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elle dut beaucoup à ces races du Nord, restées jusqu'alors en dehors de la civilisation et que méprisaient comme barbares les races classiques du Midi. La France, par sa situation intermédiaire entre le Nord et le Midi, était destinée à être le point de rencontre des deux influences : c'est en grande partie chez elle qu*a commencé au moyen âge et que s'est accomplie dans les trois derniers siècles, par le concours à la fois du génie allemand et du génie italien, la plus originale création de Fesprit moderne : Télaboration de cet art musical, plus puissant et plus pénétrant à certains égards que les autres arts, et qui a révélé dans l'âme humaine des facultés que l'antiquité n'y avait point soupçonnées.
L.a mosfqoe avani Lalll. — Il est facile de compter les musiciens que la France avait produits au xvi* siècle : Goudimel, Orlando de Lassus, Josquin des Prés, Clément Jannequin, Claude Lejeune, Jacques Mauduit, Du Caurroy *. Sauf un ballet de Lejeune, ils n'avaient guère donné que la musique des psaumes et des airs de chansons '.
La vraie patrie de l'art, c'était alors l'Italie. C'était là que le Romain Palestrina avait renouvelé la musique d'église, que les Florentins Vincent Galilée et Jean Bardi, le Crémonais Monteverde, avaient créé l'opéra et le ballet. Toutes les représentations mêlées de chant qu'on avait pu voir à la cour des Valois ou du Béarnais avaient été montées par des maîtres d'au delà des monts. Notre art indigène était encore asservi aux traditions de l'ancienne musique d'église ou de la musique presque ecclésiastique des Mystères.
Cependant la cour de France prenait goût aux représentations lyriques; nos rois, pour s'affranchir des maîtrises religieuses, formaient des troupes d'artistes laïques; à la tête de leurs chanteurs et de leurs instrumentistes, ils plaçaient un surintendant de la musique.
Ces représentations, appelées chez nous bculets ou mascor rades, étaient un mélange incohérent des trois arts, poésie,
1. Encore Goudimel était de Besançon, Lassos, de Mons, Lejeune, de Valenctennes, villes de langue française, mais étrangères à la France royale •t subissant plutôt les influences de l'Espagne.