‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 110 sur 179 · ÉCOLES D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

ÉCOLES D'ATHÈNES

niens. Chose plus remarquable encore, Athènes n'a jamais cessé d'avoir pendant tout le moyen âge des écoles dont la renommée retentissait en occident aussi bien qu'en orient. On a souvent prétendu que Justinien avait supprimé les anciennes écoles de cette ville : ce fait estil aussi certain qu'on le croit communément? Parmi les chroniqueurs, Malala avait dit qu'en 529 l'empereur Justinien rendit un décret par lequel il défendait renseignement de la philosophie et Tinterprétation des lois dans les écoles d'Athènes. Un chroniqueur anonyme prétendit aussi que l'empereur Justinien abolit les chaires de philosophie et d'astronomie. Selon Procope, il ne fit que supprimer les traitements des professeurs. Ces faits sont plus ou moins conformes à l'introduction des Pandectes, qui n'autorisait l'enseignement des lois qu'à Constantinople, à Rome et à Beyrouth, ainsi qu'aux prescriptions spéciales du Code^ qui enlève à tout païen le droit de donner des leçons dans les écoles publiques. Mais il n'est nullement question dans les lois de la suppression formelle des écoles d'Athènes. Les modernes qui ont fait ce reproche à Justinien, s'appuient principalement sur le départ de sept philosophes d'Athènes pour la cour du roi de Perse Chosroès. Cependant Agathias, qui parle au long de cet événement, ne dit guère qu'ils aient quitté Athènes à la suite de l'abolition des écoles ; il affirme au contraire qu'ils l'ont fait parce qu'ils n'acceptaient pas la religion dominante. Le fait est que l'enseignement du droit fut défendu non-seulement à Athènes, mais dans toutes les autres villes de

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l'empire , à Texception de Constantinople , de Rome et de Beyrouth. Il est également certain que tout enseignement fut interdit aux gentils. Mais il ne s'ensuit pas nécessairement que les écoles d'Athènes aient été fermées. La prescription des Pandectes et du Code est générale; cependant les écoles de Beyrouth, de Gaza, de Tyr, de Byblos , d'Alexandrie et bien d'autres demeurèrent florissantes jusqu'à la conquête arabe. Il est vrai que ces dernières étaient maintenues depuis lors à titre d'écoles chrétiennes ; il est très-probable aussi que celles d'Athènes déclinèrent pour quelque temps par la raison qu'il n'y avait là que des maîtres païens. Mais aucun témoignage, aucun motif ne nous autorise à affirmer que les écoles d'Athènes disparurent complètement depuis Justinien. Aux siècles suivants elles existaient encore, et leur renommée s'étendait au loin. Quelques dizaines d'années après Basile II, le souverain de la Géorgie, David II Pancratide, avait ordonné que vingt jeunes Géorgiens fussent envoyés tous les ans à Athènes pour y étudier la science grecque et romaine. Un de ces élèves devint célèbre en Géorgie comme poëte épique et conservateur de la bibliothèque royale. Des Anglais venaient aussi de l'extrême occident pour recevoir à Athènes . une instruction supérieure. Égidius, qui a écrit sur la médecine et qui vivait à Paris au douzième siècle, avait fait ses études à Athènes. Un autre Anglais, John Wazingestok, qui, au siècle suivant, mourut archidiacre de Leicester et qui savait le grec et le latin, raconta à l'évêque Robert qu'il avait étudié à Athènes où des pro-

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