son c Emile », mais surtout dans sa « Profession de foi du vicaire sa-
it Le passage suivant de Diderot n'est assurément pae d'un athée de profession : « Les hommes ont banni la divinité d^eotre eax; ils l'ont reléguée dans un sanctuaire; les murs d'un temple bornent sa vue; elle n'existe point an delà. Insensés que vous êtes ! Détruisez ces enceintes qui rétrécissent ▼os idées; élargissez Dien-; voyez-le partout où il est, ou dites qu'il n'est point. » La vraie doctrine de Diderot serait donc indiquée par le titre même d'une de ses œuvres : « De la sufûsanoe de la religion naturelle ». Au reste, comme beaucoup d^hommes de ce temps, il était encore plus littérateur et artiste que philosophe. Dans un autre passage, on le voit s'exprimer comme le fera plus tard Chateaubriand dans le Génie du christianisme, et se montrer ému de la poésie du culte catholique : il n'a jamais pu voir passer une proeession, entendre ce « chant grave et pathétique », sans que « ses entrailles n'en aient tressailli,. et que les larmes ne lui soient venues anx yeux ».
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Yoyard * ». Ce vicaire est un prêtre qui doute des andeits dogmes, mais auquel la splendeur des spectacles de la nature révèle l'Auteur de toutes choses, en même temps que les devoirs qu'il a .prescrits aux humains '.
Deux tendances philosophiques de la Révolution future sont déjà en présence : Robespierre s'inspirait de Rousseau quand il inaugurait le culte déiste de TÊtre suprême, et les Hébertistes procédaient de d*Holbach quand ils essayaient de faire prévaloir Yathéisme,
La morale. — Le xvii« siècle français n^avait pas songé à mettre en doute les règles de conscience formulées par les sages les plus éminents du passé, et consacrées par les principales religions de Thumanité. Les philosophes anglais avaient, les premiers, ébranlé ces deux fondements de la morale universelle : Fexistence d'un Dieu rémunérateur et vengeur, l'existence d'une âme immatérielle et réservée, dans une autre vie, à des récompenses et à des peines. Ils furent aussi les premiers à chercher pour la morale des bases nouvelles. L'Anglais hobbes, mort en 1679, avait professé que l'observation des lois morales ne nous est commandée que par notre intérêt bien entendu, parle souci de notre réputation et de notre tranquillité, par V utilité que nous pouvons retirer de l'observation de ces mêmes lois par les autres homines. C'est ce qu'on appelle la morale de l'intérêt ou la morale de Végoisme, Un autre Anglais, Adam SMITH, dans sa «Théorie des sentiments moraux » (1759), fonda la morale sur la sympathie naturelle que les hommes ont les uns pour les autres, sur le besoin, que nous éprouvons de nous trouver en harmonie de sentiments et de dispositions avec nos semblables, sur le jugement qu'ils ne peuvent manquer de porter sur nos actions bonnes ou inauvaises et qui est le jugement que nous en portons nous-mêmes. C'est la morale du sentiment.
1. Rousseau peat même être considéré comme on cartésien. Après Descaries, il a dit : « J'existe, voilà la première vérité qui me frappe ». Il lui emprunte aussi sa preuve de l'immatérialité de l'&mei
S. Quant aux moralistes du siècle précédent, ils ne sont guère représentés au xvni' siècle que par un écrivain distingué : Vadven argues, qui, par ses « Réflexions et Maximes » (1746), se place à côté de? Pascal, des La Rochefoucauld, des La Bruyère; c'est un esprit à la fois libre et profondément religieux, mais qui n'a pas la puissante originalité de ses devanciers*