DESTRUCTION DU ROYAUME BULGARE
même en province de l'empire. Toutefois, les Bulgares se soulevèrent de nouveau en 976, sous leur puissant souverain Samuel. Alors commença cette lutte mémorable de Basile II, qui devait abattre pour toujours les prétentions extravagantes des Bulgares et délivrer l'hellénisme de tout danger de ce côté.
Samuel entreprit de soumettre, et il y parvint pendant quelques années, la plupart des provinces européennes do l'empire. Il se dirigea d'abord vers l'occident et transporta sa capitale à Prespa, près du lac d'Ochrida. Puis il se rendit maître de la Macédoine moins Thessalonique, et de l'Epire moins Nicopolis. Samuel envahit ensuite la Thessalio, s'empara de Larissa et transporta une partie des habitants dans l'intérieur de la Bulgarie. D'autres furent enrôlés dans l'armée. De la Thessalio le hardi aventurier entra dans la Grèce proprement dite et menaça le Péloponèse. Il se préparait déjà à attaquer Corinthe, lorsqu'il se vit forcé de reculer vers le nord à la nouvelle que l'omporour marchait contre Sophia. Cette première expédition de Basile échoua malheureusement. Occupé ailleurs par d'autres ennemis, il ne put, pendant plusieurs années, reprendre sérieusement la lutte contre les Bulgares. Samuel, profitant de ces difficultés, poursuivit l'exécution de son projet, et tenta, on 895, de s'emparer de Thessalonique. A son approche, le général Grégoire Taronite sortit du chef-lieu de la Macédoine et alla à sa rencontre, après avoir envoyé son fils Asôtès à la découverte. Celui-ci attaqua d'abord l'avant-garde, qu'il mit en déroute, puis tomba dans une embuscade et fut
fait prisonnier. Grégoire accourut au secours de son fils ; mais, cerné à son tour par les Bulgares, il tomba sur le champ de bataille. Malgré cet exploit, Samuel voyait bien qu'il perdrait son temps à assiéger Thessalonique. 11 se porta vers les contréeslesplus méridionales, dontquelquesunes, le Péloponèse notamment, reconnaissaient encore la souveraineté de Constantinople. Traversant la vallée de Tempe et le Pénée, il entra dans la Thessalie, la Béotie, l'Attique, le Péloponèse même, parTisthnie de Corinthe, mettant tout à feu et à sang. Toute la partie européenne de l'empire semblait destinée à subir la domination bulgare. On disait que des personnages considérables du Péloponèse, de Thessalonique et d'Andrinople favorisaient la marche des ennemis. Dans le Péloponèse, Jean Malacène de Lacédémone, renommé par sa naissance et par sa sagesse, fut accusé du crime de haute trahison et emmené à Constantinople. On dut en faire autant pour le magistreVôvos, un des habitants les plus considérables de Thessalonique, accusé également de connivence avec les Bulgares; il fut exilé en Asie Mineure. Quelques primats d'Andrinople se rendirent au camp de Samuel pour éviter le châtiment qui leur était réservé. Ces traîtres étaient-ils des Grecs ou bien des Slaves, hellénisés en apparence, qui avaient conservé au fond leurs sympathies pour les hommes de leur nation? Quoi qu'il en soit^ ces symptômes graves et la marche audacieuse de Samuel firent comprendre à Basile II que le moment était venu de reprendre la lutte d'une manière sérieuse contre un pareil adversaire.