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IV. Le crédit

Les banques. — Il y avait longtemps que lltalie possédait des banques, qui émettaient des billets, lorsque, sous François P', en 1543, s'établit la banque de Lyon : elle pré tait à 8 pour 100 et faisait beaucoup d'affaires avec l'Allemagne et l'Italie. En 1549, Toulouse, et en 1566, Rouen furent dotés d'une institution semblable. Au xvii® siècle, il y eut en France de puissantes maisons de banq[ue, et du sein du tiers état s'éleva la classe à la fois détestée et enviée des financiers *.

Ces établissements avaient un caractère purement privé; ils prêtaient rarement à l'État. Leur action était trop peu étendue pour diminuer les ravages que faisait l'usure.

1. Le plas célèbre des financiers du lègn» de Louis XIV, e'est Samuel Bernard (1651-1730), fils d'un peintre de renom.Il fit une fortune immense, prêta des sommes considérables à Louis XIV et à Louis XV. Les courtisans de Versailles forent on jour dens la stupeur quand Us virent le grand roi receToir ce richard en sa résidence privilégiée de Marly, lui faire en personne les honneurs de son parc et se promener avec loi. « J*admirais, dit Saint-Simon, cette espèce de prostitution du roi, si avare de ses paroles, à on homme de Tespèce de Bernard. Je ne fus pas longtemps à en oomprendre la cause et j'admirais alors où les plus grands rois se trouvent quelquefois réduits. » C'était pendant la désastreuse guerre de la succession d'Espagne, et Louis XTV, épuisé d'argent, condescendait à flatter eemc qui en avaient. En 1697, quand le prince de Coati partit pour se faire élire roi de Pologne, Bernard avait trouvé, en vingt-quatre heures, un million en or pour les frais de voyage. En 1708, il trouva 6 millions pour le duo d'Orléans, qui allait prendre le commandemfenl de l'armée d'Espi^^e. Dès 1700, le roi l'avait annobli, fait chevalier. Il maria ses filles et ses ûls dans la plus haute noblesse, dans les maisons de Saint-Chamand et de la Cosse. Lui-même, à soixante-dix ans, épousa une Saint-Chamand. Un de ses ouMiera, un simple employé, maria sa fille dans la maison de Tessé. MAgré leurs protestations, les nobles officias de <la gendarmerie royale forent obligés d'ouvrir leurs rangs à un des fils de Bernard. Bernard, dit le président Hénault, « acait un orgueil extravagant qui, en quelque sorle, l'anobtissait ».

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