‹ Histoire de la civilisation françaiseChapitre 81 sur 135 · Voye« tome I", p · texte numérisé non relu

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5. La zoologid avait fait, au oon^rave, des progrès en Italie, aveo Thomas Aldrovandb, Fabio Golonna, François nsoi, Pierre Olima ;— en Angleterre, avec Thomas Moupt, J. Johnstom, J. Ray; — surtout en Hollande, où Jean SwAMMERDAM s'illustrait par ses travaux sur les insectes, où Leuwcmhokck 4^udiait déjà les animaux mloroscojpiqiues.

qu'elle était utilisée comme science auxiliaire de la médecine et que le roi, à cause de ses parcs et jardins, s'intéressait aux espèces exotiques. Le Jardin du roi, fondé par les conseils des médecins Hérouard (1626) eteur de la brosse (1 635), était, à la différence du Jardin des plantes qui Ta remplacé, uniquement consacré au règne végétal. Le gouverne' nient y entretenait des chaires de botanique. A la faculté de médecine de Montpellier, un jardin avait été créé et une chaire de botanique instituée, en 1593, par Henri IV, en faveur de BiCHiER DE BELLEVAL, qui eut pour successcur le docteur kaonol. Nos botanistes furent surtout des médecins, des herboristes et des artistes jardiniers. U faut citer Jean robin, directeur du jardin du Louvre, qui acclimata chez nous le robinier ou acacia des jardins; cornut (1606-i651), qui, sans être allé au Canada, rédigea cependant une Flore de ce pays sur les échantillons qu'il en avait reçus et nous fit connaître plusieurs plantes de cette colonie, telles que le glaïeul, la vigne vierge, ïapios tuberosa, un tubercule dont les écrivains confondent souvent l'histoire avec celle de la pomme de terre ; Jacques barreuer, moine dominicain (1606-1673), auteur de ÏHortiLS mundi ou Jardin du monde, dont le manuscrit a péri dans un incendie, mais dont quelques planches ont été plus tard retrouvées et publiées par les Jussieu ; Louis FEUILLET, un Minime (1660-1732), qui exécuta, en Amérique la première de nos explorations botaniques; Etienne de FLAGOURT, gouvemeur de Madagascar, qui fit connaître la flore de cette grande lie.

Le plus illustre de nos botanistes du xvii« siècle, c'est Pitton de tournefort, d'Aix (1656-1708). Destiné d'abord à l'Église, il déserta le séminaire pour aller herboriser. Toute sa vie fut une longue herborisation : il parcourut les provinces du midi de la France, l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre, la Hollande. Démonstrateur au Jardin du roi, membre de l'Académie, il délaissa ses cours et TAcadémie pour faire un voyage en Orient avec une mission de Louis XIV. Il visita les îles grecques, la Turquie, l'Asie Mineure, l'Arménie et le mont Ararat. La peste qui désolait alors la Syrie et l'Egypte l'empêcha de s'y rendre. U rapporta de cette excursion 1356 plantes, pour la plupart inconnues chez nous. De retour en Europe, il venait

d'être nommé professeur de médecine au Collège de France quand il fut tué par un^ timon de charrette. En 1694, il avait publié ses « Éléments de la botanique ». La Relation de son voyage au Levant fut imprimée après sa mort.

Tournefort fut un laborieux chercheur, un homme de génie. Cependant, en Angleterre, hendschaw avait découvert, en 1661, à l'aide du microscope, les organes respiratoires des plantes; hooke, en 1667, étudie leur tissu cellulaire ; millington, en 1676, signale leurs organes de reproduction. Tournefort en est encore à douter, ou à ne pas tenir compte de l'existence des sexes dans les plantes. Sa classification botanique qui devait régir la science pendant un siècle, repose sur les caractères secondaires et superficiels, et non sur les caractères essentiels et sur la structure anatomique des plantes. Il distingue arbitrairement entre les arbres et les herbes. Il prend pour base de sa classification le pétale, et néglige les organes sexuels, Vétamine et le pistil. Aussi divise-t-il les plantes enpétalées et apétales; il subdivise les pétalées en monopétales, polypétales, etc. Cette division est si peu sérieuse qu'il est obligé d'admettre une classe innombrable de plantes, gui ne veulent pas se plier à son système, et qu'il appelle anomales!

Claude Perrault (1613-1688) rendit peut-être plus de services à la science en étudiant la circulation de la sève dans les plantes et en distinguant entre la sève descendante et la sève ascendante; veselthme, vers 1611, en expliquant le rôle des feuilles, qui consiste à absorber Pair et l'humidité ; DEDU, de Montpellier, en publiant «TAme des plantes », notre premier essai de physiologie botanique.

Géologie. — La géologie est surtout cultivée en Italie, où Fabio Colonna et Boccone étudient les fossiles. Chez nous. Descartes a exprimé l'idée que la Terre est un globe incandescent qui s'est refroidi, un soleil encroûté, et uaillet (1656-1738), après Palissy, a émis l'hypothèse d'un océan primitif qui aurait recouvert les montagnes et y aurait déposé les coquillages fossiles. L'un annoncerait donc la future école vulcanienne, l'autre la future école neptunienne.

Le Danois sténon distingue entre les terrains primitifs^ qui contiennent des fossiles, et les terrains secondaires, où l'on n'en trouve jamais,

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LDBNTft, reprenant Tidée de Descartes, suppose qiie la Terre et les planètes sont des étoiles refroidies à la suiv face : de là cet aspect vitreux des granits, gneiss, sables, silex, quartz, qui dénote l'action du feu. H distingue cependant une origine ignée, pour les roches primitives qui sont, dit-il, « la base de la terre », et une origine sédimentaire, pour celles qui se sont formées par les dépôts des mers primitives. Il affirme que les fossiles ne sont pas des « caprices de la nature », mais des espèces animales qui se sont perdues ou qui se sont transformées. Toutes les découv^tes, tous les systèmes de la science moderne sont déjà en germe dans ces théories de Leibnitz : mais ce grand et universel génie était tellement en avance sur son époque que ses mémoires n'eurent alors, surtout en France, aucun retentissement.

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