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L'INDUSTRIE

Lyon était le centre de Findustrie de la soie, possédait 15 000 métiers, qui occupaient 30 000 personnes. Lyon avait 2000 métiers pour les bas de soie, Paris presque autant, Nîmes 3000. Rouen et la Champagne donnaient les bas de coton ^ Les tapisseries des Gobelins, de Beauvais, d'Aubusson, de Flandre, de Nancy, étaient incomparables ; mais, l'emploi de la perse dans les ameublements et les tentures leur suscitait une concurrence. Les toiles de coton imprimées, appelées indiennes parce qu'on s'essayait à reproduire les dessins de Tlndoustan, longtemps proscrites, comme nous l'avons vu, réussirent k s'imposer : sghérbr, à Wesserling; puis KOEGHUN, Doupus, 8CHMALZER, à Mulhouse, vers 1746; OBERKAMPP à Jouy, près Paris, en 1759, furent les fondateurs de cette industrie.

Paris était le centre de l'ébénisterie, de la marqueterie, de la carrosserie, des modes et des mille brimborions futiles et charmants qui constituaient déjà à cette époque Yarticle de Paris; le centre aussi de l'orfèvrerie et des industries connexes. Le roi donnait l'hospitalité dans ses galeries du Louvre aux graveurs coghin et duvivier, aux joailliers AUBERT et ROITIERS, aUX horlogOrS LEPAUTB et LEROT.

Frédéric japy fonde le grand établissement d'horlogerie de Beaucourt, près de Montbéliard (1767).

Notre industrie des glaces, cristaux, verrerie, est la première de l'Europe, y compris Venise : en 1740, bucheb importe de Bohême l'art de tailler le cristal. Les faïenceries de Nevers, Rouen, Lunéville, Strasbourg, sont en pleine prospérité. En 1709, le Saxon bottgbr fabrique les premières porcelaines qui ne soient pas venues de Chine. Nous manquions d^une argile, dite kaolin, nécessaire à cette fabrication; or, en 1768, une damoDARNET en découvre des gisements près de Limoges et la prospérité de cette ville ainsi que de Saint-Yrieix commence. La Manufacture royale de Sèvres, à la fois fabrique, musée et école artistique,

1. Un compagnon serrurier de la basse Normandie avait inventé la ma chine à fabriquer les bas de ooton et l'avait présentée à Golbert, pour être offerte à Louis XIV. La corporation des marchands bonnetiers s'émut, obligea l'inventeur à vendre sa machine : il mourut à l'hôpital. L'invention passa en Angleterre, d'où elle nous revint longtemps après par un Nlmois, qui, malgré les précautions des Anglais, était parvenu à en surprendre le secret.

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donne d'admirables modèles de la porcelaîne finmçaise.

Vers la fm de l'andenne monarchie, la capitale s'enrichit d'une industrie nouTelle, les papiers peints poor tenture, industrie toute démocratique et qui allait égayer la plus humble demeure

Orléans avait ses raffineries de sucre qui fournissaient le tiers de la production totale, Marseille ses savons, dont elle Tendait pour 18 millions par an.

L'industrie d'alors complète de plus vastes déveloj^tements que celle du moyen âge : ce n'est plus seulement l'échoppe, oik le maître travaille au même établi que ses compagnons et ses apprentis. De grands ateliers, des usines, des manufactures se sont formés. La machinerie est encore imparfaite : l' a Encyclopédie », qui résumeles progrès accomplis à cette époque, noos montre des appareils lourds et massifs, des rouages de bois, des engins peu conn pliqués. Les épingles, par exemple, se font à la main. L'Angleterre est déjà fort en avance sur nous : en 1784, un certain mabiin apporte d'outre-Manche la machine à filer d'Arkwright et obtient un privilège pour établir une manufacture à Poix, près d'Arpajon. A Ly<Hi, une série de perfectionnements, successivement apportés dans le métier à tisser, annoncent déjà l'invention de Jacquard : TAUCAHsai est poursuivi à coups de pierres par les ouvriers de Lyon, qui avaient appris qu'il étudiait un nouveau métier à tisser; pour se venger d'eux, il inventa une machine qui, mue par un âne, fabriquait des étoffes à fleurs.

Cependant la production industrielle de la France s'exprime par des chiffres qui nous mettent hors de pair avec l'Europe continentale : 200 millions pour la toile, 106 millions pour les fers et aciers, iOO millions pour les draps, 40 millions pour la bonneterie, 20 millions pour la chapellerie, 30 millions pour les raffineries, 18 millions pour les savons : au total, 931 millions de livres, qui feraient presque le double en monnaie de notre temps.

« L'industrie de la nation est admirable, écrivait Bielfed en 1772. Tout ce qui en sort a droit de nous charmer par les agréments de l'invention et la perfection du travail; il semble que tout soit achevé et fini. Ces qualités donnent aux manufactures françaises le débit excessif qu'elles ont,

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