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I. La hiérarchie nobiliaire

L'ancienne aristocratie féodale, celle qui, au x^ siècle, était la vraie souveraine de la France, est à peine recon* naissable au xvri« siècle, et le xviii° siècle achèvera la transformation : io d'une part, elle a dû admettre des éléments nouveaux, parmi lesquels elle se trouve noyée; 2^ d'autre pari, elle a perdu toute sa puissance politique et se trouve complètement assujettie h la royauté.

Noblesse 4'épée» noblesse de raee. — Il n'y avait pas plus d'égalité dans la noblesse que dans l'Église ou dauA la nation elle-même : la noblesse avait aussi son aristocratie et sa plèbe. Nous devons distinguer d'abord la noblesse d'épée, et la noblesse qui n'était pas d'épée; la noblesse de race et les anoblis.

La noblesse d'épée, comprenant les gentilshommes de nom et d'armes, se groupait en une hiérarchie assez rigoureusement établie :

En tête venaient les princes du san^, les Orléans, les Gondé, les Gonti ;

Puis les princes légitimés^ dont un seul, le duc de Penthièvre, survivait à la fin du xviu« siècle;

Puis les dues et pairs, investis des duchés-pairies, qui se croyaient volontiers les successeurs des pairs de Philippe- Auguste, bien que quatre d'entre eux seulement ^ à la

1. Le duo d'Usis, 157%; le due d'EIbeuf, prince de Lambesc, 15S2; le 4ue de Montbazoû, prince do Rohan, 1595 ; le doc de Thoaars, duc de la

veille de 1789, remontassent au xvi« siècle. Tous, bien que quelques-uns fussent d'ancienne noblesse, devaient leur duché et leur pairie à la faveur des rois. Leur titre était purement honorifique : ils soutenaient la couronne du roi au sacre, se tenaient auprès de lui dans les États généraux (une pure sinécure, on en conviendra), avaient leur banc aux séances solennelles du Parlement de Paris *, étaient censés assister le roi de leurs conseils.

Puis les ducs non pairs, mais héréditaires, également créés par les rois, et dont le plus ancien, le duc de Chevreuse, remontait à 1667. L'érection de leur seigneurie en duché devait être enregistrée au Parlement. Leur dignité ne leur assurait que des honneurs, dont le plus envié était le tabouret pour la duchesse.

Puis les ducs à brevets. Ils avaient droit aux mêmes honneurs que les précédents; mais leur dignité n'était point héréditaire.

Puis les marquis et les comtes, qui étaient également des créations du roi, puisque les anciens comtes ou marquis étaient éteints depuis longtemps.

Puis les nobles qui prennent le titre de chevaliers, bien qu'il n'y eût plus de chevalerie et qu'elle n'eût jamais été héréditaire. Les plus riches de cette catégorie de nobles assumaient le titre de barons.

Enfin les simples gentilshommes qui se contentaient du titre d^écuyers, qui correspond à celui à^esquire en Angleterre.

Trémouille, 1599. — Saint-Simon, si orgueilleux de sou duché-pairie, n'avouait pas volontiers que sa grandeur remontait à son père, simple pag^ du roi Louis XIII, qui s'était attiré la faveur du roi par les mérites singuliers que relate ainsi Tallemant des Réauz : « Ce garçon rapportait toujours au roi des nouvelles certaines de la chasse, ne . tourmentait point trop les chevaux, et, quand il portait son cor, ne bavait point dedans. »

1. Le duc de Coislin usa bien singulièrement de son droit de duo et pair pour prendre part aux délibérations du Parlement. Il s'y rendit, un jour qu'on jugeait un procès où il ne comprenait pas un mot. Comme les voix étaient partagées à peu près également, il joignit sa voix à la partie la moins nombreuse, si bien que les voix se trouvèrent absolument égales. Troif« fois on recommença, mais trois fois, comme Coislin avait soin de passer d'un parti à l'autre, le résultat fut le même. Le premier président fut obligé, pour en unir, d'abandonner sa propre opinion, non sans « regarder noir » l'intrus. La partie perdante fut condamnée, probablement contre toute justice, à des dépens énormes; mais le duc et pair Coislin s'amusa tort de ce tour joué à « Messieurs du Parlement »,

Parmi les nobles, les uns, assez aisés pour vivre à Ver-i sailles, formaient la noblesse de cour, qui devait son principal éclat aux « bienfaits du roi ». Le reste, que la médiocrité de son patrimoine empêchait de venir à la cour, qui ne pouvait refaire .sa fortune à la source des faveurs royales, devenait chaque jour plus gêné. Le noble pauvre, le seigneur de village sans argent, le hobereau, comme l'appelaient les paysans, vivait dans son manoir en ruines, du maigre revenu de ses domaines obérés, dédaignant de s^associer aux roturiers pour la gestion des intérêts locaux, tout occupé à défendre ses droits contre les empiétements des intendants, plus que jamais entiché de ses dernières prérogatives, maintenant jalousement une potence délabrée et une prison qui n'avait plus de prisonniers. U brillait de tout son éclat le dimanche, à la messe, quand, assis k son banc seigneurial, le curé lui venait présenter, en pre-« mier, le pain bénit. Parmi ces nobles pauvres, il y en avait dont le blason remontait plus haut que celui des grands seigneurs qui paradaient à la cour : la famille des Yilliers de TIsle-Adam, dont un membre avait, en 1522,défendu Rhodes contre le sultan Soliman, était déjà ruinée. Le roi eût recruté dans cette classe des fonctionnaires dévoués, s'il n'avait préféré employer des anoblis, et les meilleurs officiers de son armée, si la vénalité des grades ne l'en avait exclue. Devenus inutiles à eux-mêmes et à FÉtat, ne trouvant aucun emploi honorable de leur activité, ces gentilshommes passent leur vie à la chasse ou la con» sument à tourmenter leurs paysans.

Cette classe de noblesse, étant de beaucoup la plus nombreuse, mérite dêtre bien connue. De Bouille estime que toutes les familles nobles, sauf deux ou trois cents, sont, à la fin du XVIII® siècle, ruinées. Dans le Rouergue, il y eu a qui végètent sur un revenu de cinquante et même de vingtcinq louis. Dans le Limousio, il n'y en a pas quinze qui aient vingt mille livres de rente. En Berry, « les trois quarts meurent de faim. » En Bretagne, beaucoup vivent comme des paysans et mangent du pain bis. Le père de Chateaubriand s'y morfond avec cinq serviteurs, un chien de '^'^asse et deux vieilles juments. Les plus besogneux oubliant leur noblesse, cherchent des emplois dans les

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contributions indirectes, se font « rats de cave » pour Tivre. En Bourgogne, Rétif de la Bretonne, au ztiii* siècle, nous montre « des gentilshommes chasseurs, en guêtres, en souliers ferrés, portant sous le bras une épée rouillée^ mourant de faim et refosant de travailler * ».

Même dans la noblesse d'épée, il y avait des familles dont l'anoblissement était bien récent. On calculait que sur 20000 familles <le nobles ou d^'anoblis, comprenant environ 150 000 p^*sonnes, il n'y avait pas 1500 familles qui auraient pu faire remonter leur généalogie aux croisades, 3000 au rrv« et 8000 au xn* siècle.

Noblesse aceidenteUe ', aniibllB. — La noblesse pouvait s'acquérir par des charges ou des occupations qui anoblissaient leur titulaire, comme les grands offices, tels que chancelier de France, garde des sceaux, secrétaire d'État, gouverneur et lieutenant du roi dans les provinces, ou encore comme certains emplois de cour. Le roi avait neuf cents secrétaires royûux, dispersés dans la France entière, auxquels il ne demandait jamais aucun service, mais qui achetaient très cher ces secrétariats , u niquemen t pour sortir de la roture.

La noblesse 4e robey celle des robins, s'acquérait par les charges de judicature. Rien que dans les cours souveraines, il y avait mille charges qui la conl^raient : cepen* dant les simples conseillers et les greffiers en chef, dans les cours de province, n'acquéraient que ia noblesse personnelle, non héréditaire. Les présidents k mortier des parlements obtinrent le droit d'entourer leur écusson du manteau ducal.

La noblesse d^échevinage, la noblesse de chcke (par allusion au beffroi des hôtels de ville) était conférée par les charges municipales, mais seulement dans quelques villes privilégiées.

La noblesse comiiive était accordée aux docteurs-professeurs de droit, après vingt ans d'exercice. La noblesse des

1. Comme l'industrie du verre ne dérogeait pas à la noblesse, on avait des nobles verriers. Leurs prétentions survécurent même à la Révolution : dans le Midi, il y a quarante on cinquante oas, ils ne soixlIBaient leur verr« qu'avec uae épée au côté.

2. C'est le terme employé par du Haillan, par opposition à la noblesse originelle.

LA ROBXESSR 6f

médecins- docteurs des facultés de Paris et Montpellier était de la même classe *» G*était la noblesse universitaire.

Noblesse achetée. — Encore le passage de la roture à ia gentilhommerie, pour tcms ces nobles, était-il dissimulé et justifié par le fait qu'ils avaient rempU des emplois réputés honorables; mais d'autres araieat cyniquement, brutalement acheté à la monarchie besogneuse leurs parchemins. En 1696, Louis XIY anoMit cinq cents personnes à raison de 6000 livres par tête; en 1702, il fait deux cents nobles; txk 1711, cent. Pendant le cours du xvih« siècle, on a vendu pour 100 millions de titres de noblesse. Il -est vrai que souvent le pouvoir reprend ce qu'il a donné. En i715, il annale toutes les lettres de noblesse octroyées depuis i 689 ; mais c'est pour en accorder bientôt de nouvelles, moyennant de nouvelles sommes. L'argent, c^est la vraie savonnette à vilain. Avec l'argent, le roturier achète des terres nobles ; en payant le droit de franc fief, il acquiert même des fiefs. Il se met à vivre noblement, c'est-à-dire sans rien faire. Le voilà bientôt « haut et puissant seigneur » : il rend la justice à ses sujets^ jouit des droits féodaux, se pavane à lAègliâe, au banc seigneurial.

Noblesse usurpée. — A côté de ceux ^î achètent la noblesse, il y a ceux qui l'usurpent. Oeux-ci, en tapinois, changent l'orthographe de leur nom, ajoutent une particule *, comme le Gros-Pierre dont parle Molière, et qui devieat M. de l'Me» Pour peu que les élus ou conseillers

1. Ceux de Maatpellier «• croyaient si bien chevaliers qu'A leup -enterre* ment on portait sar le -cercueil une épée et des ferons, objels pourtant bien étrangers 4 leurs paoffiqnes ocoupations.

2. Loyseau constate déjà que de sen temps (eosnaeooement da xyn* siàole) on usait de la particule pour s*anoblir. « Il y a un peu d'excuse, di^il, dans la vanité de nos modernes porte-épée qui, n'ayant pas de seigneurie dont ils puissent prendre te nwB, ajoutent scoienient un de ou un du devant celui de leurs pères, ce qui se fftit en guise de seigneurie. ■• U remarque fort bien que les nobles des premiers siècles ignoraient la particule et s'appelaient simplement Bouchard, Foucault, Hugues, Foulques (même sans ajouter un nom de terre), tout comme les roturiers. Du reste, cela existe encore au xvii* siècle, et un noble de vieille roche, Jacques Tezart, se montra offensé qu'on Teàt appelé Jacques de Tezart, se contentant d'ailleurs d'être seignear des Essarta et baron de Tournebu. La particule est si peu une marque de noblesse que beaucoup de nobles authentiques ne l'ont pas et qne heaaeeup de roturiers avérés la gardefni. La noblesse est donc absolument kidépendante du nom que l'on porte : une particalo ou même on nom dfi terra od la piio«m4 nullement.

des finances négligent de remettre le nouveau noble à la taille, l'usurpation réussit. La royauté, qui, par mesure fiscale, vend les titres de noblesse, par mesure fiscale aussi, supprime les gentilhommeries mal fondées, ramène les faux nobles à la roture, c'est-à-dire à l'obligation de payer rimpôt. Colbert en fait des abatis ; mais combien parviennent à échapper!

Il est bien entendu que nobles de robe ou de cloche, anoblis par Targent ou par la fraude, tendent à devenir vraie noblesse, font souche de. nobles d'épée *. Des généalogistes complaisants les font remonter aux paladins de Gharlemagne ou aux croisés de saint Louis. Quiconque est entré dans la noblesse s'efforce de fermer la porte derrière lui et regarde de très haut les roturiers. Les plus entichés de leurs privilèges, ce sont presque toujours les derniers arrivés.

IL Sujétion de la noblesse.

Les princes du sang. — Les princes du sang avaient abdiqué l'esprit turbulent de la Ligue et de la Fronde. Saint-Simon nous montre « le grand Gondé devenu la frayeur et la bassesse même, jusque devant les ministres, depuis son retour à la paix des Pyrénées ». Louis XIV évita de mettre ces princes à la tête de ses armées. Son frère même, le duc d'Orléans, ayant remporté une victoire à Gassel, éveilla sa jalousie et ne reçut plus de commandement. Il employa peu son neveu, Philippe d'Orléans, fort peu les Gonti et les Gondé. « II me semble, disait-il, qu'on m'ôte de ma gloire lorsque sans moi on peut en avoir. »

Les gonvemeurs. — Les gouvernements de provinces restèrent entre les mains des grandes familles, parfois même à titre héréditaire, avec d'énormes traitements * et

1 . Les anoblis n'étaient point considérés comme de vrais gentilshommes. Us ne prenaient que le titre à' écuy ers ; mais on admettait que « la troisième génération purifie le sang et la race, n On était yraiment gentilhommo quand on comptait quatre quartiers de noblesse^ c'est-à-dire quand les parents et les grands-parents étaient nobles.

2. Le gouyerneur général du Berry avait un traitement de 30 000 livres, celui de Guyenne toucliait 120 000, celui de Languedoc 160 000 livres.

Comme ces gouvernements étaient des espèces de bénéfices militaires.

des honneurs princiers. Ainsi les Gondé, gouverneurs en Bourgogne, avaient fait insérer leur nom dans les prières publiques après celui du roi. Cette haute dignité ne leur conférait aucune autorité réelle : ils ne pouvaient ni lever un denier, ni déplacer un soldat. C'était l'intendant qui, même pour les choses militaires, pour la levée et l'inspection des troupes de la province, exerçait le pouvoir absolu. Les gouverneurs, souvent engagés avec l'intendant dans des conflits où on ne leur donnait jamais raison, finissaient par comprendre leur impuissance. Ils se résignaient à leur rôle de pure représentation, présidaient les États provinciaux, paradaient aux processions, donnaient des fêtes et des dîners, ou venaient vivre à la cour du traitement attaché à leur dignité.

Les gpraads officiers. — Louis XIV continue la guerre commencée par Richelieu contre les grands officiers. Le cardinal avait supprimé le connétable et le grand amiral : le roi supprima, en 1662, le colonel général de l'infanterie; il ôta tout pouvoir au colonel général de la cavalerie; les maréchaux, en devenant plus nombreux, perdirent de leur ancienne importance; l'amiral de France et le capitaine génércJ des galères furent dépouillés du droit de nommer les officiers de mer. Dès lors, on put conférer le titre d'amiral au duc de Peut hièvre, qui avait neuf ans. Les généraux eux-mêmes furent « tenus en brassière» par le ministre de la guerre, qui leur traça jusqu'à leurs plans de campagne.

La noblesse exclue dn ifonvememeikl. — Les princes du sang étaient primés par le Conseil du roi, les généraux

qai avaient surtout pour utilité de doter riohement de grands seigneurs, ou les avait multipliés. Outre les grands gouvernements, il y avait les petits. Celui du Havre rapportait 35 000 livres. Paris et la vioomté de Paris, le Boulonnais, les Trois-Évèchés, la principauté de Sedan, Saumur avec le Saumurois, formaient autant de gouvernements particuliers. Hien que dans l'Ile-de-France, on en comptait 34, ayant pour chefs-lieux des villes qui n'avaient rien de militaire, comme Vervins, Senlis, Melua, Fontainebleau, Dourdan, Sens, Limours, Étampes, Dreux, Houdan. Chacun rapportait au moins 10 à 12 000 livres à son titulaire.

En outre, dans les grands gouvernements, il y avait toujours, à côté dn gonvemeur, au moins un lieutenant g énértU :Vl]e- de- h' raDQ& en avait jusqu'à trois, la Champagne quatre. Le lieutenant général do la petite province de Houssillon touchait 10 à 12 000 livres. Leur seul emploi était d'aider les gouverneurs à ne rien faire.

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et les amiraux par ks ministres, les gouverneurs par les intendants. Or les ministres n'appartenaient pas alors à Taristocratie. Dans le Conseil d'en haut, Louis XIV n'admit qu'un seul noble de haut rang, mais connu par sa docilité, le duc de BeauTilliers. Les intendants étaient également de la bourgeoisie, ou de la noblesse de robe, ou de la très petite noblesse. C'étaient pourtant ces hommes, compa* râbles anx Mtormousets du temps de Guries VI, qui ayaient Ja nain sur l'aristocratie et qui l'exciuaient de toute influence sur le gouvernement. Aux princes du sang, aux dues et pairs, aux chefs des grandes familles, il ne restait guère que ies dignités de la cour et l'honneur d'approcher le roi de plus près que les autres.

L.a noblesse tenue à l'obélssanee. -^ Le reste de la noblesse était tenu dans la même dépendance à l'égard des agents directs de la royauté. Si les nobles senraiesit dans les armées, ils étaient astreints à l'ordre du tableêM et à la discipline militaïre. S'ils se confinaient dans leurs châteaux, ils s'y voyaient dépouillés de toute autorité sur les habitants de. leur domaine. Autrefois Us pouyaient se dire les s<mvermns de leurs paysans, et, encore aujourd'hui, ils les appelaient leurs sujets. Mais les intendants désignaient plus exactement la véritable situation du seigneur, en l'intitulant simplement le premier habitant du village. Ces anciens maîtres de la France n'avaient plus de châteaux forts, plus de troupes féodales à commander, plus de justice indépendante.

l«s rébelllen» «t les crimes des nobles pnnis. -— Louis XIV se montra implacable pour tout ce qui lui rappelait la Fronde : sa vengeance s'acharna sur tous les survivants. Bien des années après, en 1665, un gentilhomme nommé Fargues, qui s'était réfugié dans la solitude de sa terre de Courson, près de Saint-Germain, y fut découvert par hasard : « Comment ! Fargues, si près d'ici ! » s'écria Louis XIV. Le malheureux ftit arrêté. L'intendant Courtin refusa de faire le procès à un homme dont les fautes étaient couvertes par l'amnistie de 1659. Courtin fût remplacé par Machault, et l'on inventa contre Fargues un prétendu délit de péculat. Il fut condamné â mort et exécuté; même il fut pendu, au lieu d'être décapité.

En i659, des gentilshommes de Normandie, Anjou et Poitou s' étant rassemblés pour parier de la convocation des États généraux, il fut interdit « à tous gentilshommes et autres de faire aucune assemblée, sous peine de la vie, sans la permission du roi ». Quelques-uns, ayant continué à se réunir secrètement, furent poursuivis : ceux qui réussirent à s'échapper eurent leurs châteaux rasés et leurs bois coupés; le marquis de Bonnesson, q«i s'était laissé prendre, fut décapité. Un certain René de Marcilly, huguenot comme le précédent, accusé d'un complot contre la vie du roi, périt la même année.

Le chevalier de Rohan, qui avait conspiré avec l'étranger, fut traduit devant une commission, et, malgré les piières de la noblesse, exécuté en 1674. Louis XIV ne se croyait pas tenu à déployer dans ses vengeances ni les formes juridiques, ni la publicité qu'observait encore Richelieu : d'autres conspirateurs périrent obscurément, dans Fombre profonde des cachots d'État.

Louis XIY ne se crut obligé à quelques formes que pour les crimes de droit commun et qui n'avaient rien de politique, comme ceux qui furent poursuivis lors de la célèbre Afaire des poisons^ en 1676.

Les Crnuidis é%mn d'Aaverpie. — Il y avait des provinces reculées où l'action du pouvoir central pénétrait difficilement et où les nobles continuaient à vivre de l'ancienne vie féodale, retranchés dans des ch&teaux qu^avait «ubliés le marteau de Richelieu, s'entoorant de bandits, rançonnant les paysans, comme à l'époque de la guerre de Cent ans, et tenant tête aux agents du prince. C'est pour Icurfaire sentir le joug qu'en 1665 les gens du roi, c'es^à-dire des maîtres des requêtes au Conseil d'État et des conseillers du parlement de Paris allèrent tenir à Glermont les Grands Jours d'Auvergne. Ils furent reçus par les échevins de la cité avec tous les honneurs dus au roi lui-même. Le dimanche suivant, dans toutes les chaires des églises, les prêtres lancèrent leur monitoire, « Nous admonestons tous ceux et celles qui connaissent des personnes qui ont commis des assassinats, vols, incendies, rapts, etc., à venir à révélation. » Puis comme, sous la terreur que les hobereaux faisaient peser sur l'Auvergne, les paysans ne se hasardaient

pas à venir dénoncer les crimes dont ils avaient souffert, les gens du roi firent proclamer dans toutes les églises, au son lugubre des cloches, la formule de l'excommunicalion contre ceux qui se refuseraient à faire des révélations. On apprit alors des choses étranges. Un baron de Veyrac avait brûlée la cervelle à un notaire t[ui s'était permis de verbaliser contre lui : il fut condamné à mort et exécuté. Un marquis du Palais, assisté de son fils et de ses serviteurs, avait tué dans leur lit deux des huissiers qui venaient lui signifier un acte, blessé mortellement un troisième, fait prisonniers les deux autres, qu'ils menèrent à coups de fouet, en chemise, dans leur château. Le marquis l'ut décapité; les serviteurs qui avaient pris part à ces excès, roués vifs. Quelques grands coupables échappèrent, comme le baron d'Espinchal, qui avait torturé et tué un de ses pages et empoisonné sa femme; comme le comte d^Apcher, qui avait levé des tailles arbitraires, forcé des maisons, bâtonné des bourgeois, outragé des femmes, et dont les satellites furent pendus; comme le marquis de Ganillac^ciui, depuis soixante ans, tyrannisait le pays *.

L'enquête découvrit d'autres crimes encore : notaires oa huissiers maltraités ; meurtres commis sur des bourgeois, des paysans et même des prêtres ; justiciables enfermés dans d'horribles cachots humides, comme chez le baron de Sénégas; droits abusifs levés sur les vilains, comme chez le marquis de Montvallat, par exemple, qui prenait comme droit de noces la moitié de la dot de toute paysanne qui se

1. Co Caaillao levait aar les paysans des impôts extraordinaires : la taille de Monsieur, celle de Madame, celle de leurs enfants. Il avait mis une taxe sur ceux qui mangeaient de la viande, puis, comme les pauvres diables se réduisaient à l'abstinence, il en mit une autre sur ceux qui n*en mangeaient pas. Pour les motifs les plus futiles» il emprisonnait et jugeait les misérables, et les forçait à se racheter ensuite à prix d*argent. Il poussait ses vassaux à commettre des délits, pour les obliger ensuite à lui payer des amendes. Pour terroriser le pays, « il entretenait dans des tours douze scélérats, qu'il appelait ses douze apôtres, qui catéchisaient avec l'épée ou avec le b&lon ceux qui étaient rebelles à sa loi. Il leur avait donné des noms fort peu apostoliques, appelant l'un Sans-Fianee^ l'autre Brise-Tout et ainsi du reste. » Canillao, à la nouvelle des Grands Jours, s'enfuit en E8pagn:ie. Il faut cri^ire qu'ils lui inspiraient plus de respect que les juridictions ordinaires; car autrefois, apprenant qu'il était oondamué à mort par le Parlement de Toulouse et qu'on allait l'exécuter en efGgic, il avait assisté d'une fenêtre voisine à son exécution et trouvé plaisant « de s» voir mourir dans la rue pendant qu'il se portait bien chez soi »,

mariait sur ses terres; vengeances atroces, duels déloyaux, enlèvements de femmes, enrôlements de bandits soldés, empoisonnements, infanticides, fausse monnaie. « C'est être innocent en Auvergne, écrivait Fléchier, que de n'avoir commis qu'un crime. »

Parmi les coupables qui s'échappèrent à temps et furent jugés par contumace, 273 furent condamnés à la potence, 32 à la roue, 44 à la décapitation, 28 aux galères, 3 au fouet avec bannissement, 96 au bannissement. Leurs châteaux furent rasés et leurs bois seigneuriaux coupés à trois pieds de terre.

Il est à remarquer que la justice se motitra particulière* ment sévère contre ceux qui avaient maltraité ses agents ou bravé l'autorité royale : Lamothe-Ganillac fut décapité, beaucoup parce qu'il avait été compromis dans la Fronde. C'est surtout le mépris de son autorité qui irrita Louis XIV et le décida à ordonner les Grands Jours : le baron d'Espinchai n'aTait-il pas osé, en plein Paris, aux portes du Louvre, faire enlever dans une litière un de ses ennemis qui sortait de l'audience du roi, auquel il avait été porter plainte contre lui?

La terreur que les Grands Jours faisaient peser sur les nobles coupables de l'Auvergne rassura et enhardit les ruraux ^. Mais Louis XIV était le roi des gentilshommes, et non des paysans. Satisfait d'avoir imprimé aux hobereaux la terreur salutaire de la royauté, il fit clore les travaux des Grands Jours, et chacun fut remis à sa place, le seigneur en son manoir, le vilain à sa corvée.

La clémence du roi suivait toujours les rigueurs déployées contre les coupables : il suffisait qu^ls s'humiliassent et qu'ils fussent de noble lignée. Un marquis de Pellevé, qui avait tué un paysan, rentra en grâce en équipant un régi-

1. Ils orurent, dit Fléohier, qae les juges allaient leor faire rendre tontes les terres qn*ils ayaient vendues. « Si on ne leur parle avec honneur et si on manque à les saluer civilement, ils en appellent aux Grands Jours, menacent de faire punir, et protestent de violence. Une dame de la campagne se plaignait que tous ses paysans avaient acheté des gants, et croyaient qu'ils n'étaient plus obligés de travailler, et que le roi ne considérait plus qu'eux dans son royaume. » — Un seigneur s'étant permis de jeter à terre le chapeau d'un paysan* celui-ci « lui commanda de loi ramasser son chapean, on qu'il lui en coûterait la tète • Et le seigneur le ramassa.

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ment ; le fils de Ganillac, en équipant un vaisseau ; d'autres meurtriers furent simplement incorporés dans des régiments ou obligés de tenir garnison dans quelque citadelle.

Des Grands Jours furent tenus dans d'autres provinces, par exemple dans le Velay, aussi sauvage que TAuvergne.

Restes de ranelen tapi^iida4^ féodal. — La violence des mœurs féodales se maintint longtemps encore dans certains cantons. En 1700, un certain la Bourlie, qui avait quitté le service militaire et s'était retiré dans lesOévennes, soupçonna un de ses domestiques de Tavoir volé : k Sans autre façon, raconte Saint-Simon, il lui fit donner en sa présence une cruelle question. Gela ne put demeurer si secret que les plaintes n'en vinssent. Il y allait de k tête : la Bouriie sortit du royaume. » En 4710, quand la puis^ sance de Louis XIV déclina, dans le désarroi général causé par les défaites, les gentilshommes recommencèrent à dé^ vaster les campagnes, enlevant les enfants, les domestiques. « Que ne portez-vous vos plaintes au roi, leur disait Duval, que ne pré venez* vous ses désirs en courant sus aux pillards? Mais la gent rustique, accoutumée à être harcelée, se contentait de déplorer son sort et d'admirer la vivacité de mon ressentiment, sans se mettre en peine de suivre mes conseils. » Au zvui* siècle, ces exemples deviennent plus rares. Pourtant, en 1743,1a princesse de Nassau, dame de risle^sous^Montréal, s'avise de fermer son château aux cavsiiers de la maréchaussée et de faire tirer sur eux ses ftiuconneaux : ils reviennent en force avec le lieutenant criminel, qui met le château sous séquestre et fait déposer ies fauconneaux à son greffe.

Le cavalier de la maréchaussée, comme le gendarme d'aujourd'hui, redouté des vagabonds et des nobles pillards, est alors salué, dans les campagnes les plus reculées, comme le représentant d'une autorité tutélaire.

La dernière eoBSi^ivatioa aoMUaire. — De la Fronde à la Révolution, on ne peut citer qu'une seule conspiration nobiliaire contre le pouvoir royal. Elle eut lieu dans la province que ses mœurs, sa langue, ses privilèges rendaient la plus étrangère à la France : en Bretagne. Elle ne se fit pas contre la royauté, mais seulement pour la défense d'anciens privilèges de la province, consacrés par

la royauté elle-même. ËUe se produisit, non sous le gouvemement personnel de Louis XIV ou de Louis XY, mais pendant une sorte d'interrègne, sous la régence de Philippe d'Orléans. C'est la conspiration de PontcalleCy en 1719. Le régent avait voulu imposer à la Bretagne une taxe nouvelle ; les États provinciaux avaient refusé et élevé une protestation qui amena leur dissolution. Alors les plus téméraires des nobles bretons songèrent à recourir à la force, envoyèrent des délégués solliciter le secours de l'Espagne, réparèrent les brèches de leurs manoirs, levè^ rent des hommes, amassèrent des armes et des munitions. Des sept vaisseaux qu'envoyait l'Espagne, montés par trois mille hommes, un seul aborda dans la presqu'île de Quiberon et débarqua trois cents hommes, qui se rembarquèrent aussitôt. L'insurrection préparée ne put donc éclater. Le pouvoir jugea utile, afin d'arracher à la province l'argent qu'elle avait refusé, de faire grand bruit de cette équipée. Tous ceux des conjurés qu'on put saisir furent traduits devant une commission : quatre d'entre eux, Pontcallec, Montlouis, Gouëdic et Talhouet, furent condamnés à mort et décapités le même jour; seize autres condamnations capitales furent prononcées par contumace. Les nobles de Bretagne ne firent plus d'insurrection que beaucoup plus tard, pour défendre contre la Révolution les droits de la royauté ingrate. En 1795, dans une nouvelle afifaire de Quiberon, tombèrent sous les balles républicaines les petits-fils de ceux que les juges de Philippe d'Orléans avaient, en 1719, condamnés à mort.

Droits qui restent ft la nohlesse. — La noblesse, qui ne pouvait, par orgueil, se livrer à aucun travail *, avait

1. Vivre noblemintt c'était rim sans travailler . Tout travail agricole ou industriel était une dérogation : il entraînait la perte de la noblesse. On ne pouvait se relever de cette déchéance qu'en obtenant du roi des lettres de réhabilitation^ comme lorsqu'on avait commis quelque crime. Quand Louis XIV voulut amener les grands à mettre des fonds dans la compagnie des Indes, il fallut qu'an édit spécial décidât que le commerce de BMr « ne déroge pas à la noblesse ». On avait fait autrefois la même I exeeption pour l'industrie dn verre. On dérogeait non seulement en exer- {ant l'industrie ou le commerce, mais en de;76nant proevreur (avoué) oa notaire. Pour un noble, il valait mieux se ruiner que de travailler, car « la pauvreté obscurcit la noblesse, mais ne l'ôte pas ». Singulière société que celle où le travail honnête élait considéré comme une tare. La France

une tendance à s'appauvrir constamment. Même quand elle ne se ruinait pas dans les fêtes et au jeu, comme elle était propriétaire foncière, elle voyait ses revenus diminuer par l'appauvrissement des fermiers et des paysans. Mme de Sévigné nous donne de lamentables détails sur la décadence des biens nobles au xvn« siècle. « Je n*ai, disait-elle, que de vilaines terres qui deviennent des pierres au lieu d'être du pain. » En 1690, telle terre de M. de la Garde, qui rapportait autrefois iO 000 livres de rente, n'en donnait plus que 2 000.

11 y avait bien la ressource des mariages riches. Pour « redorer leur blason », pour « fumer leurs terres », les plus titrés épousaient les filles de gens de robe ou de gens de fmance. C'est ce qu'on appelait une mésalliance : les enfants en pâtissaient, car il leur manquait des quartiers de noblesse pour monter aux carrosses du roi.

Le roi a cependant intérêt à soutenir l'aristocratie, à titre de soutien de son État. Il compatit, ainsi que l'avait fait Richelieu, aux embarras des gentilshommes. Aussi, non seulement il veille au maintien de leurs privilèges, mais il tend à les augmenter. Pour toutes les charges qui dépendent de lui, il défend les gentilshommes contre la concurrence des roturiers et les anciens nobles contre la concurrence des nouveaux. Voilà pourquoi, au ivii» et surtout au XVIII* siècle, la royauté se montre plus exigeante sur les quartiers de noblesse. Louis XIV, bien plus Louis XV, plus encore Louis XVL se montrent autrement scrupuleux que ne l'avaient fait Henri IV et les rois du xvi» siècle sur la qualité des gens qu'ils emploient. La noblesse devient de plus en plus exclusive à mesure qu'on approche de la Révolution, qui mettra fin à la noblesse.

Les droits et privilèges des nobles sont nombreux, et ils peuvent se rapporter à plusieurs catégories. D'abord il y a les anciens, ceux qui sont de l'essence même de la sei-

et l'Espagne étaient presque les seuls pays où régnât cet absurde préjugé, dont on retrouve encore la trace dans nos mœurs actuelles. Le jurisconsulte Loyseau, sous Henri IV, remarque que les nobles des yilles aile- , mandes ou italiennes, de Danemark, de Hollande, de Pologne, peuveni faire le commerce, et qu'eu Angleterre « les jeunes gentilshommes remplissent la plus grande partie des boutiques de Londres et des antret Tilles tans préjadicier à leur condition ».

gneurie : les droits féodaux et domaniaux, les droits de justice, Texemption de la taille, de la plupart des impôts, des logements militaires, leur rôle, sinon dans les Etats généraux, au moins dans les États provinciaux, où ils forment le second ordre.

Puis viennent les privilèges que leur a assurés la politique des rois. A la cour, eux seuls ont droit à occuper un rang honorable, à remplir les emplois de la maison militaire et civile du roi, des maisons princières. Dans les provinces, on leur réserve les gouvernements, les lieutenances générales, les châtellenies. Dans Tarmée, dans la marine, eux seuls, de plus en plus exclusivement, ont droit aux grades. Les croix des ordres du roi, Saint-Esprit, Saint- Louis, Mérite militaire S les bénéfices des ordres de Malte et de Saint-Lazare, ne s'accordent guère qu'à eux. Les écoles militaires ne s'ouvrent qu'aux candidats munis de parchemins suffisamment respectables. Dans TËglise, les évêchés, les canonicats, les abbayes, les prieurés ne sont que pour les clercs qui unissent à un peu de piété beaucoup de noblesse. Les hautes charges de la judicature elles-mêmes tendent à se peupler de leurs pareils. Enfin, devant les tribunaux, on fait depuis longtemps entre le gentilhomme et le roturier, également frappés d'une condamnation à mort, une distinction à laquelle n'avait pas pensé saint Louis : le premier est ordinairement décapité, le second est pendu *. Un des privilèges les plus singuliers de la noblesse, c'est celui de pouvoir abréger leur temps d'études dans les universités, c'est-à-dire d'en savoir moins que les roturiers. C'est par toutes ces faveurs que le roi dédommage les gentilshommes de la souveraineté qu'il a confisquée sur leurs devanciers.

La noblesse a perdu la puissance et gardé des prlvllôg^es. — Ainsi la noblesse de France, soit qu'elle fût démoralisée par le régime de cour, soit qu'eDe restât à

I. En revanche Tordre de Sainl-Miciiel est ouvert aux roturiers, artiste:^, Mvants, médecins, chirurgienâ, etc.

i. Cependant la distinction tient beaucoup à la nature du crime : pou" \r vol à main armée et autres crimes inramants, le noble est aussi pendu. a moins de grâce spéciale ; pour certains crimes atroces, il peut même eu e rui«é.

moitié barbare au fond de ses manoirs de province, soit qu'elle pliât dans les régiments sous l'arbitraire du ministre de la guerre, avait cessé d'être une puissance politique. La noblesse d'Angleterre, qui s'était unie loyalement aux bourgeois pour résister au despotisme, formait un corps puissant qui partageait avec le roi et les députés des villes le gouvernement du royaume ; ses aines siégeaient à la chambre haute du Parlement, ses cadets et ses clients à la chambre basse ; l'administration provinciale de l'Angleterre était entièrement entre les mains des gentilshommes ; ils n'avaient à redouter ni intendants, ni Conseil du roi. La noblesse de France, au contraire, n'avait aucune action, ni sur le pouvoir central, ni sur l'administration provinciale. Elle n'avait ni libertés, ni droits politiques : elle n'avait que des privilèges. La noblesse d'Angleterre gouvem'ait; celle de France obéissait. A suffisait à celle-ci que le roi parût la mettre bien au-dessus du peuple et qu'il flattât sa vanité par des édits dans le genre de celui de Louis XIV qui défendait aux gens de naissance ignoble, c'est-à-dire aux roturiers, sous peine de pendaison et de confiscation, d'appeler en duel des gentilshommes.

L'union de l'aristocratie et de la bourgeoisie d'Angleterre avait fondé la liberté britannique : la séparation de l'aristocratie et de la bourgeoisie française assura le pouvoir absolu de la royauté.

Ouvrages a consulter — • Loyseau, Traité des offices: Iraité det ordres et dignités (1636). — De Ja Roque, Traité du ban et de V arrièreban ; Répertoire de la noblesse {1678). — Besoiorne, L'État de la France...

paraissant à partir de 1661 tous les deux ans (édit. de 1698, 3 vol.). — Guyot, Répertoire de jurisprudence, au mot Noblesse. — Viollet, Précis du droit français. — Taine, Essais et Nouveaux essais de critique et

d'histoire. — Ch. Lonandre, La noblesse française sous l'ancienne monarchie. — Duc d'Aumale, Hist.

des princes de la maison de Condé, — Fr. MassoD, Le marquis de Grignan.

— Gourdon de Genouillac, Dictionnaire des anoblissementa, — Paulin Paris, De la particule dite nobiliaire,

— Voir la bibliographie dn chapitre II : ouvrages de Dejaping, Chéruel, Gasquet, de Tocqueville, Taine, de Carné, Boiteau, Ghérest, eto.

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