‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 106 sur 179 · LES SLAVO-BULGARES AU NORD · texte numérisé non relu

LES SLAVO-BULGARES AU NORD

sous le règne de Siméon. Deux négociants grecs, Stavrakis et Cosmas, originaires de la Grèce proprement dite, avaient le monopole du commerce bulgare.^ Surveillés par le logothète général, ils remplissaient leurs obligations. Leur cupidité cependant leur fit tout mettre en mouvement pour éviter le contrôle de l'autorité supérieure. Ils crurent bon de transférer leur comptoir de Constantinople à Thessalonique ; ils y réussirent, grâce aux puissantes protections qu'ils avaient auprès de l'empereur Léon. Une fois à Thessalonique, Stavrakis et Cosmas imposèrent de lourdes charges, de forts droits de douayie, aux négociants bulgares. Ceux-ci s'en plaignirent à leur souverain : Siméon fit des représentations à l'empereur ; on n'en tint pas compte. Dès lors il entreprit de soutenir par les armes les intérêts de ses nationaux. Cet événement prouve que les avantages matériels de la civilisation furent tout aussi insuffisants que la religion pour maîtriser les provinces septentrionales.

Mais comme cet ensemble d'influences finit par l'em porter dans les contrées méridionales, il faut admettre que la condition de la Grèce proprement dite n'était pas celle des pays hellénisés du nord. On ne saurait expliquer autrement pourquoi l'hellénisme triompha d'un côté et succomba de l'autre. Il est en effet évident qu'il était beaucoup plus puissant en Thrace, en Macédoine et dans les provinces méridionales que dans ces pays d'au delà des Balkans et du Scardus où les Slavo-Bulgares s'étaient solidement établis. N'oublions pas qu'au septième siècle, lorsque ces tribus passèrent en masse le

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Danube et la Save, elles trouvèrent le pays occupé depuis deux cents ans par des Huns, par des Germains et même par quelques colonies slaves. Les Grecs dominaient plus ou moins dans les villes du littoral et de l'intérieur, mais ne s'étaient guère répandus dans les campagnes. Le nombre des étrangers qui s y étaient établis sur ces entrefaites avait été considérablement diminué par leurs émigrations dans l'Europe occidentale, par les invasions continuelles du sixième siècle et par les fléaux qui s abattirent alors sur ces contrées. Les campagnes étaient presque désertes. C'est alors qu'arrivèrent les Slaves et, peu de temps après, les Bulgares. Grâce au concours de la monarchie de Constantinople, les Grecs continuèrent à occuper les villes quelque temps encore ; mais les habitants des ville? eux-mêmes étaient loin d'être tous des Hellènes ou des indigènes hellénisés. Aussi, dès que les circonstances ne permirent plus aux empereurs de les défendre, l'hellénisme fut relégué sur le littoral. Les nouveaux colons devinrent les maîtres de tous les pays du nord. Les villages, les bourgs, les forteresses, la plupart des villes même, Presthlava, Pliscova, Pravadi, Rasgrad, . Triaditsa, Vratsista, Lévitso, Galitsa, Podgoritsa, reçurent des dénominations slaves. Ces noms se multiplièrent tellement avec le temps, qu'ils elTacèrent presque les traces de l'ancienne prépondérance des Hellènes.

Le contraire arrivait au sud de l'Olympe et des monts Cérauniens. Si la population grecque y avait diminué depuis le quatrième siècle avant Jésus-Christ jusqu'au septième siècle de notre ère, le pays du moins n'avait

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