RÉPRESSION DES SLAVES
de pourpre, liomméc sagio?i, dont la bordure d'or était ornée de perles ; il portait une couronne, appelée sarikioiiy ornée de pierres précieuses. Un des officiers d'ordonnance, le bâton d'or à la main, fit venir d'abord les Sacoulates ; ils entrèrent avec le logothète, et sortirent après s'être entretenus avec l'empereur par son intermédiaire. Les envoyés des autres Slaves des environs de Thessalonique furent introduits de la même manière. A la fin de l'audience, l'empereur donna à chacun d'eux un manteau comme à ses sujets. De cette description de Constantin Porphyrogénète, il résulte que Michel fut plus bienveillant pour les Slaves des plaines de la Macédoine que pour les Sacoulates, qui habitaient les districts les plus septentrionaux de cette province. Depuis lors cependant jusqu'au dixième siècle tous restèrent fidèles à l'empire. Jean Caméniate dit, en racontant la prise de Thessalonique par les Arabes en 904, que les Drougouvites et les Sacoulates payaient l'impôt au commandant de cette place, tandis que les autres Slaves le versaient au commandant du Strvmon. Ils étaient tous d'habiles archers, et la force de leurs traits passait pour irrésistible. Au septième siècle, plusieurs avaient, de concert avec les Arabes, attaqué Thessalonique ; maintenant ils accouraient au secours de cette même ville assiégée par ces mêmes Arabes.
Les entreprises contre les Slaves établis plus au sud commencèrent plus tard ; ces contrées n'avaient été occupées qu'au huitième siècle. Sous Irène, l'eunuque Stavrace, qui, comme on l'a vu, ne fut pas très-heureux
GIIANDEUR DE L'HELLENISME AU MOYEN AGE.
dans sa guerre contre les Arabes, descendit en Thessalie et en Grèce à la tête d'une puissante armée, soumit les Slaves qui s'y étaient récemment établis, et leur imposa un tribut. Il entra aussi dans le Péloponèse et en ramena beaucoup d'esclaves et un grand butin à Constantinople. Ce châtiment n'empêcha pas les Slaves du Péloponèse de se révolter environ vingt ans après, en 807, sous l'empereur Nicéphore. Ils essayèrent d'abord do s'emparer des propriétés des Grecs, véov Tpotixwv, comme Porphyrogénète appelle les indigènes du Péloponèse, et de les piller. Puis ils attaquèrent la ville de Patras, ruinèrent les plaines des environs et assiégèrent la ville même par terre et par mer, avec l'aide des mahométans venus de l'Afrique et de la Syrie. Les Slaves méridionaux, qui ne pouvaient se concerter avec les Bulgares établis trop loin, et qui n'avaient pas de marine, s'alliaient souvent, on l'a déjà vu, aux Arabes. Le siège de Patras fut poursuivi jusqu'à ce que les habitants eussent complètement battu les ennemis dans une sortie. Tous ceux qui prirent part à cette révolte, leurs femmes, leurs enfants, leurs biens meubles et immeubles furent consacrés à l'église de J'apôtre André, patron de la ville. Mais ce désastre ne corrigea pas les autres Slaves du Péloponèse. Ils se soulevèrent quarante ans après, ravageant les campagnes et menaçant les villes. Théocliste Bryennius, nommé général de la péninsule, y entra en 849 à la tête des légions de la Thrace, de la Macédoine et des autres thèmes d'Europe, et dompta les rebelles. Deux tribus, les Milengues et les