‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 109 sur 179 · ATHÈNES · texte numérisé non relu

ATHÈNES

qui dirigea les destinées de l'empire pendant plus de vingt ans, après la mort de son mari Léon IV ; une parente d'Irène, Théophanô, que Nicéphore fit épouser à son fils et successeur Stavrace ; la Péloponésienne Sophie, qui épousa au dixième siècle Christophe, fils de Romain Léoapène et son associé au trône. La ville d'Athènes surtout fut constammennt l'objet d'une attention respectueuse de la part des monarques de Constantinople. La conduite de Basile II après la grande guerre contre les Bulgares en est, entre autres, une preuve éclatante. Il avait entrepris, au printemps de 1018, une marche triomphale de Constantinople à Achris; il allait recueillir l'hommage des contrées occupées encore par les Bulgares en Thrace, en Macédoine, dans l'ancienne et la nouvelle Épire, et régler l'administration civile et militaire de ces pays. Les habitants de la capitale attendaient son retour avec impatience ; cependant il prit son temps et jugea qu'il ne pouvait mieux couronner ses exploits qu'en rendant d'abord une visite à l'ancienne métropole de l'hellénisme. Parti alors d'Achris pour Diabolis et de là pour Castoria, il se dirigea vers la Macédoine méridionale au lieu de prendre la route de Constantinople. Il ordonna au général Xiphias de faire démolir tous les retranchements bulgares de Servia et de Sosco, puis se dirigea vers la forteresse thessalienne de Stages. Là, Élémag, chef bulgare de Bérat dans la nouvelle Épire, vint lui rendre hommage, entouré d'un nombreux cortège et re\êtu du costume de suppliant. L'empereur, arrivé à Lamia, qui déjà s'appelait Zitoun,

\isita le champ de bataille de Nicéphore Ouranos. Les ossements des Bulgares tombés dans la mêlée gisaient encore entassés sur les rives du Sperchius ; leur vue émut l'empereur, bien qu'il eût assisté pendant vingt ans à plus d'une bataille sanglante. Aux Thermopyles, il vit avec plaisir le mur élevé contre les Bulgares sur le mont Roupéni , appelé alors Skélos. De là il prit par la Locride et la Béotie la route d'Athènes, où il arriva au commencement de 1019. Il célébra dans cette ville son premier triomphe. Il monta sur l'Acropole, à la tôte de ses troupes richement équipées, puis entra au Parthénon, intact encore à l'extérieur, quoique transformé en une magnifique église dédiée à la Vierge Marie. C'est dans ce temple, où l'hellénisme antique et riiellénisme chrétien semblaient se donner la main, que l'empereur entendit la Doxologie, sorte de Te Detim chanté pour remercier le ciel de ses faveurs ; c'est là qu'il déposa ses offrandes en signe d'action de grâces. Après avoir honoré ainsi cette ville, destinée à ne rester étrangère à aucun des grands événements de l'orient, il descendit en grande pompe au Pirée, où il s'embarqua pour Constantinople.

Nous pourrions citer bien d'autres témoignages de la faveur exceptionnelle dont l'ancienne Grèce, la ville d'Athènes en particulier, était l'objet à cette époque. Le gouverneur général de la Grèce n'avait pas même le droit d'entrer dans cette ville et moins encore d'y percevoir des impôts ou d'y exercer le pouvoir judiciaire. Ces fonctions étaient réservées aux seuls magistrats athé-

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