La Cour du palais^ 1r Cour royale ai la Cour de marbrt
l'architecture 385
Marly, avec son pavillon du Soleil et les douze pavillons qui lui servaient de satellites. A Saint-Cloud, il eut à bâtir le bas de la grande cascade; à Clagny, le château de Mme de Montespan; à Saint-Gyr, la célèbre maison d'éducation. A Paris, il eut à élever en plâtre un arc de triomphe pour la porte Saint- Antoine ; à jeter, avec Gabriel, les fondations du Pont-Royal; à agrandir le Palais-Royal; à créer la belle Place Vendôme; à surveiller la construction de la Place des Victoires par son élève prédot; à ajouter un dôme aux Invalides de Bruand; à tracer le. plan de nombreux hôtels à Paris, de magnifiques châteaux en province, ceux de Lunéville, Dampierre, Vanvres, Chamarande, Boufflers, Villouet, Blérancourt, Pinon, Monfrin; à achever la cathédrale d'Oriéans, à refaire la façade de l'hôtel de ville de Lyon. Aucun architecte, fût-ce aux jours des rois de Babylone et des Pharaons d'Egypte, n'a eu de telles mon^ tagnes de pierres à remuer. Sur tous ces monuments, il imprima le caractère de son génie, qui était le caractère du siècle et celui de la royauté de son maître *.
Libéral bruand construisit Fimmense hôtel des Invalides (1671-1675), les vastes bâtiments de la Salpê trière avec Levau et, appelé en Angleterre, le Château de Richmond,
Pierre bullet, un élève de Mansart, dressa l'arc de triomphe de la Porte Saint-Martin (1674). François blondel éleva celui de la Porte Saint-Denis (1680), remarquable par ses belles proportions. Il donna le plan des portes Saint- Antoine et Saint-Bernard, qui ne furent pas exécutées en pierre. Antoine lepautre, architecte du duc d'Orléans, ajouta les deux ailes du Château de Saint-Cloud et At le haut de la grande cascade.
De tous les arts, l'architecture est le plus dispendieux, et c'est celui qui fut atteint le premier par la pauvreté générale et la décadence du règne. Quand le bâtiment reprit sous le successeur du grand roi, l'art affecta les mêmes caractères d'ampleur et de majesté. La royauté
1. Mansart fut fait conseiller du roi, chevalier de Saint-Michel, comte de Saxonne, baron de Joay,seignear de Neailly, Augy-sur-Bois et autres lieux; Loui:» XIV mit dans ses armoiries deux aigles regardant un soleil d'or.
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n'ayant pas changé de nature d*nn siècle à Tautre, il n'est pas étonnant que l'architecture, qui en était comme le magnifique décor, ne se soit pas modifiée essentiellement.
LASSURANGE, en 1722, commença, avec «rardini, le Palais Bourbon, où habite aujourd'hui le président de la Chambre des députés, boffrand éleva VHospice des Enfants trouvés, le Palais de Stanislas à Nancy, les châteaux épiscopaux de Wûrtzbourg, en Franconie, et de la Favorite près ûd Mayence. Jacques-Ânge gabbiel construisit V École militaire (1752-1758), avec l'immense dôme quadrangulaire qui couronne le pavillon central; les deux colonnades de la place Louis XV (dont l'une est aujourd'hui le Ministère de la marine), le Château de Compiègne. soofplot fit V École de Droit; GONDOum, V École de médiscme (4774); lODis. les trois Galeries du Palais-Royal et le grand théâtre de Bordeaux ; Denis Antoine, YHÔtel des monnaies (4771-75); petbb et WAiLLT, le théâtre de YOdéon; lenoir, le théâtre de la Porte- Saint- Martin ; desmaisons, la Façade du Palais de Justice; LEDOUX, les Maisons d'octroi aux barrières de Paris, véritables monuments, temples à rotondes et à colonnes, dont le caractère antique contrastait avec leur modeste destination. CHALGRiN agrandit le Collège de France.
Dans les dernières années de Louis XV et sous Louis XVI, une transformation s'opère dans l'art architectural. On peut signaler un retour à l'imitation de l'antiquité, alors mieux connue.
Delagardette venait de publier ses dessins du temple de Pœstum (Italie), un des plus curieux spécimens de Tarchitecture dorique y et, [^ ir là, il avait ramené l'attention sur les beaux modèles grecs et romains. Dès lors commence Yâge classique, qui sera celui de la Révolution et de l'Empire. Soufflot et Ghalgrin ont étudié avec passion les monuments romains.
C'est Ghalgrin qui sera chargé par Napoléon d'élever l'Arc de triomphe.
L'architecture rell^euse. — La réaction artistique qui avait suivi en ItaUe le concile de Trente fit prendre en défiance l'architecture, plus païenne que chrétienne, de la Renaissance ; mais les jésuites, qui dirigeaient cette réaction, tout en reniant la Renaissance, ne comprensdent