RÉPRESSION DES SLAVES
Ézérites, qui habitaient les penchants inaccessibles du Taygète, alors nommé Pentadactyle, échappèrent seules à une soumission complète, mais consentirent à payer un tribut de 5,000 francs environ. La difficulté d'enlever leurs positions, attaquables d'un seul côté, dicta sans doute ces ménagements à Théoctiste. En effet, les habitants de la Laconie méridionale, connue dès lors sous le nom de Mane ou Maine (Magne), tenaient encore à l'ancienne religion ; l'évangile avait tardé à se répandre vers les extrémités de la péninsule. Ce n'est qu'à la fin du neuvième siècle, sous Basile le Macédonien, que les Maïnotes reçurent le baptême. Ils étaient peu dévoués à l'empire de Constantinople. S'ils n'ont pas secouru les Milengues et les Ézérites, ils n'étaient probablement pas non plus désireux de contribuer à les isoler complètement. Aussi bien quand, au commencement du siècle suivant, les Milengues et les Ézérites entreprirent de se rendre tout à fait indépendants, ils subirent une défaite complète. Le général du Péloponèse, Jean Protévon, fit savoir en 921 à l'empereur Romain que ces tribus n'acceptaient pas le gouverneur nommé par lui, qu'elles refusaient le service militaire et qu'elles ne voulaient pas payer le tribut. Avant que cette nouvelle parvînt à Constantinople, on avait nommé un nouveau général, Crinite Arotras, qui reçut l'ordre de soumettre les rebelles. Il les attaqua au mois de mars, détruisit leurs moissons, ravagea leurs campagnes jusqu'au mois de novembre et les força à d-emander leur pardon. En réponse, le général Crinite décupla le tribut des Milengues, qu'il porta de 60 à
600 pièces d'or, et doubla celui des Ézérites, porté de 300 à 600 ; il fit recouvrer et verser aussitôt ces sommes à la caisse impériale. Il est vrai que, peu après, Vempereur Romain,.à la prière dos vaincus, leur délivra un chrysobule ramenant le tribut à ce qu'il était avant la guerre. Cette concession doit être attribuée au soulèvement de plusieurs chefs indigènes du Péloponèse, qui eut lieu dans l'intervalle. D'autres Slaves, venus de dehors, ayant attaqué en même temps ce thème, les Ezérites et les Milcngues profitèrent de cette situation pour demander la réduction du tribut. L'empereur ne céda donc pas à une nouvelle révolte, mais à la crainte que leur union avec les rebelles indigènes et les Slaves étrangers n'amenât une ruine complète de la péninsule.
Ces révoltes n'étaient pas isolées. La plupart, on l'a vu, avaient lieu de concert avec les Bulgares et les mahométans. Mais, à l'exception des Slaves de la partie la plus septentrionale de la Macédoine, ralliés de bonne heure au royaume bulgare, les autres, depuis longtemps sujets de l'empereur, se révoltaient comme simples auxiliaires de ses ennemis du dehors.
Au dixième siècle, la lutte changea de caractère. Los Bulgares visèrent, sous Siméon, à une véritable conquête des contrées méridionales ; ils s'emparèrent, entre autres pays, de Nicopolis. Mais leur grandeur fut éphémère. Après la mort de Siméon, le royaume bulgare fut humilié sous Constantin Porphyrogénète ; peu après, l'empereur Jean Zimiscés battit complètement ces ennemis et les Russes leurs alliés, et réduisit la Bulgarie elle-