‹ Histoire de la civilisation françaiseChapitre 69 sur 135 · Voir au tome I" de cet oarrage, pages 500 et 55Ô · texte numérisé non relu

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2. n faut signaler aassi Tinfluence des œaTres italiennes consenrées alors «n grand nombre (lans lee galeries de Fontainebleaa, qui étaient, à cette époque, notre unique musée; Fontainebleau était comme le vestibule de lltalie pour les artistes qui allaient à Rome et remplaçait Vltalie, jusqu'à «n certain point, pour les artistes moins favorisés.

corps de métier. Leur corporation s'appelait VAcddémîe de Saint'LuCj et on n'y était reçu, comme dans la corporation des menuisiers ou des chapeliers, qu'après un apprentissage et après avoir produit un chef-d'œuvre. Elle fut toute-puissante dans le monde des arts Jusqu'au moment (1648) où elle se trouva en présence d'une rivale qui l'éclipsa : l'Académie de peinture et de sculpture.

N'oublions pas qu'en 1673 eut lieu la première exposition de peinture^ dans la cour du Palais-Royal. Auparavant il y avait eu des expositions en plein air, des espèces de foires aux tableaux : par exemple sur la place Dauphine. En 1699, l'exposition se fit au Louvre (galerie d'Apollon).

Nos peintres du xvu® siècle étaient de rudes travailleurs, peu fortunés, souvent aux prises avec le besoin, mais qui aimaient passionnément leur art et restaient cloués devant leur chevalet comme l'artisan devant son établi. Même Le Brun, parvenu à la fortune et aux grandeurs, donnait à tous l'exemple.

Le roi devint bientôt le principal client des peintres français; mais il ne fut pas le seul. A côté de Louis XIII, . de la régente Marie de Médicis, de la régente Anne d'Autriche, de Louis XIV, nous voyons les princes du sang, sur-t tout les ducs d'Orléans, les grands seigneurs, les ministres, les financiers, les chefs de la magistrature, appeler les artistes à décorer leurs palais ou leurs hôtels. Nous voyons, par exemple. Le Sueur et Le Brun travailler aux plafonds de l'hôtel Lambert, qui appartenait au président Lambert de Thorigny, Antoine Coypel au château de Choisy pour la grande Mademoiselle, Youet au château de Vaux pour le surintendant Fouquet, etc. La Chambre des enquêtes, au Parlement de Paris, demandait à Vouet de lui peindre le Jugement dernier. La corporation des orfèvres, tous les ans au l«r mai, offrait en tribut à l'église Notre- Dame un tableau qui était exposé sous le porche : c'est ce qu'on appelait un mai. Poussin fit, pour le mai des orfèvres, une « Mort de la Vierge » ; Le Brun, un « Martyre de saint Etienne » ; Jouvenet, une « Guérison du paralytique ». Les corporations religieuses, chaque jour plus nombreuses et qui élevaient sans cesse de nouveaux couvents, commandaient des tableaux ou s'en faisaient donner par de grands

personnages dévoués à leur ordre ; Capucins, Chartreux, Petits-Pères, Picpuciens, Carmélites, Récollettes, etc., tenaient à faire décorer leur réfectoire, leur salle d'assemblée, leur chapelle. Les chapitres des cathédrales, les fabriques des églises, dans la France entière, rivalisaient avec les couvents. Paris, surtout, formait comme un immense musée, mais dispersé, ainsi qu'à Venise et à Rome, dans les palais des grands et dans les monastères. Un des chefs-d'œuvre de Poussin, le « Miracle de saint François-Xavier », fut commandé par les Jésuites; l'œuvre la plus considérable de Le Sueur, ses vingt-deux tableaux représentant la « Vie de saint Bruno », fut placée aux Chartreux, dont ce saint était le fondateur.

De même que l'histoire politique ou littéraire, l'histoire de la peinture au xvii« siècle peut se diviser en trois périodes. Les soixante premières années sont aussi pour les artistes des années d'indépendance. Avec le gouvernement personnel du roi s'établit la domination de Le Brun sur les beaux-arts. A la mort de Le Brun, il y a dans l'art une transformation.

La peinture airant Le Bmn. — Quand la régente Marie de Médicis voulut faire décorer les vastes galeries de son palais du Luxembourg, elle ne crut pas pouvoir mieux faire que de s'adresser au grand peintre flamand, Pierre- Paul RDBENS (1577-1640). Dans l'une des galeries, il devait exécuter la Vie de Henri IV; dans l'autre, la Vie de Marie de Médicis. Cette seconde partie du programme fut seule réalisée entièrement : de là ces vingt grandes toiles, si riches de carnation, de draperie et de couleur, qu'on peut aujourd'hui admirer au Louvre. Un autre Flamand, porbus (1570-1622), était venu faire le portrait de Henri lY et de Marie de Médicis. Bientôt la reine régente se rendit mieux compte des ressources que lui offrait notre pays; elle appela un certain nombre de Français à concourir à la décoration du Luxembourg. Parmi eux, Simon Vouet, Nicolas Poussin et Philippe de Champagne.

Simon vouet, de Paris (1590-1649), avait été, à son retour de Rome (1627), très bien accueilH par la reine ; le jeuDÊ roi lui avait donné un logement dans les galeries du

Louvre et Tavait nommé son premier peintre ordinaire, U rapportait d'Italie une certaine science des grandes compositions et le goût de la peinture théâtrale ; il avait étudié le coloris des Vénitiens, mais le sien resta toujours un peu violent. On a de lui plusieurs tableaux au Louyre : son chef-d'œuvre est la « Présentation de la Vierge aa Temple ». Il marque surtout dans l'histoire des arts parce qu'il ouvrit un atelier où il eut pour élèves Le Sueur, Le Brun, Mignard, Oufresnoy, Le Nôtre, et la plupart des maîtres du siècle.

Nicolas POUSSIN, de Normandie (15^-1665), a passé sa vie presque entière à Rome. Dans Rome, il a étudié les statues antiques de ses musées et de ses palais; il s'est inspiré surtout des toiles de l'école romaiuie du xvi" siècle, des Raphaël et des Jules Romain. Il est de leur école, et cependant il a un génie original. Aucune partie de son art ne lui était étrangère : perspective, anatomie, science du paysage, de Tarchitecture, du type, du costume. De là, ce dessin correct, ces formes robustes, ces draperies à la fois nobles et gracieuses. Son génie est si bien antique que, même dans les sujets religieux, il est presque païen : à propos du « Miracle de saint François-Xavier », on l'accusait d'avoir fait du Christ un Jupiter. Il fut d*un labeur et d'une fécondité prodigieux : rien qu'au musée du Louvre, on peut admirer de lui quarante tableaux. Parmi ses œuvres religieuses, il faut citer, en première ligne, le « Ravissement de saint Paul » ; parmi ses œuvres d'histoire, la « Peste des Philistins » et « l'Enlèvement des Sabines ». Il excelle dans ces paysages de la campagne romaine, où se massent les grands arbres, où se dressent des ruines imposantes, où des cités apparaissent dans le lointain, et dont le premier plan est animé par quelque scène classique. Chargé d'exécuter quatre tableaux représentant les quatre saisons, il nous a montré le Paradis terrestre (printemps), l'idylle de Ruth et Booz (été), la Terre promise avec ses grappes prodigieuses (automne), le Déluge (hiver). Son chef-d'œuvre, c'est peut-être les « Bergers d'Arcadie », qui, avec une grande simplicité d'attitudes, expriment un sentiment si profond et une mélancolie si poétique.

Claude oellée, dit lb lorrain, de Chamagne (Vosges)

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